C’est la fin d’une saga qui aura débuté en 2021 avec les Facebook Files. Le Wall Street Journal avait partagé, avec le concours de l’ancienne ingénieure Frances Haugen, des documents internes prouvant que Facebook était conscient des effets néfastes de ses applications sur les jeunes utilisateurs. L’affaire a été portée devant les tribunaux, le procès historique vient de se terminer. Meta a été entendu par 48 des 50 états américains. La firme accepte de payer jusqu’à 16,7 milliards de dollars et de mettre en place des mesures pour limiter l’utilisation de ses applications par les mineurs.
L’accord signé, rappelle Meta, ne constitue pas “une reconnaissance de responsabilité”, le groupe conteste toujours les accusations, mais se félicite d’avancer avec le gouvernement américain à la mise en place de mesures visant à protéger les adolescents.
Pas d’Instagram après minuit
Sur les territoires concernés, les moins de 18 ans ne pourront plus utiliser Facebook et Instagram après minuit. Leur navigation sera limitée à deux heures par jour, une limite cumulée sur les deux applications de l’entreprise de Mark Zuckerberg. En plus, les notifications seront suspendues pendant les heures de classe et les parents auront accès à de nouvelles options de contrôle. Dans son communiqué, Meta explique vouloir collaborer avec ses concurrents pour imposer cette norme.
“Nous ne pourrons pas y parvenir seuls. Ces protections ne seront véritablement efficaces que si nous collaborons avec nos pairs — TikTok et YouTube”.
Il faut dire que les adolescents restreints sur Instagram pourront toujours se rendre sur le réseau social chinois afin de visionner des vidéos. Un constat qui n’arrange sans doute pas les affaires de Meta, qui doit faire face à une concurrence rude sur le secteur des formats courts et viraux. Moins de temps sur ses applications… mais plus pour ses rivales ? Facebook a tout intérêt à accompagner TikTok et YouTube vers un virage similaire.
C’est pour quand ?
Cet accord met fin à la procédure engagée par une coalition de 29 États américains, qui accusaient Meta d’avoir conçu ses plateformes pour retenir les adolescents, menti sur les effets de celles-ci sur les enfants et avoir collecté illégalement des données sur ses utilisateurs de moins de 13 ans. Seuls deux États n’ont pas signé l’accord, le Nouveau-Mexique et la Floride. Ils maintiennent leurs procédures. Désormais, ne reste plus qu’à déployer les restrictions. Meta promet que l’instauration des limitations aura lieu au cours des prochains mois. Reste à voir maintenant si YouTube et TikTok se laisseront convaincre.
Rappelons qu’en France, une loi visant à mieux protéger les mineurs a été promulguée. Une partie du texte a néanmoins été censurée par le Conseil constitutionnel, celle évoquant l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le gouvernement entend proposer un nouveau dispositif d’ici au printemps 2027.