La course à la Lune a été remportée par les États-Unis le 21 juillet 1969. Pour la première fois l’Homme pose son pied sur la Lune, et c’est l’astronaute américain Neil Armstrong qui foule en premier la surface poussiéreuse de notre satellite.
60 ans plus tard, l’humanité semble plus proche que jamais de reproduire pareil exploit. Deux puissances, les États-Unis et la Chine, se livrent une bataille à distance. L’enjeu : aller sur la Lune en premier. Si le calendrier chinois cible toujours 2030 avec conviction, la NASA recule le tant attendu alunissage, initialement prévu pour 2024… .
Dans cette course à la Lune, le patron de la NASA, le milliardaire Jared Isaacman a rappelé que les États-Unis n’avaient pas besoin de «partenaires symboliques». Selon ses dires, l’agence spatiale américaine a longtemps eu pour politique «d’englober» d’autres nations et agences, sans qu’elles n’apportent vraiment leur pierre à l’édifice.
L’Italie trahit l’Europe et s’allie avec les États-Unis
Citant à l’inverse les bons éléves membres du programme Artemis (celui qui doit ramener des américains sur la Lune), Jarde Issacman a eu des mots élogieux pour l’agence spatiale italienne. Elle s’est engagée à investir plus de 5 milliards de dollars dans une module d’habitation lunaire.
En retour, l’administrateur de la NASA l’assure : «vous allez voir deux astronautes italiens à la surface de la Lune». Même promesse pour le Japon qui s’occupe de son côté de la conception d’un rover pressurisé capable de transporter un équipage à la surface de la Lune en toute sécurité.
Le fait que l’Italie ait mis en place ce financement sans passer par l’ESA, l’Agence spatiale européenne, est une grande première. Depuis la création de cette entité supra-étatique, les pays membres (dont l’Italie mais aussi la France, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne pour ne citer qu’eux) ne doivent pas, sur le papier, développer des programmes qui leur sont propres. Tout est mis en commun au sein de l’ESA.
La NASA a la mémoire courte
Sans vraiment le dire, l’Europe semble visée par les propos de Jared Isaacman. Mais le patron de la NASA ne doit pas oublier les années de collaboration entre l’Europe et son agence. Même au sein du programme Artemis, l’ESA jouait un rôle central dans le développement de Gateway, une station spatiale en orbite autour de la Lune. Le projet a finalement été annulé par la NASA, jetant des millions d’euros des caisses de l’ESA (et des années de travail) à la poubelle.
L’Europe de son côté doit se réunir en décembre pour la conférence annuelle des ministres des pays membres de l’ESA. C’est au sortir de cette discussion que la feuille de route du spatial européen sera décidé. Il sera intéressant de voir si le dossier italien sera évoqué face aux caméras de tout le continent.