Critique

[Alors on regarde ?] The Boys va-t-il fracasser notre été ?

L'avis du Journal du Geek :
Série

Par Amandine Jonniaux le

Adaptation du comics trash et irrévérencieux de Garth Ennis, Amazon Prime revient cet été avec The Boys, une série en huit épisodes qui met à mal l’image lisse et aseptisée des super-héros. 

** Attention, cet article contient des spoilers sur le comics et la série The Boys **

Crédits Amazon Prime

Encore méconnu du public européen, The Boys est un comics imaginé par le génial Garth Ennis et publié pour la première fois en 2006. L’histoire raconte les (més)aventures de Hughie, un jeune homme dont la fiancée Robin a été accidentellement tuée par un super-héros, et qui décide finalement de rejoindre un groupe de mercenaires pour faire justice lui-même. Il faut dire que dans l’univers de The Boys, on est loin de Gotham City, Metropolis ou Hell’s Kitchen. Dans le petit monde de Hughie, les super-héros sont devenus de véritables images de marque, des célébrités entièrement marketées à la gloire de Vought-American Consolidated, la société qui les encadre et dissimule leurs dérapages au quotidien. Jouissant d’une impunité médiatique et pénale quasi totale, les héros sont idolâtrés par le grand public, à l’image des Seven, caricature à peine voilée de la Justice League ou des Avengers, mais qui passent plus de temps à camoufler leurs dérapages qu’à tenter de sauver le monde. 

The Boys n’aurait pu être qu’un pastiche acerbe de toutes les aventures de super-héros qui nous biberonnent depuis des décennies au travers des comics américains. En réalité, la série (comme le comics avant elle) est bien plus complexe et réussie que ça. En plus de dresser le portrait au vitriol des plus grandes marques de super-héros de l’histoire, The Boys nous offre une trame de fond solide, un scénario prenant, ainsi qu’un véritable questionnement sur l’existence des super-héros dans notre société actuelle. En partant du principe que les surhommes et les surfemmes destinés à sauver notre monde de la menace sont des ordures comme les autres, l’histoire imaginée par Garth Ennis et mise en images par Eric Kripke, Evan Goldberg et Seth Rogen nous promettait un résultat particulièrement prometteur sur Amazon Prime, quelques semaines seulement après l’excellente adaptation de Good Omens

Un ton trash et impitoyable 

Crédits Amazon Prime

Nous étions donc particulièrement excités à l’idée d’une adaptation de The Boys sur petit écran mais redoutions évidemment qu’Amazon Prime ne fasse de la série ultra-trash un show tout public, ou qu’au contraire, la plateforme ne délaisse la profondeur du comics en se contentant d’enchaîner les scènes de violence gratuite. Après trois épisodes, il faut bien admettre qu’Amazon n’a pas commis cette erreur. Les orgies, les viols et les fracassages de crâne font intégralement partie de l’histoire mais The Boys a le bon goût de ne pas jouer la carte de la surenchère inutile en ce qui concerne le trash. Comme dans les comics, l’humour est noir, acerbe et souvent ironique ce qui constitue une vraie bonne surprise.

Un casting explosif 

Qu’il s’agisse des super-héros ou de leurs opposants, le casting de The Boys est une réussite du début à la fin. Côté Vought, on découvre Chace Crawford (Gossip Girl), Antony Starr (Banshee), Jessie Usher (Independance Day), Dominique McElligott (House of Cards) ou encore Erin Moriarty (Jessica Jones), tandis que chez les “gentils”, Eric Kripke, Evan Goldberg et Seth Rogen ont fait appel à Karl Urban (Thor Ragnarok), redoutable en Billy Butcher, et à Jack Quaid (Rampage) dans le rôle principal. Si beaucoup de fans n’ont pas caché leur déception quant à l’absence de Simon Pegg, qui a largement inspiré Garth Ennis pour la création du personnage de Hughie, l’acteur britannique a malgré tout droit à un petit rôle ô combien symbolique, puisque c’est lui qui incarne le père de Hughie à l’écran. Une attention qui fait plaisir. 

