Les prix de la RAM ont bondi de plus de 170 % en un an, ce qui a eu pour effet mécanique de faire exploser les prix des PC et des consoles. La PS5 est repassée à 649,99 € en avril, la Switch 2 a pris 50 $, et Qualcomm a prévenu en début de mois que ses puces mobiles allaient bientôt coûter plus cher. Le marché va mal, et 2026 n’est sans doute pas l’année rêvée pour lancer un appareil sur le marché de la tech. Valve a quand même décidé de lancer son casque VR, avec des prix très (très haut).
Un casque VR à 1000 €, sans chargeur
Le Steam Frame est officiel. Il faudra compter 1 049 € pour la version 256 Go et 1 279 € pour celle d’1 To. C’est, à peu de choses près, le tarif de la Steam Machine, lancée fin juin à 1 039 €. Et comme pour elle, impossible de s’offrir directement le fleuron technologique : fidèle à son mode opératoire, Valve organise un tirage au sort. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 17 septembre, après quoi les heureux élus disposeront de 72 heures pour valider leur commande.
Côté fiche technique, chaque œil profite d’une dalle LCD de 2 160 × 2 160 pixels derrière des lentilles pancake maison, avec un champ de vision annoncé jusqu’à 110° et une fréquence réglable de 72 à 144 Hz. À l’intérieur, on retrouve un Snapdragon 8 Gen 3 épaulé par 16 Go de LPDDR5X. C’est le double de ce que Meta embarque dans ses propres casques. Autre argument de poids : le bloc optique avant ne pèse que 185 grammes, la batterie de 21,6 Wh étant renvoyée à l’arrière du serre-tête. Au final, l’appareil ne pèse que 440 grammes, contre 515 grammes pour un Meta Quest 3.
Ajoutez à cela la technologie maison qui pourrait tout changer : le foveated streaming. Concrètement, les yeux ne voient net qu’au centre de leur champ de vision. Partant de ce principe, autant n’envoyer une image de qualité maximale que là où l’utilisateur regarde et compresser le reste. Valve affirme que cette technique permet une qualité d’image 10 fois supérieure à bande passante égale.
Et l’autonomie ?
L’entreprise communique volontiers sur la fiche technique de son nouveau casque, mais reste discrète sur son autonomie. D’autant que la prise de courant n’est pas fournie. Valve vend son bloc d’alimentation 29 $ à part, en précisant que n’importe quel chargeur USB-C de 45 W fait l’affaire, celui du Steam Deck compris. Le kit d’accessoires ergonomiques, qui ajoute une sangle supérieure, des dragonnes de manettes et un cache-lumière au niveau du nez, demandera quant à lui de payer 59 $ supplémentaires. La facture commence à être très salée.
On peut se demander pourquoi une telle facture, quand un Quest 3 se négocie autour de 549 € ? La réponse avancée par Valve est simple : les deux casques ne jouent pas au même jeu. Meta vend son matériel à perte depuis des années pour installer un écosystème et se rattraper ensuite sur son magasin d’applications. Valve se rembourse sur la commission prélevée sur chaque vente Steam. Ajoutez une pénurie de mémoire, et le Steam Frame s’affiche (logiquement) presque deux fois plus cher que son concurrent direct.
Notez aussi que le Steam Frame n’est pas vraiment un casque VR, mais un PC ARM sous SteamOS avec des écrans collés devant les yeux. Les jeux Windows tournent sur Proton, pendant qu’une couche supplémentaire se charge des applications Android. Concrètement, toute votre bibliothèque Steam devient théoriquement jouable directement, sans machine supplémentaire. Et ça, ça change tout.