Passer au contenu

Mauvaise nouvelle pour le Grand Paris Express

2 min
0 commentaire
Partagez

Les deux futures lignes du nord-est francilien ont pris beaucoup de retard.

Les rails sont posés, les gares commencent à ressembler à quelque chose et les rames existent déjà depuis un moment. Sur le papier, tout est prêt. Dans les faits, les habitants du nord-est de l’Île-de-France vont encore devoir patienter, et pas qu’un peu. Ce jeudi 24 septembre, la Société des grands projets (SGP), qui pilote le chantier, a annoncé un nouveau glissement de calendrier pour son projet Grand Paris Express.

Des retards importants sur la ligne

Les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express ouvriront au plus tôt à l’automne 2028, au lieu de 2027. Et encore, pas en entier. Sur la ligne 16, censée relier Saint-Denis Pleyel à Noisy-Champs, un premier tronçon jusqu’à Parc du Blanc-Mesnil est désormais attendu à l’automne 2028, alors qu’il devait ouvrir fin 2027. La suite, de Blanc-Mesnil à Noisy-Champs, est repoussée à l’automne 2029. Pour cette seconde portion, deux ans de retard accumulés sont attendus… pour l’instant.

Le même jour, l’Insee publiait une étude selon laquelle le Grand Paris Express devrait faire grimper de 88 % le nombre d’emplois accessibles depuis les quartiers desservis d’ici à 2031. Le record revenait alors à la gare de Clichy-Montfermeil, avec une hausse estimée à 211 %.

La ligne 17 n’est pas mieux lotie. Le tronçon Saint-Denis Pleyel – Le Bourget Aéroport, commun avec la ligne 16 sur sa première partie, glisse de l’automne 2027 à l’automne 2028. Le prolongement jusqu’au Parc des Expositions de Villepinte passe de 2028 à l’automne 2029. Seule la dernière section, jusqu’au Mesnil-Amelot via l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, conserve son horizon 2030. Pour rappel, ces deux lignes devaient initialement desservir des sites des Jeux olympiques de 2024.

L’automatisation en cause

Pendant des années, les retards du Grand Paris Express s’expliquaient par des problèmes techniques : tunnels plus complexes que prévu, sols capricieux, pandémie. Cette fois, le chantier bute sur autre chose. Ce sont les automatismes et le système centralisé qui pilotent l’ensemble du réseau qui coincent. Il faut dire que l’ambition est vertigineuse. Le Grand Paris Express, représente à lui seul 200 kilomètres de lignes, soit un doublement du réseau historique, et 69 gares réparties sur quatre lignes (15, 16, 17 et 18). Toutes sont entièrement automatiques, sans conducteur, et reliées au même « cerveau » informatique, qui doit gérer la circulation des rames et l’ouverture automatique des portes. Le projet est colossal, et son coût, plusieurs fois réévalué depuis le début des travaux, dépasse désormais les 36 milliards d’euros.

La ligne 18 voit la lumière au bout du tunnel

Il reste tout de même une bonne nouvelle : la SGP a confirmé l’ouverture du premier tronçon de la ligne 18 pour le 13 octobre prochain. Quatre gares du plateau de Saclay sont concernées : Massy-Palaiseau, Polytechnique, Université Paris-Saclay et Christ de Saclay. Il s’agira de la première ligne de métro nouvelle en Île-de-France depuis trente ans, attendue par quelque 70 000 étudiants, chercheurs et salariés. Elle servira de premier test grandeur nature. Si l’automatisation des voies tient le choc à Saclay, la Seine-Saint-Denis pourra commencer à y croire. Dans le cas contraire, les retards pourraient bien s’accumuler (encore).

Articles sauvegardés