La France a franchi un cap symbolique cet été : 200 045 points de recharge sont désormais accessibles au public dans tout le pays, rapporte le baromètre de l’Avere-France, soit une progression de 15 % en un an. Une croissance logique, quand on sait que l’électrique a pesé 35,4 % des immatriculations la même année, et l’Élysée a réaffirmé en mai son objectif de 400 000 points de charge d’ici 2030.
Gros changement aux bornes l’année prochaine
Fort de cette évolution, la France, dopée par les décisions européennes, va avoir droit à quelques changements majeurs sur son parc de charge, et ce, dès l’année prochaine. Adopté en 2023, l’AFIR, pour règlement européen sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs devrait s’appliquer directement dans tous les États membres, sans transposition nationale. Depuis le 13 avril 2024, le texte impose déjà que toute nouvelle borne publique d’une puissance égale ou supérieure à 50 kW accepte le paiement à l’acte par carte bancaire ou sans contact, sans badge ni abonnement.
Au 1er janvier 2027, l’obligation s’étend au parc existant. Les exploitants devront équiper d’un terminal les points ouverts au public de 50 kW ou plus installés avant avril 2024. Attention tout de même, tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne. Seuls sont visés les points déployés le long du réseau routier transeuropéen ou sur une aire de stationnement sécurisée.
Au 31 août 2026, la France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public, dont 20,2 % seulement dépassaient 50 kW. À l’inverse, 77,3 % du parc plafonne à 22 kW ou moins, et 27 % du total sont encore des bornes lentes en courant alternatif monophasé. Autrement dit, quatre points sur cinq sont d’ores et déjà exclus de ce nouveau texte. Et parmi le cinquième restant, seuls ceux situés sur les grands axes européens ou les aires sécurisées sont concernés. En ville, dans les parkings de centres commerciaux ou sur les abords de la route, rien ne bouge.
Plug & Charge, c’est quoi ce truc ?
L’autre volet du texte fait beaucoup plus rêver. Il s’agit du Plug & Charge, qui permet à la voiture de s’identifier toute seule auprès de la borne au moment où le conducteur branche le câble, sans badge ni carte d’authentification.
Première étape en application depuis le 8 janvier 2026 : les nouveaux points de recharge publics doivent prendre en charge la norme EN ISO 15118-2:2016, qui régit le dialogue chiffré entre le véhicule et la borne. Deuxième étape attendue pour le 1er janvier 2027 : la norme plus récente EN ISO 15118-20:2022 devient obligatoire pour tous les nouveaux points de recharge en mode 3, publics comme privés, ce qui englobe donc aussi les installations d’entreprise et de copropriété.
Notez toutefois que l’AFIR n’impose à aucun opérateur de proposer le Plug & Charge ou Autocharge : il exige seulement que, s’il le propose, la fonction respecte le standard technique. Le modèle économique reste libre. Ensuite, l’obligation ne vise que les points nouvellement installés ou rénovés en profondeur. Le 2 janvier 2027, l’immense majorité des conducteurs devra donc encore sortir son téléphone ou son badge pour charger son véhicule.
Le vrai chantier est là
Une troisième échéance moins médiatisée, pèsera sans doute davantage sur les trajets longue distance. L’AFIR impose, sur le réseau central RTE-T, une station de recharge rapide au moins tous les 60 km, avec une puissance cumulée d’au moins 400 kW depuis fin 2025, qui grimpera à 600 kW fin 2027. De quoi faciliter les départs en vacances de tout le monde.