Quelques divergences de scénario qui fonctionnent

Crédits Amazon Prime

Ceux qui auront lu les comics The Boys au préalable noteront évidemment quelques divergences scénaristiques entre l’œuvre originale imaginée par Garth Ennis et la série Amazon Prime. Dans l’ensemble, l’adaptation sur petit écran reste fidèle aux livres, mais s’offre quelques libertés dans l’histoire, comme la présentation de The Homelander (Antony Starr) dans les premiers épisodes. Tandis que dans le comics, le personnage est directement décrit comme pervers, manipulateur et odieux, le doute subsiste pendant les premiers épisodes de la série. Un changement qui ne bouleverse pas la trame générale de l’histoire, mais qui pourrait avoir toute son importance par la suite. En grands fans de la version papier, ce genre de libertés scénaristiques avait de quoi nous inquiéter. Pourtant, il faut bien admettre que concernant The Homelander, la série apporte une dimension plus ambivalente au personnage, et notamment sur ses intentions face à Vought et à Stella. 

Notre avis

Trash, impitoyable et dotée d’un humour aussi acerbe qu’efficace, la série The Boys semble emprunter le même chemin que les comics. Malgré notre réticence initiale, il faut bien admettre que le scénario est prenant, et que les (rares) libertés scénaristiques dont fait preuve l’adaptation ne sont finalement là que pour enrichir l’histoire et les relations entre les personnages. Tout en étant (pour la plupart) de véritables loosers sociopathes, dans The Boys ce sont bel et bien les humains “normaux” qui constituent les véritables héros de la série. On attend avec impatience de découvrir le reste de la série, qui est actuellement disponible sur Amazon Prime Video.

L'avis du Journal du Geek :

10 réponses à “[Alors on regarde ?] The Boys va-t-il fracasser notre été ?”

  1. Quelques libertés scenaristique ? Est ce que ta vraiment lu les comics de ennis ? C’est une reinterpretation totale de l’histoire. Tout change, même les personnages !!!! Ils ont juste garder l’idée du départ comme dans  dragon ball évolution. Et je te défie de voir un bout de seins dans tout la série mdr. Ah l’Amérique puritaine !!!! La série en elle même n’est pas mauvaise mais tu peut pas dire qu’elle reste fidèle aux comics. C’est pareille qu’avec preacher.

  2. Est ce que tu as vu la série ? On voit des le premier épisode un personnage sauter dans le minou d’une jeune femme….
    Pour avoir lu le comics et vu le début de la série je trouve qu’il n’y a pas une trahison du comics comme tu le laisses entendre…
    Je suspecte le trashtalk gratuit.

  3. Je voudrais bien, malereusement je finit les 8 épisode d’une traite. Et croi moi tu verra part la suite. La scène ou tu le voit sauter entre ses jambes (suggeration). On voit jamais aucune partie d’anatomie dans tout la série. A part les fesses je croi. Lol et juste d’un personnage.et non je suis pas un troll. J’adore juste ennis et je peut pas dire que il y a juste quelques écarts scenaristique. Puisque tout à était changer même la compositions des 7.je veux tout simplement pas spoiler.

  4. Encore un fan boy qui pleure parce que l’adaptation n’est pas à la virgule prêt fidèle à sa saccro sainte œuvre originale. Heureusement qu’ils ont adapté et donc inséré de la créativité là dedans sinon quel intérêt ?
    Quant à argumenter sur quelles parties de l’anatomie sont visibles ou non… sérieusement ? On en est là ?

    Ah et « suggeration » ça n’est pas un mot…

  5. Un ça se voit que ta pas lu les comics. Deux dans l’article cleraiment ils dise quelque écarts (rares écarts mots pour mots) alors que c’est faux tout la série change. Et de trois je jamais dit que la série est mauvaise mais elle peut se cacher par rapport aux comics.

