Critique

[Critique] American Hero : SOS d’un super-héros en détresse

Cinéma

Par Elodie le

OVNI cinématographique porté par Stephen Dorff, acteur phare des années 90, American Hero questionne notre rapport à l’héroïsme et à notre propre humanité. Suffit-il d’avoir des pouvoirs pour être un super-héros ?

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American Hero, le 9e film de Nick Love (The Firm, Outlaw, The Sweeney) promet d’en chambouler plus d’un : il bouscule aussi bien les codes des super-héros et que le spectateur pris à témoin tout au long des aventures du héros.

Ici pas de cape, de grands idéaux empreints de justice, de lutte contre la corruption pour ramener la paix dans la cité. Oubliez Batman et Superman, American Hero s’appelle Melvin (Stephen Dorff), c’est un adulescent oisif, alcoolique et junkie sur les bords, qui vient de perdre le droit de voir son fils.

« Melvin est superhéros malgré lui. La trentaine bien entamée, il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon pour lui de revoir son fils, que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin, et d’exploiter ses super pouvoirs pour lutter contre le crime. Mais dans un monde dans lequel personne ne comprend ni sa situation, ni d’où il tient ses incroyables pouvoirs, ces derniers pourraient bien causer sa perte… »

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Bancal, faible, fragile et looser magnifique, Melvin est le plus humain des super-héros. Il ressemblerait à monsieur tout le monde s’il n’était pas doté du don de télékinésie (c’est-à-dire qu’il déplace les objets par la seule force de sa pensée) qu’il utilise pour son propre confort, mais surtout pour épater la galerie et récupérer quelques billets au passage.

Doit-il user de son pouvoir pour récupérer son fils ? Son pouvoir ne va-t-il pas se retourner contre lui ? Melvin lutte en permanente contre lui-même. Lutte pour faire ce qui est juste, lutte pour ne pas retomber dans ses travers, sans prétendre à devenir parfait ou sauver le monde s’il y parvient.

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Tourné comme un faux documentaire, on suit sa vie de défonce, de picole entourée de potes et remplies de soirées, ses galères quotidiennes pour gagner ses galons de père, coincé dans la moiteur des ruelles décharnées de La Nouvelle-Orléans post-Katrina. Une ville grillée par le soleil, désertée par ses habitants, mais gouvernée par la violence des gangs.

Si Stephen Dorff habite son personnage avec un plaisir non feint, le film semble suspendu sur un fil, prêt à basculer tantôt dans la fable sociale, tantôt dans le film purement commercial : pas de chronique sociale, pas d’introspection sur la paternité, de critique de la société, des armes, de l’addiction à l’alcool ou à la drogue, pas plus d’autopsie de la violence urbaine.

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Juste Melvin. Un buddy qui pourrait être le nôtre. Une aventure humaine qui nous prouve que tous les pouvoirs dont nous avons besoin, nous les possédons déjà. Un film drôle, touchant, loufoque et bancal. Comme son héros.


American Hero – Trailer VOST / Bande-annonce par NoPopCorn

American Hero sort le 8 juin.