Au lendemain d’Halloween, la soirée du dimanche garde un petit parfum de fantômes.
Rebecca (1940)
21h00 sur Arte
Une jeune dame de compagnie timide rencontre un riche veuf anglais, qui l’épouse en quelques semaines. Arrivée à Manderley, l’immense propriété familiale, la nouvelle Mrs de Winter découvre que la première épouse, Rebecca, morte dans des circonstances troubles, n’a jamais vraiment quitté les lieux. Son monogramme est partout, ses affaires sont intactes, et la gouvernante Mrs Danvers entretient son souvenir avec une dévotion glaçante. Plus la jeune femme tente de trouver sa place, plus l’ombre de la disparue l’écrase.
C’est le premier film américain d’Alfred Hitchcock, tourné pour le producteur David O. Selznick d’après le roman de Daphne du Maurier. Et c’est aussi, aussi étonnant que cela puisse paraître, le seul de ses films à avoir remporté l’Oscar du meilleur film. Le coup de génie est de ne jamais montrer Rebecca : elle n’existe qu’à travers les objets, les regards et les silences, ce qui la rend infiniment plus menaçante qu’un fantôme de cinéma. Joan Fontaine est parfaite en héroïne fragile, mais c’est Judith Anderson, en Mrs Danvers spectrale, qui vole chaque scène. Plus de 80 ans après, ce gothique psychologique n’a rien perdu de son venin.
La Ligne verte (1999)
21h10 sur TF1 Séries Films
En 1935, dans un pénitencier de Louisiane, Paul Edgecomb dirige le bloc des condamnés à mort, surnommé « la ligne verte » à cause de la couleur du linoléum qui mène à la chaise électrique. Un jour arrive John Coffey, un colosse condamné pour le meurtre de deux fillettes. Mais le géant a peur du noir, pleure souvent, et semble incapable de faire du mal à une mouche. Quand il guérit Paul d’un mal qui le ronge en le touchant, le gardien commence à douter de tout ce qu’on lui a raconté.
Cinq ans après Les Évadés, Frank Darabont adapte de nouveau Stephen King, et le mélange fonctionne une deuxième fois. Le film a décroché quatre nominations aux Oscars, dont celle du meilleur film et du meilleur second rôle pour Michael Clarke Duncan, bouleversant en John Coffey face à un Tom Hanks tout en retenue. Le fantastique reste discret, presque pudique, au service d’une réflexion sur la peine de mort et la cruauté ordinaire. Attention, le film dure plus de trois heures : mieux vaut prévoir les mouchoirs et un réveil tardif pour lundi matin.
Le Flic de Beverly Hills (1984)
21h10 sur 6ter
Axel Foley est un flic de Detroit aussi doué que difficile à tenir, qui ne respecte ni les ordres ni les procédures. Quand son ami d’enfance est assassiné sous ses yeux, il prend des « vacances » et file à Beverly Hills pour retrouver les coupables. Dans ce quartier chic, il bouscule tout le monde à coups de bagou, de mensonges improvisés et de fous rires communicatifs, jusqu’à remonter la piste d’un marchand d’art très respectable et beaucoup moins honnête qu’il en a l’air.
Le rôle devait au départ revenir à Sylvester Stallone, avant qu’Eddie Murphy ne s’en empare et n’en fasse son personnage le plus emblématique. Résultat : le plus gros succès du box-office américain de 1984, avec plus de 230 millions de dollars de recettes, et une nomination à l’Oscar du meilleur scénario original. Le film a aussi offert au monde le thème synthétique « Axel F » d’Harold Faltermeyer, repris par la suite par une grenouille en 3D. Pour ceux qui n’auraient vu que la suite sortie sur Netflix en 2024, c’est l’occasion de découvrir l’original, et de comprendre pourquoi il a défini toute une génération de buddy movies.