À 90,80 € le mois de transports en Île-de-France, la facture a grimpé de plus de 20 %, pour les abonnés Navigo. Et pas de chance, la hausse se poursuit chaque année, au nom de la modernisation et de l’extension du réseau. Pour les quelque 4 millions d’abonnés franciliens, la pilule passe mal. Elle passerait peut-être mieux si tout le monde profitait vraiment de son forfait, au-delà du simple trajet domicile-travail.
Ce que le pass Navigo vous rapporte déjà
Premier avantage, et pas des moindres : le pass Navigo Annuel coûte 998,80 €, soit exactement onze mois de forfait mensuel. Ceux qui prennent les transports toute l’année ont donc droit à un mois gratuit, à condition de s’engager sur douze mois. Il n’est toutefois pas nécessaire de tout payer d’un seul coup : pensez à étaler les paiements, c’est toujours ça de pris.
Deuxième bonus, souvent oublié : la prise en charge par l’employeur. Le Code du travail oblige les entreprises à rembourser 50 % du prix de l’abonnement de transport de leurs salariés, à temps plein comme à temps partiel. Le pass Navigo Mois revient ainsi à 45,40 € pour un salarié. Le remboursement n’est pas toujours automatique, et il faut souvent fournir un justificatif. Mieux vaut vérifier votre fiche de paie.
Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité qui organise les transports de la région, a aussi multiplié les services annexes. Les abonnés ont ainsi droit à deux trajets de covoiturage offerts par jour sur les applications Covoit IDFM et Covoit Lignes. De quoi rejoindre une gare mal desservie, ou boucler les derniers kilomètres en grande couronne.
Les automobilistes ne sont pas oubliés. Les détenteurs d’un Navigo Annuel, d’un Navigo Annuel Senior ou d’un forfait imagine R (à partir de 18 ans) peuvent obtenir un abonnement mensuel gratuit dans les parkings relais, ces parkings situés près des gares pour laisser sa voiture et finir le trajet en transports en commun. Le dispositif concerne 45 parkings, soit plus de 12 500 places, et 1 500 places supplémentaires sont annoncées d’ici à la fin de l’année.
Côté vélo, il est aussi possible de souscrire gratuitement à deux consignes sécurisées, installées à moins de 70 mètres des gares et équipées de pompes et de kits de réparation. Le réseau compte 28 000 places, dont 13 500 en consignes, réparties dans 234 gares.
300 lieux culturels à prix réduit
L’avantage le plus méconnu est sans doute culturel. Depuis janvier 2022, la Région, IDFM et le Comité régional du tourisme ont transformé le pass en petite carte de fidélité culturelle. Plus de 300 lieux partenaires accordent des réductions aux abonnés : musées, théâtres, festivals, centres culturels, jardins, monuments cinémas… la liste est longue.
Les avantages varient d’un lieu à l’autre : tarifs réduits pour l’abonné ou la personne qui l’accompagne, réductions sur les abonnements, visites guidées gratuites, invitations à des vernissages ou à des ateliers. Une dizaine de monuments nationaux gérés par le Centre des monuments nationaux jouent le jeu, comme le Panthéon, la Conciergerie ou le château de Vincennes.
Pour en profiter, il suffit de présenter son pass, avec un forfait en cours de validité, à l’entrée du lieu. Sont concernés les forfaits Navigo Mois, Navigo Annuel, Liberté +, Senior et imagine R. Les titres Navigo Jour, Navigo Easy et Navigo Découverte sont exclus. La liste complète des lieux partenaires est disponible sur le site de la Région.
Le problème, c’est que presque personne ne s’en sert. En 2022, près de 10 000 Franciliens ont présenté leur pass dans les dix monuments nationaux partenaires, selon la Région. Rapporté aux 4 millions d’abonnés éligibles, cela représente environ un abonné sur 400. Le château de Vincennes, l’un des sites les plus actifs, comptait un peu plus de 1 300 bénéficiaires en 2023. Des chiffres modestes, qui disent surtout une chose : le dispositif souffre d’un vrai déficit de notoriété.
Un bon plan… à condition d’être au courant
C’est tout le paradoxe de ces avantages. Ils existent, ils sont parfois généreux, mais ils restent noyés dans les pages d’IDFM et de la Région, loin de l’application que les usagers ouvrent chaque jour pour consulter les horaires du RER. Aucun récapitulatif n’apparaît au moment de recharger son pass, et les conditions changent d’un service à l’autre.
Pour un salarié qui travaille à Paris, la combinaison peut pourtant faire une vraie différence, et rendre la hausse annuelle un peu moins douloureuse.