- Microsoft a corrigé 974 vulnérabilités dans son Patch Tuesday de septembre 2026, un record historique.
- Cependant, cette mise à jour a causé plusieurs régressions sur Windows 11, affectant des fonctionnalités clés comme le Bureau à distance et certains périphériques audio.
- Microsoft a publié une mise à jour d’urgence six jours plus tard pour résoudre les problèmes majeurs, mais certains bugs persistent.
Mais cette avalanche de correctifs a aussi provoqué plusieurs régressions sur Windows 11. Six jours plus tard, Microsoft a donc dû publier une mise à jour d’urgence pour réparer notamment le Bureau à distance, certains périphériques audio USB et le partage de fichiers avec des machines virtuelles Linux.
Près de 1 000 failles corrigées en une seule fois
Le chiffre est impressionnant : 974 vulnérabilités ont été corrigées par Microsoft lors du Patch Tuesday du 8 septembre. Selon les organismes qui comptabilisent les correctifs, le total varie légèrement, mais Rapid7 comme la Zero Day Initiative arrivent à ce même chiffre de 974. Il s’agit du plus gros Patch Tuesday jamais publié par Microsoft. À lui seul, Windows concentre 723 vulnérabilités, tandis que Microsoft Office en compte 111.
Le lot contient également deux failles Windows déjà exploitées avant la publication du correctif. La première, CVE-2026-85880, affecte le composant Advanced Local Procedure Call (ALPC) et permet à un attaquant disposant déjà d’une exécution de code à faible niveau d’élever ses privilèges jusqu’au niveau SYSTEM. La seconde, CVE-2026-81963, concerne la pile Windows Update et permet elle aussi une élévation de privilèges. Les deux ont été ajoutées au catalogue des vulnérabilités exploitées de la CISA.
Cette explosion du nombre de failles corrigées n’est pas complètement indépendante de l’intelligence artificielle. Microsoft explique depuis plusieurs mois utiliser des outils d’IA pour analyser son code à grande échelle, identifier plus rapidement des schémas suspects et confirmer certaines vulnérabilités. Son système MDASH fait notamment travailler plusieurs modèles d’IA sur l’analyse de composants Windows avant qu’une équipe humaine ne valide les résultats.
Microsoft prévient d’ailleurs que cette évolution va mécaniquement conduire à davantage de correctifs dans les mois et années à venir car si les outils détectent plus de vulnérabilités, davantage d’entre elles finiront dans les mises à jour mensuelles.
Windows 11 récupère aussi quelques nouveautés
Le Patch Tuesday du 8 septembre n’était évidemment pas uniquement consacré à la sécurité. La mise à jour KB5124008, destinée à Windows 11 24H2 et 25H2, apporte notamment plusieurs changements attendus depuis longtemps. Le plus visible est la possibilité de placer la barre des tâches en haut, à gauche ou à droite de l’écran, alors qu’elle était jusqu’ici verrouillée en bas dans Windows 11.
Microsoft ajoute également une barre des tâches plus compacte, un menu Démarrer redimensionnable et de nouvelles options permettant de masquer certaines sections comme les applications recommandées. Windows Search évolue lui aussi, avec une présentation plus claire des résultats et la possibilité de désactiver les suggestions provenant du Web et du Microsoft Store.
La mise à jour corrige par ailleurs plusieurs problèmes existants, notamment celui qui pouvait empêcher Teams et le nouvel Outlook de démarrer correctement sur certains PC ARM64. Ce dernier bug n’est donc pas une conséquence du Patch Tuesday, il avait été introduit par une mise à jour précédente et est simplement corrigé avec celle de septembre.
Puis les premiers problèmes sont apparus
Le problème, c’est que cette énorme mise à jour a elle-même introduit plusieurs bugs ! Le plus sérieux concernait Remote Desktop Services. Dans certains environnements, les services RDS devenaient instables après l’installation de KB5124008. Les connexions RDP pouvaient échouer après quelques minutes, certaines authentifications ne fonctionnaient plus et des serveurs pouvaient rester bloqués sur l’écran “Please wait for the Remote Desktop Configuration”.
Le problème pouvait même déborder sur d’autres composants du système, Microsoft signale des blocages possibles de la Microsoft Management Console, du gestionnaire de licences RDS, de l’Explorateur de fichiers et même de la page Windows Update.
