Revolut déménage. La néobanque a confirmé, dans un mail envoyé à ses abonnés que rien ne changerait au quotidien. En coulisse, c’est un énorme bouleversement qui s’opère pourtant.
Revolut in Paris
Revolut a prévenu ses clients français : leur compte sera transféré vers Revolut Bank S.A., sa nouvelle banque de droit français, entre le 2 et le 5 décembre 2026. Les nouvelles conditions générales s’appliqueront dès le 2 décembre. L’opération concerne tout le monde, et pour comprendre ce que cela change, il faut rappeler un détail que beaucoup d’utilisateurs ignorent. Jusqu’ici, malgré une application en français, un service client francophone et même un IBAN commençant par FR pour la plupart des comptes, les clients français de Revolut étaient en réalité rattachés à Revolut Bank UAB, une banque lituanienne disposant d’une succursale en France.
Ce montage prend fin grâce à l’agrément bancaire obtenu le 10 août 2026 auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne. Revolut n’est plus une banque étrangère qui opère en France, mais une banque française à part entière. Sur le papier, la différence est subtile.
Vous ne pouvez pas dire non
Première chose à savoir : il n’y a rien à faire. Sauf objection du client avant la date du transfert, vous acceptez automatiquement les nouvelles conditions de la banque. Pour celles et ceux qui voudraient refuser, il n’existe d’ailleurs qu’une seule option : la sortie. Le client qui ne veut pas suivre le mouvement devra résilier sa convention de compte, gratuitement, avant la bascule.
Bonne nouvelle en revanche pour ceux qui redoutaient un casse-tête administratif, l’essentiel reste en place. Selon Revolut, l’IBAN, le BIC, les cartes, les fonctionnalités de l’application, les prélèvements automatiques et les paiements programmés demeurent inchangés. Ceux qui y font verser leur salaire ou y ont domicilié leurs factures n’auront donc pas à refaire le tour de leur employeur, de leur fournisseur d’énergie et de leur opérateur.
Ce qui change vraiment : le filet de sécurité
Le changement le plus concret concerne la garantie des dépôts. Aujourd’hui, en cas de faillite, l’argent des clients est couvert par le dispositif lituanien. Après le transfert, c’est le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) français qui prendra le relais. Le plafond, harmonisé à l’échelle européenne, reste fixé à 100 000 € par client et par établissement. Le niveau de protection ne bouge pas, seul l’interlocuteur change. Pour un épargnant français, avoir affaire à un organisme hexagonal en cas de pépin sera sans doute plus rassurant qu’une procédure gérée depuis la Lituanie.
Côté fiscalité, la bascule devrait aussi simplifier la vie de certains. Un compte détenu à l’étranger doit être signalé chaque année aux impôts. Dans sa documentation destinée aux professionnels, Revolut indique qu’après la migration, le compte devient un compte bancaire national français, qui n’a plus à être déclaré comme compte étranger. La néobanque précise toutefois que les services fournis par ses entités non françaises restent soumis à ces obligations. Les utilisateurs qui investissent en Bourse ou en cryptomonnaies via l’application ont donc tout intérêt à vérifier quelle entité gère leurs produits.
Le Livret A en ligne de mire
Reste la vraie raison de ce déménagement. Le compte courant Revolut ne propose toujours pas de découvert et ne rémunère pas les dépôts. Une banque établie en France peut, en théorie, proposer des services supplémentaires. Revolut a déjà affiché ses ambitions : proposer au sein de son écosystème les Livrets A, les LDDS, et à terme les crédits immobiliers.
Avec quelque 7 millions de comptes revendiqués en France en mars 2026, Revolut ne se contente plus d’être la carte qu’on sort en voyage pour éviter les frais de change. Elle vise désormais le statut de banque principale, où on domicilie son salaire, son épargne réglementée et, peut-être un jour, son prêt immobilier.