Les propriétaires de chats le savent : l’arrivée d’un visiteur peut provoquer des réactions très différentes. Certains animaux viennent faire connaissance, d’autres préfèrent garder leurs distances. Et puis il y a ceux qui semblent vouloir s’approcher sans être tout à fait rassurés.
Curieux, mais pas très rassurés
C’est cette dernière attitude qui a retenu l’attention de Madoka Hattori, chercheuse à l’université de Kyoto. Avec ses collègues, elle a voulu savoir si les chats pouvaient présenter une forme de timidité comparable à celle des bébés humains. Leurs travaux, publiés dans PLOS One, suggèrent que certains en sont effectivement capables. Chez les nourrissons, ce mélange apparaît autour de neuf mois. Un visage inconnu peut les inquiéter tout en les intéressant beaucoup. Le bébé observe attentivement, puis détourne la tête lorsqu’on le regarde. La curiosité est là, même si le contact reste intimidant.
Pour chercher un comportement similaire chez les chats, les scientifiques ont interrogé plus de 300 propriétaires au fil de plusieurs séries de questionnaires. Les questions portaient sur la peur, la timidité et la sociabilité de leur animal face aux inconnus. Sans grande surprise, les chats les plus craintifs étaient généralement aussi les plus timides. Mais les réponses ont permis de distinguer quatre profils.
Certains chats sont très sociables et peu peureux. D’autres, également sociables et peu craintifs, vont moins volontiers vers les inconnus. Un troisième groupe rassemble les animaux qui ont peur et évitent les visiteurs autant que possible. Enfin, certains chats s’approchent malgré leur inquiétude.
Ce dernier groupe ressemble le plus aux nourrissons timides. Les mâles et les chats nés à l’état errant étaient davantage susceptibles de présenter cette attitude, sans que l’enquête permette d’en expliquer la raison. La comparaison avec les bébés reste toutefois partielle : chez les humains, les nourrissons timides comme les moins timides sont assez disposés à approcher les inconnus. Les réponses concernant les chats ne montrent pas cette même tendance générale.
Il reste maintenant à observer directement les animaux. Car cette étude repose sur ce que les propriétaires rapportent de leur comportement. L’exercice demande quelques précautions : dans un laboratoire, un chat ne se comporte pas forcément comme chez lui. Même à domicile, la présence d’un chercheur peut suffire à changer ses habitudes. Madoka Hattori envisage donc de faire participer les propriétaires aux observations. Mieux connaître ces personnalités pourrait, à terme, aider à accompagner les chats, notamment dans les refuges.