Critique

[Critique] Ant-Man and The Wasp, le Marvel qui digère mal l’après Infinity War

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Mathieu le

Il y a trois ans, Ant-Man fourmillait sur nos écrans. S’il ne s’agissait pas du film de super-héros le plus attendu, le personnage de Scott Lang n’ayant pas les faveurs des fans de comics, il représentait néanmoins un chapitre très important à développer pour Marvel. Pour cause, Ant-Man est un héros central des événements dépeints dans la phase 3 du MCU et il fallait lui faire suffisamment de place pour qu’il puisse briller au milieu de Captain America, Iron Man ou Thor. Ça tombe bien, moins de trois mois après Infinity War, c’est sur lui que l’on compte pour obtenir quelques réponses.

On est où exactement ?

Ant-Man and The Wasp se situe chronologiquement après Captain America : Civil War et juste avant toute l’histoire présentée dans Avengers : Infinity War. Scott Lang, consigné par le gouvernement américain à rester chez lui, n’est plus le super-héros qu’il était jadis. S’il tente d’être un bon père, il n’a néanmoins plus de nouvelles de l’homme qui l’a révélé, Hank Pym, ni de sa fille Hope Van Dyne. Mais, une vision plus qu’étrange va le forcer à reprendre contact avec ceux qui lui ont donné un pouvoir extraordinaire et à renfiler son costume d’Ant-Man.

La grande question avant de visionner pour la première fois la réalisation de Peyton Reed était de savoir comment son film allait prendre en compte la catastrophe survenue dans le dernier Avengers. La réponse intervient au bout de quelques minutes : Ant-Man and The Wasp est une histoire parallèle plus qu’une continuité à ce qui a déjà été présenté. Ainsi, s’installe vite une forme d’incohérence face aux événements d’Infinity War. On se demande comment Scott Lang, aussi effacé soit-il du groupe de Captain America, n’est pas un minimum au courant du sort horrible qui pèse sur la Terre et le reste de l’univers. Il faut donc voir le long-métrage en faisant abstraction de l’ensemble du chaos qui a été dépeint il y a trois mois et repartir pour une aventure un peu plus légère. D’autant que ce nouveau volet d’Ant-Man semble parfois s’affranchir des ingrédients qui ont fait sa réussite par le passé. Pas une déception, mais presque.

Trop sérieuse cette fourmi

Alors oui, le côté « fun, cool et déjanté » est toujours présent, mais à un degré moindre. Peyton Reed, qui a mis en scène le premier épisode, insuffle cette fois une dose de sérieux à ses personnages, comme pour nous demander de les respecter un peu plus. Malheureusement, cela ne fonctionne pas toujours. Scott Lang est un héros totalement différent et c’est aussi cela qui a fait sa force. Plus que son charisme, son physique avenant ou ses super-pouvoirs de rêve, c’est son sens de l’autodérision et sa maîtrise de l’humour qui ont permis aux spectateurs de s’accrocher à lui. Des éléments pas aussi présents qu’on l’aurait souhaité ce qui fait perdre de sa saveur au film. Certes, Ant-Man est toujours à part dans le MCU et ce volet tend bien à le prouver, mais il aurait été appréciable de ne pas tenter une approche différente de ce qui a été fait auparavant.

Cette fois, Ant-Man partage l’affiche avec sa partenaire, La Guêpe

Pour autant, ce long-métrage se suit avec légèreté. Malgré son sérieux et une pléthore de nouveaux personnages présentés (certainement trop, mais on y reviendra), certains passages sont réussis. Bien que les scènes d’action soient finalement assez peu présentes durant les deux heures de projection, tout est réalisé avec soin dans l’unique but d’en mettre plein les yeux. À l’instar de ce que fait Marvel depuis plus de dix ans, le rythme est assez effréné, même s’il connait quelques baisses malvenues. Reste que Ant-Man and The Wasp laisse l’étrange impression de n’avoir été créé que dans un seul but : présenter la dimension quantique, un domaine inhérent aux personnages de Hank Pym et Scott Lang.

On en parle beaucoup, les protagonistes prenant le soin d’évoquer ses dangers, mais aussi les possibilités que cette solution renferme, mais on ne comprend jamais vraiment comment cette nouveauté peut s’installer dans le futur de la franchise. À côté de ça, le film tente d’introduire de nouveaux personnages plus qu’oubliables. Le méchant de cet épisode, Sonny Burch (l’excellent Walton Goggins), n’a qu’un intérêt très limité tandis que le « Ghost » d’Hannah John-Kamen ne passionne pas outre mesure. Dommage, car si ce second volet se cherche sans se trouver véritablement, il avait un véritable potentiel.

Ghost, un personnage très effacé

Ant-Man, notre jumeau super-héroïque

Paul Rudd campe un Ant-Man toujours aussi accrocheur et il est, avec le Star-Lord de Chris Pratt, le personnage le plus drôle et empathique du MCU. Au-delà de son caractère de super-héros, le film présente quelque peu son rôle de père, sa vie de famille et la difficulté d’évoluer dans un monde aussi mystérieux et dangereux. Finalement, Scott Lang est celui à qui on s’identifie le plus en tant que spectateur. De leur côté, Michael Douglas (Hank Pym) et Evangeline Lily (Hope Van Dyne/La Guêpe) sont toujours convaincants. Quant à Michelle Pfeiffer (Janet Van Dyne), elle a un rôle crucial, surtout pour l’avenir de la franchise, mais aussi des pouvoirs insoupçonnés. Nous n’en dirons pas plus afin de ne pas gâcher votre plaisir.

Question effets spéciaux, la qualité est au rendez-vous. La photographie est, elle, en revanche, toujours aussi fade. Les différentes scènes mélangeant action, cascades et transformations sont en effet d’une grande réussite technique mais les couleurs et les contrastes sont décevants. Une lacune présente dans de nombreuses réalisations Marvel et qui n’étonne plus vraiment.

Notre avis

Ant-Man and The Wasp s’est peut-être trop cherché. Parfois drôle, le long-métrage de Peyton Reed tente néanmoins de devenir plus sérieux. Une démarche qui ne fonctionne pas toujours. Reste un blockbuster honnête, surtout pour les fans de films Marvel. Quant à la scène post-générique, nous ne pouvons que vous conseiller de la regarder, tant elle est importante pour la suite…

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