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Paramount réclame une somme colossale à certains États américains

Le groupe de David Ellison voit la fusion avec Warner Bros suspendue jusqu’au procès en mars 2027 et demande réparation aux États démocrates qui ont contesté la manœuvre devant la justice.

La saga Warner Bros / Paramount n’est pas terminée. En juillet dernier, douze États, dont la Californie contestaient devant la justice la fusion des deux entreprises du divertissement. Une suspension a été actée, elle doit courir jusqu’en mars 2027, le temps que la justice américaine tranche sur la question.

Cette suspension, le groupe de David Ellison a du mal à l’encaisser et demande désormais une caution de 1,9 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) aux États qui s’opposent à sa fusion avec Warner Bros.

Cette caution doit, selon Paramount Skydance, couvrir les “couts substantiels” de ce retard. Dans les documents judiciaires déposés le lundi 17 août, et relayés par Le Monde et l’AFP, on apprend que ces sommes seront recouvrées si Paramount remporte son procès prévu en mars 2027. Le conglomérat demande le versement des sommes “d’ici au 30 septembre”. 

Paramount prépare ses cartons

Si un compromis n’est pas trouvé d’ici quelques semaines, Paramount menace de quitter Hollywood pour s’installer dans un État plus en adéquation avec sa politique. Selon des sources proches du dossier, qui se sont confiées à Variety, la firme pourrait se rendre en Géorgie, au Texas ou au Tennessee.

Une manœuvre vue par le procureur général de la Californie comme une tentative de chantage. David Ellison donne aux États qui contestent sa fusion jusqu’au 1er octobre pour entrer en négociation. Le bras de fer est donc loin d’être terminé. Rob Bonta ne se laisse pas impressionner et disait il y a quelques jours sur X.

“Paramount a perdu le fil de sa stratégie, et elle continue d’enchaîner les défaites devant les tribunaux. Cela n’a pas fonctionné la première fois — à la veille de notre action en justice en juillet — et cela ne fonctionnera pas cette fois-ci”. 

Pourquoi la fusion de Warner Bros et Paramount inquiète-t-elle autant ?

Si ce n’est pas la première fois que deux mastodontes d’Hollywood opèrent un rapprochement, on se souvient du rachat de la 20th Century Fox par Disney, l’union de Warner Bros et Paramount pourrait entraîner la suppression de nombreux postes au sein d’une industrie déjà fragilisée par la crise sanitaire de 2020 et le recul des recettes dans les salles obscures.

Il y a aussi la crainte d’une ingérence politique, en particulier concernant les chaînes d’information passant sous la coupe de David Ellison. Le proche de Donald Trump s’emparerait de deux canaux majeurs aux États-Unis : CBS News et CNN. La question du streaming est également centrale, HBO Max étant un acteur majeur dans le domaine. C’était déjà ce qui inquiétait dans le cadre du rachat avorté de Warner Bros par Netflix.

Rappelons que l’Union européenne a approuvé le rachat de Warner Bros par Paramount sous condition le 22 juillet. Paramount Skydance s’est notamment engagé à préserver la concurrence sur le marché européen du cinéma et de se retirer dans les treize mois qui suivront le rachat de la société de distribution internationale de films United International Pictures. Le Royaume-Uni a aussi autorisé ce rachat à la condition que le pluralisme des médias et la concurrence soient suivis de près.

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