La France est un des terrains de jeu préférés des pirates informatiques. Pas moins de 43,4 millions de comptes français avaient déjà été compromis au cours du premier semestre 2026. Il s’agit d’une hausse de 62,3 % comparée au second semestre de 2025. La France est le deuxième pays le plus touché sur la période, derrière les États-Unis.
Les pirates informatiques multiplient les arnaques pour parvenir à s’immiscer sur nos comptes. L’escroquerie du faux conseiller bancaire fait partie des pièges les plus efficaces. Les escrocs ont réussi à récupérer 516 millions d’euros grâce à ce type de techniques.
Les arnaques par manipulation sont les plus rentables : elles ont fait perdre 516 millions d’euros aux Français en 2025
L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement vient de publier son rapport annuel 2025. L’instance française explique que le montant annuel de fraude a progressé à un rythme plus faible l’an dernier : une augmentation de « seulement » 3,8 % pour atteindre 1,2 milliard d’euros. Les taux de fraude sur la carte et sur le chèque sont même en baisse.
En revanche, la fraude par manipulation, qui consiste à convaincre la victime de fournir une donnée sensible ou de valider une
opération, fait des ravages. Les dangereuses arnaques au faux conseiller bancaire ou celle à la substitution d’IBAN entrent dans ce champ.
« Ce type de fraude atteint ainsi 516 millions d’euros en 2025. Cela représente un peu plus de 40 % du montant annuel total de fraude aux moyens de paiement. Sa part a doublé en quatre ans », alerte l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement. Les personnes physiques se retrouvent ainsi bien plus ciblées que les personnes morales.
Étonnamment, les jeunes adultes sont plus souvent victimes d’escroquerie ou de fraude aux moyens de paiement. Les plus piégés sont les 20-24 ans avec un taux de 9,6 victimes pour 1 000 habitants dans cette tranche d’âge (contre 9 en 2024).
L’instance fondée en 2001 s’inquiète également de l’utilisation croissante des outils d’intelligence artificielle pour l’élaboration d’arnaques. « Le développement des outils d’intelligence artificielle, permettant de produire des courriels parfaitement falsifiés ou des voix ou des images usurpant l’identité de dirigeants d’entreprise, pourrait contribuer à entretenir la dynamique des escroqueries aux faux ordres de virement », mentionne le rapport.
L’étude 2026 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement ne devrait pas être bien plus optimiste concernant la sollicitation de l’IA par les hackers. Petite piqûre de rappel concernant une arnaque bien plus terre-à-terre : un faux courrier des impôts particulièrement réaliste circule en ce moment.