  6. j’ai pas lus mais j’ai maté la série. j’ai trouvé ça long à certains moments mais intéressant dans l’idée globale. Seul truc qui me dérange c’est la fin, terminé sur ça c’est très frustrant. espéront une suite.

  7. C’est un peu énervant cette propension des gens à ‘kiffer’ des films ou séries dès que cela apparaît un tantinet trash ou subversif … Dès qu’on enlève la forme la série est quand même très moyenne !

    Malheureusement il ne suffit pas d’aller à contre courant et de faire du trash pour faire une bonne série. Les premiers épisodes sont vraiment prometteurs et rafraîchissant par rapport à tout ce qu’on a l’habitude de voir sur se theme , mais plus cela avance plus ca devient indigeste. Dommage l’idée est vraiment sympa , mais la construction de l’intrigue est d’une lourdeur. . . et finalement malgré le postulat original de départ le scénario est on ne peut plus classique et l’action manque cruellement de rythme, d’intensité et finalement d’intérêt. Quelques bonnes interprétations, notamment celle de Antony Starr (le protecteur).
    C’est visiblement une adaptation d’un comics (que je n’ai pas lu) , mais la série en elle même ne casse quand même pas 3 pattes à un canard.

    Je n’ai pas lu l’oeuvre originale mais la série en tant que telle n’est pas  ouf je trouve . Sorti du contexte qui se veut original c’est au contraire ultra classique, long et peut intéressant .. Sans parler du dernier épisode . . je trouve l’ensemble particulièrement insipide.

  8. Juste pour te dire que la fin de la première saison n’a rien avoir avec les comics et casse complètement le personnage de Butcher qui de tout façon est complètement différent de celui imaginer par ennis comme la plus part des perso dans cette « fidèle adaptation ».

  9. Entièrement d’accord avec toi, pour avoir lu les comics, on est vraiment mais alors vraiment très très loin de l’œuvre originale, c’est juste une histoire complètement différente, l’auteur de la critique n’a pas vérifié correctement ses sources, ça part quand même dans du mensonge là.
    Pour en revenir à la série en elle même, celle ci dispose de qualités indéniables, j’ai beaucoup apprécié cette première saison, les prochaines devront confirmer la qualité.
    Ps : Tybalt fait du trashtalk  (là), vachement adulte comme réponse, Grzegorz ne dit pas du mal de la série, il pointe une erreur dans la critique, tu devrais te renseigner avant de bitcher.

  10. C’est dommage, la critique et le public passent à coté de ce dont parle vraiment la série!
    Super-pouvoirs, donc pouvoir!
    Super-héros, donc Amérique
    Oser critiquer les super-héros c’est s’en prendre à l’Amérique, à dieu et donc au pouvoir!
    le délire religieux dans toute son ampleur à travers l’hypocrisie et les mensonges de ses showmen qui manipulent les foules qui paient pour venir les voir!
    Les mensonges sur le 11 septembre, l’Irak, Bush, les supers armes fictives de Saddam, le complexe militaro-industriel, un héros qui faisait parler les terroristes à Guantanamo, plus, haute critique de la dérive du féminisme, une firme qui se prend pour Dieu à travers les décisions de son très jolie PDG.
    La série va beaucoup plus loin que la simple parodie de supers devenus criminels!
    Chose très reposante, on n’est pas chez Netflix, la pensée moralisatrice de gauche nous est épargnée, de l’homosexualité oui, mais pas de cause LGBT à défendre!
    Ouf!
    Ce qui nous change du classique ambiant cliché pro-gay, qui devient franchement lourd à force d’être constamment surreprésenté.
    Pas de prise de tête sur le racisme non plus, les arabes sont les méchants, mais les plus méchants sont ceux qui manipulent l’Amérique et les américains, donc le propriétaire de la Firme qui est noir et son PDG blanche, ce qui équilibre!
    On peut donc, niveau marketing, faire plaisir à presque tout public, et là, les promoteurs de la série sont au niveau de rentabilité de leurs vilains!
    The Boys est super intelligent!
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