Et si Ubisoft avait trouvé une manière de redonner un peu de confiance à ses joueurs après une période vraiment chaotique ? L’éditeur profite de la Gamescom 2026 pour lancer The Player Council. Il s’agit d’une nouvelle plateforme permettant à sa communauté de tester des jeux très en amont de leur sortie et surtout de participer directement à leur développement.
Vous l’aurez compris, plutôt que d’attendre qu’un jeu soit quasiment terminé pour découvrir ce qui fonctionne ou non, Ubisoft veut faire intervenir les joueurs dès les premières étapes de conception. Le but est de montrer des concepts, des prototypes, de nouvelles fonctionnalités ou encore des contenus supplémentaires pour des jeux déjà disponibles. Les participants pourront essayer différents projets et transmettre leurs retours directement aux développeurs. Compte tenu de la réputation actuelle d’Ubisoft, l’initiative tombe plutôt bien.
Des jeux testés avant même qu’ils existent vraiment
The Player Council ne se contente pas de proposer des bêta-tests classiques. Pour son lancement, quatre projets sont disponibles : Riders Republic, Atomega, Codename Split Point et Codename Rook. Les deux derniers sont particulièrement intéressants, puisqu’ils se trouvent encore à des stades très précoces. Split Point est un concept de jeu tactique au tour par tour en 1 contre 1, tandis que Rook mise sur la stratégie.
Dans toute cette expérience, les joueurs ne sont pas simplement invités à signaler un bug ou à dire si une fonctionnalité leur plait. La plateforme est beaucoup plus complète que ça, puisqu’ils peuvent potentiellement contribuer à déterminer si les fondations mêmes d’un jeu fonctionnent. C’est évidemment une fonctionnalité qui aurait été pertinente durant le développement de Skull & Bones le maudit.
D’autres projets rejoindront la plateforme plus tard, notamment Codename Decagon, un jeu d’action coopératif misant sur la physique et la destruction, ainsi que Codename Harlequin, un jeu de survie en monde ouvert jouable en coopération. Tous ces jeux seront par la suite annoncés au grand public, avec un peu plus de certitude de plaire aux joueurs que la plupart des autres titres n’ayant pas bénéficié des retours gracieux des fans.
Pour participer, il suffit de s’inscrire gratuitement, d’accepter un accord de confidentialité et de demander à tester les différents projets. Plus les participants jouent et fournissent des retours constructifs, plus ils peuvent débloquer des niveaux d’accès permettant de découvrir des projets encore plus confidentiels.
Le programme Ghost Recon Insider exite aussi
The Player Council rappelle forcément Ghost Recon Insider, le programme lancé par Ubisoft autour du prochain Ghost Recon il y a peu et présenté comme un moyen de faire tester le jeu à certains joueurs avant sa sortie. L’idée peut sembler similaire, mais la philosophie n’est pas exactement la même. Ghost Recon Insider est avant tout centré sur un jeu précis, avec l’objectif de permettre à Ubisoft de recueillir des retours sur son développement.

The Player Council va beaucoup plus loin, car la plateforme est permanente et transversale, qui concerne plusieurs jeux, plusieurs genres et plusieurs étapes de développement. Ubisoft peut ainsi faire tester aussi bien un jeu déjà sorti qu’un prototype dont l’existence n’avait encore jamais été révélée.
Ubisoft peut-il redorer son blason ?
Évidemment, The Player Council ne va pas miraculeusement réparer l’image d’Ubisoft. L’éditeur reste confronté à de nombreuses critiques et rien ne garantit que les développeurs suivront les recommandations de leur communauté. Mais l’idée va dans le bon sens.
Après plusieurs années compliquées, avec de nombreux projets annulés, des restructurations et des sorties qui n’ont pas convaincu, montrer que les joueurs peuvent intervenir avant qu’il ne soit trop tard pourrait permettre de reconstruire progressivement une relation de confiance. C’est avantageux à la fois pour les fans mais aussi pour le studio.
Et surtout, Ubisoft reconnaît implicitement quelque chose d’assez évident, mais trop souvent oublié par les éditeurs. Les joueurs sont probablement les mieux placés pour dire ce qui leur donne envie de continuer à jouer à un jeu. Si d’autres avaient appliqué ce conseil, certaines fermetures prématurées auraient probablement pu être évitées (RIP 2XKO et Concord).