Parfois, ça fait du bien de s’arrêter cinq minutes, de ne pas réfléchir à quel arbre de compétences monter, à quelle stratégie adopter contre tel boss, ou à la prochaine grosse machine que l’on va pouvoir tester, avec son monde ouvert et ses 360 heures de jeu. Parfois, on veut juste s’amuser une heure ou deux sur un jeu qui ne nous demandera pas une console dernière génération ou de maîtriser une combinaison de touches par cœur. Et, surtout, on peut aussi avoir envie de s’éviter les studios poids lourds pour se pencher sur ce petit titre indé qui nous fait de l’œil parce qu’il a un concept qui réveille en nous notre vraie passion, comme trier des bouquins dans une bibliothèque imaginaire ou trouver l’amour dans le ciel de Paris.

Un pigeon parcourant le ciel d’une ville, au milieu de ses congénères, à la recherche de l’amour. Une sorte de “Où est Charlie” qui roucoule. C’est le concept de Pigeon : A Love Story, un jeu de simulation du studio Wristwork dont ce n’est que le deuxième titre après Faceminer en 2025. Comme il le dit lui-même, le développeur propose des “jeux expérimentaux”. Quoi de plus expérimental comme concept qu’un pigeon célibataire au fond ?
Paris, ville des amoureux
Le jeu nous offre l’opportunité de parcourir plusieurs villes comme Londres, Amsterdam, New York ou encore Paris, chacune avec une superficie différente, bien évidemment. Voler d’est en ouest à New York prendra bieeeeen plus de temps qu’à Amsterdam. C’est logique. Sur place, l’idée est d’une simplicité enfantine : il y a des milliers de pigeons à vos côtés et il y en a QU’UN qui sera votre âme sœur. Il va falloir roucouler pour identifier ceux qui ne sont pas intéressés de celle qui sera votre heureuse élue. À partir de là, on vole à gauche, on vole à droite et on parcourt la carte à la recherche de deux choses : l’amour et de quoi remplir la jauge de roucoulement qui n’est pas illimitée.

Sur le papier, Pigeon : A Love Story m’a paru assez facile. Que n’ai-je pas pensé ! En bon chauvin, je me suis forcément intéressé au ciel parisien pour voir si la mairie avait fait baisser la pollution. Sauf que la capitale française, c’est 217,5 km² de superficie, 84 “tuiles” (équivalent de zones géographiques), environ 11 800 rues, 133 monuments eeeeeet environ 439 000 pigeons. 439 000. Et je dois en trouver UN ! À partir de là, soit je trouvais l’amour, soit je devenais fou et allais me crasher sur une vitre de la tour Montparnasse.
Ce n’est qu’en cherchant plus qu’on trouve enfin l’amour
Pigeon : A Love Story va donc proposer deux écoles : soit vous aimez simplement vous balader et vous amuser à reconnaître telle rue ou tel monument (la découverte d’un monument restaure entièrement la jauge de roucoulement), soit vous voulez absolument mettre la main sur ce biiiiip de pigeon. Bref, la relaxation ou la frustration. Je ne cache pas que je suis plutôt équipe frustration et qu’à mon 14 000ᵉ pigeon qui m’a envoyé un “non, pas intéressé”, j’ai eu des envies de croiser le titre avec un bon vieux Call of Duty. Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier l’expérience.

Bon, par contre, j’ai rapidement modifié deux choses pour rendre l’expérience moins contraignante : le roucoulement automatique (qui m’évite de presser constamment la touche) et les indices qui, par intermittence, viennent vous dire si vous êtes dans la bonne direction. Que la personne qui joue sans indice laisse tout de suite un commentaire en bas de cet article, je veux la saluer. Surtout que même lorsque je suis sur la bonne “tuile”, ce n’est pas encore gagné. Après des dizaines de minutes à transformer tous mes congénères du noir inconnu au rouge “vu et s’en tape”, je n’avais non seulement pas trouvé l’amour, mais je n’avais identifié que “49%” de la zone. 49% ! Et la carte de New York est quasiment deux fois plus grande que Paris ! Pour les amoureux de la complétion, Pigeon : A Love Story va vous occuper de longs moments !

À noter que le jeu propose également un mode multijoueurs, mais je n’ai pas eu l’occasion d’y jeter un oeil. Je n’ai qu’un seul véritable regret : que le studio n’ait pas poussé la simulation jusqu’au bout en nous permettant de déféquer sur les passants et les voitures.
Au fond, même si je ne me suis pas toujours senti la cible du titre de Wristwork, je ne peux que vous conseiller d’y consacrer au moins un peu de temps pour son concept innovant et sa passion du pigeon (passion pas la plus répandue, j’en conviens). Le genre de projet qui nous pousse à dire que tout n’a pas encore été fait dans le jeu vidéo, à des degrés divers, et que parfois, comme vous dirait le patron d’un nouveau coffee shop tout droit sorti d’école de commerce : “Vous connaissez le concept ?”
Pigeon : A Love Story est disponible sur Steam au prix de 7,99€