Un deuxième bug concernait les machines virtuelles Linux utilisant Hyper-V et le protocole Plan9. Les dossiers partagés depuis Windows pouvaient tout simplement disparaître de la machine virtuelle ou devenir impossibles à ouvrir. Microsoft précise que le problème touchait notamment des applications utilisant des machines virtuelles gérées par HCS, avec WSL et Claude Cowork parmi les logiciels concernés.
Enfin, certains périphériques USB Audio Class 1.0 ont perdu une partie ou la totalité de leurs fonctions audio. Dans les configurations touchées, le périphérique peut apparaître avec une erreur “Code 10”, ne plus produire aucun son ou rester bloqué avec un volume à zéro. Certains utilisateurs ont également constaté la disparition des modes multicanaux, notamment le 7.1 et l’audio 3D.
Microsoft n’a pas attendu le prochain Patch Tuesday
Ces problèmes étant suffisamment gênants, Microsoft a publié dès le 14 septembre des mises à jour hors cycle.
Pour Windows 11 24H2 et 25H2, le correctif principal est KB5129195. Il fait passer les systèmes respectivement aux builds 26100.9457 et 26200.9457. Pour Windows 11 26H1, le correctif correspondant est KB5129194, qui porte le système à la build 28000.2956. Le correctif s’attaque directement aux trois principaux problèmes apparus après la mise à jour du 8 septembre : Remote Desktop Services, le partage de dossiers avec les machines virtuelles Linux via Plan9 et les modes audio multicanaux sur certains périphériques USB Audio Class 1.0. Il intègre également une protection supplémentaire contre une vulnérabilité d’élévation de privilèges du service Windows User-Mode Power.
Pour les éditions Enterprise LTSC utilisant le système de hotpatch, Microsoft a publié parallèlement KB5129241, qui apporte les mêmes corrections sans nécessiter de redémarrage lorsque les conditions du hotpatch sont réunies.
Cependant, Microsoft indique noir sur blanc que certains problèmes audio USB persistent après le correctif d’urgence. Les appareils USB Audio Class 1.0 susceptibles d’afficher un Code 10, de ne produire aucun son ou de rester bloqués à zéro ne disposent pas encore d’une solution définitive. L’entreprise indique travailler sur un correctif supplémentaire.
Un autre problème signalé par les administrateurs concerne les PC Windows 11 connectés à un domaine Active Directory. Après KB5124008, certaines machines perdent leur relation de confiance avec le domaine, provoquant des problèmes de connexion. Des administrateurs ont identifié une interaction avec Machine Identity Isolation, liée aux mécanismes de sécurité de Windows. Des discussions sur Microsoft Q&A montrent que la désactivation de cette fonction pouvait servir de contournement dans certains environnements, mais Microsoft ne l’a pas intégré à la liste des problèmes officiellement résolus par KB5129195.
Il faut donc éviter de présenter le correctif du 14 septembre comme un grand bouton “réparer Windows”. Il règle les principales régressions reconnues par Microsoft, mais le dossier n’est pas totalement clos.
Faut-il installer la mise à jour ?
La tentation pourrait être de désinstaller le Patch Tuesday de septembre pour éviter ses bugs. Ce serait toutefois une mauvaise idée dans la plupart des cas. Les 974 vulnérabilités corrigées le 8 septembre comprennent deux failles déjà exploitées dans des attaques. Retirer la mise à jour revient donc à supprimer des protections importantes au moment même où certaines vulnérabilités sont déjà utilisées.
Le plus logique est plutôt de conserver la mise à jour de sécurité et d’installer le correctif hors cycle KB5129195 ou KB5129194 lorsqu’il est proposé, selon la version de Windows utilisée.
Pour vérifier sa version et son numéro de build, il suffit de presser Win + R, de saisir winver puis de valider.
Ce Patch Tuesday illustre finalement un paradoxe auquel Microsoft va devoir s’habituer. L’intelligence artificielle permet désormais d’examiner une quantité gigantesque de code et de repérer des vulnérabilités qu’il aurait été beaucoup plus difficile d’identifier avec les seules méthodes traditionnelles. Microsoft assume cette évolution et explique vouloir raccourcir au maximum le temps séparant la découverte d’une faille de la mise à disposition d’un correctif.