Santé : des arrêts maladie sous contrôle
C’est l’une des mesures les plus commentées de l’été. À compter du 1er septembre 2026, un décret publié le 13 juin plafonne désormais la durée des arrêts maladie : 31 jours maximum pour une première prescription, 62 jours pour une prolongation. La règle est encore plus sévère pour les arrêts prescrits en téléconsultation hors médecin traitant, limités à trois jours seulement. L’objectif affiché est de réduire ce que le gouvernement considère comme des dérives liées à l’essor des plateformes de télémédecine, qui permettent d’obtenir des arrêts de travail sans consultation physique ni suivi du dossier médical.
Autre changement notable côté santé : le plafond de rémunération pris en compte pour le calcul des indemnités journalières maladie est fixé à 2 552,25 € en 2026. Concrètement, l’indemnité journalière ne peut plus dépasser 41,95 € bruts par jour. Les salariés aux revenus moyens ou élevés sont donc directement touchés en cas d’arrêt prolongé.
Gel partiel des retraites
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a voté la suspension (et non la suppression) de la réforme des retraites promulguée en 2023. À partir du 1er septembre 2026, l’âge légal de départ est figé à 62 ans et 9,mois jusqu’en janvier 2028. Cinq générations sont directement concernées : celles nées entre 1964 et 1968. Les assurés nés en 1964 et 1965 bénéficient d’un double avantage, à la fois sur l’âge légal et sur le nombre de trimestres requis. Les générations 1966 à 1968, elles, ne récupèrent qu’un décalage de trois mois sur l’âge légal, sans réduction de la durée de cotisation.
Le gel s’applique également aux dispositifs de départ anticipé : carrière longue, inaptitude, invalidité. Pour toutes les pensions qui prendront effet à compter du 1er septembre 2026, les règles antérieures à la réforme de 2023 sont provisoirement restaurées.
Fiscalité et emploi
Le 1er septembre marque aussi l’entrée en vigueur du nouveau taux de prélèvement à la source pour les contribuables. De janvier à août 2026, le taux appliqué reposait encore sur les revenus 2024. Avec la déclaration effectuée au printemps, l’administration fiscale a recalculé un nouveau taux basé sur les revenus 2025. Pour ceux dont la situation a évolué, les taux vont aussi être revus, à la hausse ou à la baisse.
Autre changement, la flat tax grimpe à 31,4 %, contre 30 % jusqu’à présent. La hausse de la CSG sur les revenus du capital, actée dans la loi de financement de la Sécurité sociale, fait monter le taux global de prélèvements sociaux à 18,6 %. Et pour les associations et fondations, la réduction d’impôt sur les dons passe de 75 % à 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable : un don de 100 € ouvre désormais droit à 66 € de réduction seulement.
Du côté de l’emploi, la rupture conventionnelle individuelle devient plus coûteuse pour les employeurs et moins avantageuse pour les salariés. La durée maximale d’indemnisation chômage passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Une rupture conventionnelle coûte donc désormais à l’employeur l’équivalent de 140 % de l’indemnité versée au salarié, quand on intègre cette taxe. La réforme est présentée comme un levier d’économies : 800 millions d’euros par an selon les projections.
Enfin, toutes les entreprises françaises, quelle que soit leur taille (y compris les micro entrepreneurs donc), devront bientôt être capables de recevoir leurs factures électroniques via une plateforme de dématérialisation agréée. Seules les ETI et grandes entreprises ont également l’obligation d’émettre en format électronique dès septembre 2026. Les TPE et PME ont un peu de répit, jusqu’au 1er septembre 2027 pour se mettre en conformité côté émission.
Énergie et rénovation : le gaz flambe
Le prix du gaz bondit de 5,6 % au 1er septembre 2026, ce qui représente la troisième évolution tarifaire de l’année. Le prix repère atteint 172,05 € par MWh, avec près de six millions de foyers concernés. L’impact varie selon les usages, mais l’augmentation reste palpable pour tout le monde. De son côté, l’électricité a déjà subi une hausse de 2,5 % au 1er août, et s’offre donc un peu de répit.
Sur le front de la rénovation énergétique, les conditions d’accès à MaPrimeRénov’ se durcissent. Six catégories de travaux ne seront plus éligibles dès septembre : l’isolation des combles et des toits, le remplacement des fenêtres, chauffe-eau thermodynamiques, chauffe-eau et chauffages solaires et l’installation de pompes à chaleur dédiées uniquement à l’eau chaude sanitaire. Ces travaux restent éligibles dans le cadre d’une rénovation globale, mais ne pourront plus être financés indépendamment. Autre contrainte, les travaux financés par MaPrimeRénov’ devront désormais inclure le remplacement de la chaudière à énergie fossile par un système décarboné. Plus question de toucher une aide tout en conservant sa vieille chaudière au gaz.
Éducation : le téléphone reste dans le sac
La rentrée scolaire 2026-2027 débute le mardi 1er septembre pour l’ensemble du territoire, à l’exception de la Corse où les élèves reprendront le 3 septembre. Principale nouveauté réglementaire : l’interdiction du téléphone portable et de tout objet connecté s’étend désormais aux lycées. Limitée aux écoles primaires et aux collèges depuis 2018, cette mesure était attendue depuis plusieurs années. Reste à voir si l’interdiction survivra à la réalité du terrain.