Voyager 2 a beau avoir quitté la Terre en 1977, la sonde continue de travailler. Et même plutôt loin du bureau : elle évolue depuis 2018 dans l’espace interstellaire, au-delà de l’héliosphère, la bulle formée par l’influence du Soleil autour de lui et des planètes.
Encore utile, très loin d’ici
Le problème, c’est que son énergie baisse lentement. Voyager 2 est alimentée par un générateur thermoélectrique à radio-isotope, qui transforme la chaleur issue de la désintégration du plutonium en électricité. Avec le temps, cette source faiblit. La NASA estime que les sondes Voyager perdent environ 4 watts de puissance chaque année. Ce n’est pas grand-chose dans une maison, mais à bord d’un engin lancé il y a presque un demi-siècle, chaque watt compte.
Au départ, Voyager 2 embarquait dix instruments scientifiques. Aujourd’hui, seuls trois fonctionnent encore. Plusieurs avaient déjà été arrêtés après les survols des planètes géantes, puisqu’ils servaient surtout à cette partie de la mission. Depuis 2024, la baisse d’énergie a aussi forcé la NASA à éteindre deux instruments scientifiques sur chacune des deux sondes Voyager.
Sans intervention, l’agence aurait dû couper un instrument supplémentaire sur Voyager 2 avant la fin de l’année. Les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory ont donc mené une opération appelée « Big Bang ». Elle consistait à éteindre en même temps certains appareils, puis à les remplacer par des solutions moins gourmandes. Il fallait aussi s’assurer que la sonde reste suffisamment chaude pour fonctionner. Dans ces conditions, économiser de l’électricité ne doit pas revenir à transformer Voyager 2 en glaçon très cher.
L’opération a réussi. Résultat : les trois instruments encore actifs de Voyager 2 devraient pouvoir continuer à transmettre des données pendant au moins une année de plus. C’est peu à l’échelle d’une mission commencée en 1977, mais c’est beaucoup pour une sonde qui travaille désormais dans une région quasiment inexplorée.
Voyager 2 avait été lancée environ deux semaines avant Voyager 1. Sa mission initiale était d’observer les géantes gazeuses du système solaire. Elle a atteint Jupiter en 1979, puis a visité toutes les planètes géantes au cours de la décennie suivante. Aujourd’hui, son intérêt est ailleurs. Depuis son entrée dans l’espace interstellaire en 2018, Voyager 2 mesure notamment la densité et la température du plasma au-delà de l’héliosphère. Ces données sont rares, car très peu d’engins humains ont pu les recueillir directement.
La NASA prévoit maintenant d’appliquer le même changement à Voyager 1, plus éloignée encore de la Terre, dans les prochains mois. Voyager 2, elle, continue donc sa route.
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