Sept millions de clients en France, six millions en Espagne, quatre millions et demi en Italie. Quand Revolut annonçait l’installation de son siège d’Europe de l’Ouest, la fintech britannique était encore considérée comme un simple établissement de monnaie électronique sur le sol français. Statut qui l’empêchait de proposer crédits, livrets réglementés ou garanties sur les dépôts.
Revolut Bank S.A., la filiale française du groupe, a obtenu son agrément bancaire de plein exercice. La décision fait suite à une évaluation conjointe menée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et la Banque centrale européenne, puis à une adoption formelle par le Conseil des gouverneurs de la BCE. Une formalité qui n’en était pas une : le dossier traînait depuis des années, et jusqu’à récemment, la direction de Revolut elle-même refusait de s’avancer sur un calendrier.
Ça va tout changer
Jusqu’ici, un compte Revolut ressemblait à une banque sans en être vraiment une. L’entreprise pouvait encaisser des salaires, distribuer des cartes bancaires et gérer des cagnottes d’épargne, mais elle ne pouvait ni accorder de prêt immobilier réglementé, ni proposer de Livret A, de LDDS, de PEA ou d’assurance-vie. Avec l’agrément de plein exercice, Revolut Bank S.A. peut désormais s’attaquer à ce terrain, jusque-là réservé aux acteurs traditionnels comme aux autres néobanques déjà agréées.
Le déploiement se fera par étapes. Revolut commencera à servir ses clients en France, avant que les autres marchés d’Europe de l’Ouest, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, ne soient progressivement transférés vers cette nouvelle entité. Notez que la structure lituanienne qui portait jusqu’ici l’ensemble des activités européennes du groupe, ne disparaît pas pour autant.
La bataille bancaire commence
Sur le papier, les chiffres avancés par Revolut donnent le vertige : plus de 75 millions de clients dans le monde, plus d’un milliard de transactions traitées chaque mois, et environ 30 millions de clients rien qu’en Europe de l’Ouest, dont près de 8 millions ont rejoint la plateforme au cours de la seule année 2025.
Cette annonce s’inscrit dans un mouvement plus large. Revolut s’est engagée à investir plus d’un milliard d’euros en Europe de l’Ouest et a lancé le recrutement de plus de 600 collaborateurs sur la région, dont 400 en France, en vue de l’ouverture, prévue en 2027, de son nouveau siège parisien. Reste à voir si cet agrément sera synonyme d’une expansion de son portefeuille client.
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