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Un sous-marin de la Première Guerre mondiale a été retrouvé : coulé en 1917, du TNT s’échappe de son épave

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Il gît par 48 mètres de fond dans la Mer du nord depuis plus d’un siècle, et grâce à un programme de recherche européen, nous savons aujourd’hui que son épave contamine les fonds environnants. Avec du TNT en l’occurrence, un composé hautement toxique pour la faune marine.

En avril 1917, le SM UC-30, un sous-marin mouilleur de mines de la Kaiserliche Marine, battait en retraite vers l’Allemagne après avoir abandonné une mission au large de l’Irlande à cause d’une avarie moteur. Dans ses flancs, le bâtiment transportait 18 mines sous-marines UC 200 et six torpilles de 500 mm : un arsenal suffisant pour envoyer par le fond plusieurs navires marchands alliés. Le 19 avril, alors qu’il longeait les eaux danoises au large de l’île de Rømø, le submersible heurta une mine britannique et les 27 membres de l’équipage périrent sur le coup.

L’épave, durant près d’un siècle, avait complètement disparu des radars avant d’être retrouvée en 2016 par un plongeur danois. Ce n’est que très récemment, en août 2026, qu’une étude lui a été consacrée : publiée dans la revue Marine Pollution Bulletin par une équipe internationale de chercheurs, elle a été coordonnée par l’Université d’Aarhus dans le cadre du projet NorthSeaWrecks. Selon ses auteurs, « plusieurs milliers d’épaves de guerre toujours partiellement ou totalement chargées de munitions comme celle du SM UC-30, « permettant la libération des composés explosifs […] en particulier le principal explosif en termes de quantité, le 2,4,6-trinitrotoluène, plus connu sous le nom de TNT ». Un constat qui a poussé à mener une investigation plus approfondie aux abords du SM UC-30, afin de déterminer sa dangerosité écotoxicologique.

Le sous-marin fantôme et ses remugles de TNT

Étant donné que le site de l’épave est interdit à la plongée civile, les chercheurs ont dû collaborer avec les plongeurs de la Søværnet, la Marine royale danoise. Katrine Juul Andresen, professeure au département de géosciences de l’Université d’Aarhus et co-autrice de l’étude, a prélevé des échantillons d’eau, de sédiments, ainsi que des moules et des étoiles de mer qui avaient élu domicile sur la carcasse du sous-marin.

Les analyses en laboratoire ont confirmé ce que l’on pouvait redouter d’une épave centenaire bourrée d’explosifs : « Nous avons trouvé des traces de TNT dans la faune, les fonds marins et la colonne d’eau [NDLR : le volume d’eau s’étendant verticalement de la surface jusqu’aux sédiments du fond] », explique Andresen.

Pour l’instant, elle estime que les polluants restent « relativement localisés », mais la situation est certainement vouée à s’aggraver à mesure que la corrosion de l’eau de mer expose davantage les munitions cachées dans la coque.

Des plaies d’acier à refermer

Malheureusement, le SM UC-30 est loin d’être la seule épave jonchant les fonds de la mer du Nord, cette zone ayant été l’un des principaux théâtres d’affrontements maritimes durant la Première guerre mondiale. Dans un rapport commandé en 2024 par l’Agence danoise de protection de l’environnement, Andresen a recensé pas moins de 10 127 épaves dans les seules eaux danoises, dont environ 15 % remontent aux deux guerres mondiales. Durant la Première guerre mondiale, 190 000 mines avaient été disséminées en mer du Nord par les flottes allemande et britannique.

De surcroît, après la fin des deux conflits, la mer du Nord a servi de véritable décharge aux Alliés, qui se sont débarrassées d’une quantité invraisemblable de munitions inutilisées en les jetant par le fond. Aujourd’hui, des centaines de milliers de tonnes de bombes, d’obus et de mines gisent ainsi au fond de l’eau et continuent de se corroder.

Logistiquement, c’est un véritable casse-tête : les faire exploser sur place risque de complètement déstabiliser les écosystèmes et quant au fait de les remonter pour les désamorcer, cela supposerait des moyens financiers colossaux. En 2023, le gouvernement fédéral allemand a débloqué un programme d’action immédiate de 100 millions d’euros pour commencer l’assainissement industriel des munitions immergées en mer Baltique et en mer du Nord. Mais du côté du Danemark, les autorités manquent encore d’un plan national financé et d’un inventaire complet de la toxicité de leurs eaux.

Pour le moment, la situation stagne quelque peu, mais Andresen et ses collègues travaillent désormais avec l’Union Européenne sur le projet REMARCO (Remediation, Management, Monitoring and Cooperation addressing North Sea UXO). Poursuivant le travail engagé par North Sea Wrecks, l’idée est de s’appuyer sur des robots sous-marins d’inspection, puis à terme d’extraire de manière automatisée les engins les plus dangereux. « Nous essayons d’identifier les solutions les plus douces, car il n’existe malheureusement aucun moyen simple de nettoyer tout cela », concède la chercheuse. Le chantier s’annonce herculéen, et, si nous en voyons le bout un jour, cela ne pourra être qu’au terme de très longues décennies.

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