
Petite particularité de Discovery, elle n’est pas diffusée sur CBS, comme ce fût le cas pour les précédentes, mais sur le nouveau service de streaming du groupe : CBS All Access. Hors Etats-Unis, les épisodes sont disponibles sur Netflix au rythme de un par semaine (deux pour cette première fournée).
Fans ou profanes, tous trouveront leur compte
Nous sommes en 2256, soit dix ans avant les événements de la première série de 1966. À travers treize épisodes, Discovery raconte un événement plusieurs fois cité dans la série originale : une escarmouche majeure dans la guerre froide opposant la Fédération à l’Empire Klingon. Que ceux qui n’ont jamais vu un épisode de Star Trek se rassurent, il ne faut pas avoir avalé les 500 épisodes des précédentes séries pour tout comprendre. Au contraire, Discovery est une main tendue aux profanes et tout semble avoir été fait pour être une porte d’entrée parfaite pour ses derniers. En réalité, elle s’attarde plus sur ses personnages que sur son univers, choix sage de la part des scénaristes qui ne noient pas le spectateur dans un flot de noms et de concepts étranges.
Pour la première fois dans l’histoire de la saga, nous ne suivons pas un capitaine, mais son second. Michael Burnham, incarnée par Sonequa Martin-Green (The Walking Dead) est officier en second du vaisseau Shenzen et nous permet donc de voir les décisions d’un capitaine d’un point de vue extérieur. Un choix malin qui permet de renouer avec les racines de la saga tout en proposant une certaine fraîcheur.

Retour aux sources
Alors que les récents films d’Abrams et de Lin ont dépoussiéré la saga à leur façon, c’est à dire en l’orientant vers l’action, Discovery prend à contre-pied cette méthode en collant au plus près à la philosophie des précédentes séries. Nous retrouvons ainsi les combats tactiques qui prennent un épisode entier, des discussions sans fin pour trouver la solution la plus pacifique possible à un problème, des personnages mesurés qui font marcher leur cerveau plutôt que leur cœur…

Ecrire un épisode de Star Trek a toujours été considéré comme un exercice aussi difficile que formateur à Hollywood, et il fallait bien les plumes de Bryan Fuller et d’Alex Kurtzman, tous deux des vétérans de la saga, pour donner corps à cette nouvelle aventure. Les deux premiers épisodes reprennent ainsi les codes, voire les poncifs de la saga, en y ajoutant le sel de nouveaux personnages et d’un ennemi qu’on ne peut raisonner. En quoi la diplomatie, le dialogue et la ruse peuvent être utiles face à un Klingon qui n’a aucune envie d’entendre raison ?
Notons par ailleurs que Star Trek n’en oublie pas d’être politique, les Klingons de Discovery rappelant furieusement les pro-Trump aveuglés aussi bien par leur haine que par leur ignorance. Un choix loin d’être anodin, la saga étant historiquement progressiste, n’hésitant jamais à distiller ses idées au fil des épisodes. Doit-on rappeler que Gene Roddenberry a eu le courage, dans une Amérique des années soixante, de mettre une femme noire dans les personnages principaux pour montrer un futur égalitaire et sans aucun racisme ni sexisme ?

Un retour aux sources néanmoins modernisé par des personnages en phase avec leur temps et surtout une direction artistique et une photographie qui puisent dans les productions d’Abrams, entre autres. Un mélange qui marche et qui permet de se lancer pleinement dans cette nouvelle aventure spatiale. Notons par ailleurs que ces deux premiers épisodes peuvent s’apprécier comme un film, puisqu’ils servent en réalité de grosse introduction pour la suite de l’histoire, qui sera disponible la semaine prochaine.
Verdict
Les deux premiers épisodes de Star Trek Discovery remplissent leur contrat et montrent que la saga est prête à rebondir à la télévision. Certes assez sages aussi bien dans le fond et dans la forme, les deux premiers épisodes de Discovery paraissent comme un préambule prometteur à une histoire digne de la saga. Ne reste plus qu’à transformer l’essai.