Passer au contenu

En Chine, le premier film entièrement généré par IA est un flop

2 min
0 commentaire
Partagez

Des acteurs aux décors, tout ou presque a été généré par IA dans « Sanxingdui: Future Past ». Mais pour son arrivée dans les cinémas chinois, ce long métrage SF peine à convaincre les spectateurs de se ruer dans les salles. La curiosité technologique a ses limites.

Plus de 10.000 séances programmées pour le premier jour, près de 100 personnes mobilisées pendant plus de deux ans et un budget supérieur à 10 millions de yuans, soit environ 1,5 million de dollars : Bona Film Group avait préparé une grosse sortie pour Sanxingdui: Future Past. Le public a tout simplement oublié le rendez-vous.

L’IA ne suffit pas à vendre des billets

Selon les chiffres de la plateforme Maoyan rapportés par l’AFP, les préventes atteignaient seulement 80.000 yuans le vendredi matin de sa sortie. Avec des billets vendus entre 20 et 90 yuans, cela représente tout au plus quelques milliers de places. Lors d’une séance suivie par l’agence à Pékin le vendredi soir, quatre spectateurs seulement étaient présents. Au moins, personne ne devait manquer d’espace pour les jambes.

Le film s’intéresse à la place de l’humanité dans un avenir façonné par l’intelligence artificielle. Ses personnages, leurs voix et les décors sont eux-mêmes générés par IA. Une particularité qui attire quelques curieux, sans forcément les convaincre.

Les témoignages recueillis par l’AFP confirment qu’un film doit aussi se vendre sur ses qualités, pas uniquement sur l’exploit technologique. Découvrir gratuitement le résultat, pourquoi pas ; payer pour le voir, c’est une autre affaire. Des spectateurs qui attendaient une expérience comparable à celle d’Avatar en ont été pour leurs frais. Mais après tout, ils achètent une place de cinéma, pas une démonstration technique.

À ce stade, l’IA serait davantage à sa place comme outil d’appoint pour les effets spéciaux par exemple. La technologie finira peut-être par convaincre les récalcitrants, ou peut-être jamais. Jiang Defu, directeur général de Bona Film Group, fait contre mauvaise fortune bon cœur et met en avant le caractère inédit de l’entreprise : « Nous sommes les premiers à essayer, les premiers à obtenir une autorisation de sortie en salles et les premiers à être soumis au jugement du public. »

Le contraste avec les usages en ligne est frappant. Sur Douyin, l’équivalent chinois de TikTok, les courtes fictions générées par IA ont cumulé plus de 200 milliards de vues en septembre. Mais regarder une vidéo sur son téléphone et payer une séance de cinéma sont deux choses bien différentes. Surprise : les spectateurs ne vont pas automatiquement acheter un billet parce qu’un film utilise cette technologie ! À garder en tête pour les prochaines productions qui voudront surfer sur la nouveauté.

Articles sauvegardés