Critique

[Alors, on regarde ?] La série L’Arme Fatale est loin de la catastrophe annoncée

Série

Par Pierre le

Adapter un film en série n’est pas une chose rare à la télévision américaine. Et cette fois, la Fox a pris des risques en déclinant l’immense saga L’Arme Fatale pour le petit écran. Et comment s’est débrouillé la chaîne avec une licence si appréciée laissée en friche depuis 1998 ? Correctement. Sans briller ni surprendre, L’Arme Fatale arrive pourtant à tirer très honnêtement son épingle du jeu.

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Sommes-nous trop vieux pour ces conneries ?

Ici, Clayne Crawford remplace Mel Gibson dans le rôle de Martin Riggs et Damon Wayans chipe le rôle de Roger Murtaugh à Danny Glover. Nous reprenons tout depuis le début, suivant l’arrivée de Riggs à Los Angeles après un drame personnel et la rencontre entre les deux personnages. Saluons déjà que Matt Miller, le showrunner, a parfaitement compris l’essence de la licence – le buddy movie ultime – bien aidé par Shane Black, scénariste du pilote et des deux premiers films en 1987 et 1989.

Crawford se montre convaincant dans le rôle de Riggs (anciennement Mel Gibson)
Crawford se montre convaincant dans le rôle de Riggs (anciennement Mel Gibson)

Néanmoins, on sent que même si elle a été modernisée, l’histoire reste bloquée dans les années 80, avec tous les poncifs qui vont avec.

Back to the 80’s

Car c’est bien là le piège dans lequel est tombé la série. A son époque, L’Arme Fatale utilisait des ficelles quasi-inédites, qui ont aidé genre à se construire. Presque trente ans plus tard, les ficelles n’ont pas changé. Nous retrouvons toujours les mêmes clichés, les mêmes relations, les mêmes fils blancs qui faisaient le charme des films, comme les deux potes qui se vannent, le chef de la police furieux des dégâts ou les méchants avec une tronche de méchant. Le tout enrobé dans une sauce un peu trop édulcorée.

Tous les poncifs du genre sont exploités
Tous les poncifs du genre sont exploités

Car c’est bien là le problème de cette série : elle n’arrive jamais, pas à une seule seconde, à se détacher de son lourd héritage. Aucune nouvelle idée ne vient s’incruster dans l’intrigue qui se contente de recycler non seulement L’Arme Fatale, mais également tous les films policiers du même genre qui ont suivi. Le résultat est un patchwork remâché et digéré de ce qui fonctionnait il y a trente ans.

Et pourtant…

Et pourtant, la série se laisse regarder. Les deux nouveaux interprètes se montrent plutôt à l’aise (mention spéciale à Crawford bien dans les bottes de Riggs), les personnages fonctionnent et les intrigues se laissent suivre. De plus, L’Arme Fatale nous sert des scènes d’action à gros budget qui n’ont pas à blêmir devant celles des films d’origine.

Certaines scènes des films sont reprises telles quelles
Certaines scènes des films sont reprises telles quelles

Le temps défile rapidement devant un épisode et il n’est pas rare de pouffer devant l’une des vannes du duo. Un shoot de nostalgie qui nous pousse à aller de l’avant.

Alors, on regarde ?

Loin d’être brillante, pas originale pour un sou et à des années lumières des films, L’Arme Fatale se laisse pourtant regarder. Sans surprendre, elle arrive à happer le spectateur qui va passer un bon moment. Un bon moment qui sera loin de marquer, mais un bon moment quand même. Loin de la catastrophe annoncée, L’Arme Fatale mérite le coup d’œil (au moins le pilote) si vous êtes un fan des films et des buddy movies. Les allergiques aux remakes ou autres reboots passeront logiquement leur chemin.

En fait, la série vous donnera surtout envie de revoir les films.

Diffusion tous les mercredi sur la Fox, ou à dispo sur la VOD de MyTF1.