Critique

Critique – A Good Day to Die Hard : La série à bout de souffle ?

Cinéma

Par Pierre le

John McClane est devenu au fil des ans un personnage culte du cinéma. Après avoir fait les joies des amateurs d’action dans les années 1990, McClane est revenu en 2008 avec Live free or Die Hard. En 2013, c’est un autre Die Hard “moderne” qui voit le jour avec A Good Day to Die Hard. Très attendu, ce cinquième volet montre malheureusement que la série arrive à bout de souffle.

Que serait un Die Hard sans explosions ?
Que serait un Die Hard sans explosions ?

Critique garantie sans spoilers

Toujours flic à New York, John McClane décide de prendre un peu de vacances. Destination : Moscou. Mais notre flic désabusé n’y va pas vraiment pour profiter des joies de la capitale russe et boire de la vodka, non. Son objectif est simple, tenter de trouver une issue favorable pour son fils, accusé de meurtre par la Justice moscovite. Un scénario très classique, mais qui a le mérite de poser les bases du film. Ici, c’est l’action qui prime ! La situation ne tarde pas à dégénérer, puisqu’au bout d’une quinzaine de minutes, les scènes d’actions commencent pour ne s’arrêter qu’à la fin du film une heure et demie plus tard.

Les premières minutes sont un pur régal. Le réalisateur John Moore s’inspire beaucoup d’Une Journée en Enfer pour la première partie de son film. Courses poursuites hallucinantes dans les rues de Moscou, fusillades dans les hauts lieux de la ville, situations burlesques et méchant sympathique. Le cahier des charges de la saga est respecté à la lettre. Une bonne impression se dégage donc de ce Die Hard 5 et le spectateur passe un excellent moment. De même, placer McClane dans la peau d’un touriste américain complètement paumé dans une ville étrangère est assez amusant et sujet à des scènes qui font sourire. L’ajout de son fils, Jack McClane, est également un bon point dans cette première partie. Oubliez le petit garçon manipulé par les médias dans Piège de Cristal. Jack est devenu un colosse, un vrai malabar dur à cuire comme on en fait plus. Ses méthodes qui sont à l’opposé de celles de son père donnent un petit coup de fraîcheur à la série.

Un film 100 % action
Un film 100 % action

Une deuxième partie ratée

Le film nous a donc conquis avec sa première partie. Malheureusement, les choses se gâtent ensuite. A Good Day to Die Hard se divise en effet en deux parties distinctes. Si la première est réussie, nous ne pouvons pas en dire autant de la deuxième. On sent en effet que le réalisateur, John Moore, n’avait plus d’idée pour poursuivre son film. Les scènes d’actions sans saveurs s’enchaînent dans un contexte géopolitique qui n’a rien à faire là. De même, un twist scénaristique assez improbable se produit vers les deux tiers du film. Conséquence : la première moitié du scénario ne tient plus debout, surtout que l’explication donnée est assez évasive. Enfin, on sent que la production avait trop de budget pour le film et a donc décidé de tout donner, jusqu’à aller à l’improbable, à coup d’images de synthèses et de plans de caméra qui coûtent bien cher. Dommage.

Le film n’est pas seulement gâché par sa deuxième partie, il est également rempli de moult petits défauts agaçants. Par exemple, la quasi-totalité des scènes sont tournées caméra à l’épaule. Si ce procédé fonctionne dans les scènes d’action, cela vient gâcher les scènes de dialogues plus posées. C’est bien simple, ça bouge TOUT LE TEMPS, à tel point qu’on a envie de crier “tu ne veux pas la poser cette fichue caméra ?”. De même, McClane est devenu un personnage plus politiquement correct avec l’âge, un problème déjà présent dans Die Hard 4. On a même l’impression de Bruce Willis est en roue libre et qu’il ne se force pas trop. L’acteur a tellement l’habitude d’incarner John McClane qu’il ne fait plus d’efforts pour être John McClane. Les répliquent sont toujours là, mais on a tout de même cette mauvaise impression que Willis ne fait que lire son texte sans réellement le jouer. Par exemple, on sent que l’acteur se force à dire son célèbre Yipikai motherfucker à la fin, réplique sortie sans grande conviction. Jai Courtney, qui incarne son fils, est un personnage assez insipide qui dénote avec la forte personnalité de son père. Un personnage bourrin lambda interchangeable, en somme. Enfin, problème récurrent de la deuxième partie, les plans de caméra clichés s’enchaînent, à gros coups de ralentis sans raison apparente.

La relation père/fils est assez insipide
La relation père/fils est assez insipide

Die Hard 5 n’est pas un bon Die Hard. Mais tout n’est pas à jeter. La première partie est jouissive et cela fait toujours plaisir de retrouver notre bon McClane, toujours là au mauvais endroit au mauvais moment. Si le film n’avait duré qu’une heure, les fans auraient été comblés. Mais la deuxième partie convenue et totalement hors sujet vient gâcher l’expérience. Si vous êtes un fan de la saga, aller le voir sera un passage obligé, limite un devoir. Pour les autres, attendez la sortie en Blu-Ray ou en VOD pour une soirée copains/bières/pizzas devant le film.