Critique

[Critique] Avengers : Endgame, à un claquement de doigts de la perfection

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Julie Hay le

« Back in black. » Le cinematic universe s’ouvrait au son d’ACDC et introduisait Iron Man comme figure de proue. 11 ans et 22 films plus tard, Marvel livre la conclusion d’une saga riche en rebondissements. Si Avengers réunissait pour la première fois nos 6 super-héros à l’écran,  c’est Endgame qui a la lourde tâche de clôturer leurs aventures.  

Infinity War n’a pas été de tout repos pour les spectateurs, le film de plus de deux heures a bouleversé les schémas Marvel en décimant la moitié de l’univers. Nos héros plus habitués à la victoire qu’aux bains de sang, s’y retrouvent plus affaiblis que jamais. Thanos a claqué des doigts et un retour en arrière ne semble pas possible.

L’Évolution des personnages

Si les protagonistes ont évolué au fil de leurs aventures, jamais ils n’apparaissaient aussi vulnérables. Le snap de Thanos a mis à mal leur figure héroïque, pour ne laisser que des failles humaines. Cette nouvelle construction de personnage est synonyme de renouveau pour la maison des idées. Le MCU, souvent peuplé d’archétypes du genre, s’offre un nouveau visage dans Endgame. Parmi les personnages qui gagnent en profondeur, Thor est sans aucun doute celui qui se démarque.

Porté par Chris Hemsworth, le personnage est bluffant de sincérité. Si Thor : Ragnarok avait insufflé ce renouveau chez le dieu nordique, Endgame signe son éveil. Même les divinités sont mises à mal. Certains protagonistes peinent tout de même à trouver leur place à l’écran et se retrouvent injustement relayés au second plan. Captain Marvel pourtant annoncée comme centrale n’occupe pas assez de place pour répondre à l’attente que son introduction suscitait. Comme dans Infinity War, les frères Russo n’arrivent pas à faire entrer la foule de personnages dans les trois heures de films.

Thanos est sans conteste l’antagoniste le plus fort de l’univers et son combat le plus impactant. Introduit dans le précédent film, le titan fou se révèle être l’opposant parfait pour notre équipe. Porté par un désir de justesse, il semble indestructible et les Avengers n’ont jamais été confronté à un tel adversaire. Josh Brolin incarne à la perfection ce fléau de l’humanité, tant dans sa vulnérabilité, que dans sa rage destructrice. Servie par une CGI efficace, l’interprétation de l’acteur laisse sans voix. Dans son affrontement avec Thor, Brolin nous laissait un aperçu de ses talents, mais il confirme sa puissance dans Endgame.

Un vieux refrain

Si dans sa construction le scénario pèche parfois, il nous emmène là où on ne l’attendait pas. Toutes les théories du monde ne peuvent vous préparer à ce qui vous attend. Complexe et pourtant si simple, l’intrigue nous happe du début à la fin. On oublie très vite ses défauts pour ne se concentrer que sur une chose : profiter. Le spectacle est convenu à certains moments, mais il réjouira les fans de l’univers comme les néophytes. Si le film souffre de sa forme hybride et de son intrigue cousue de fils blancs, il est en effet sauvé par sa portée émotionnelle.  On plonge rapidement dans l’univers qui nous arrache larmes, hoquets de surprises et frissons d’excitations.

Les frères Russo nous régalent

Les deux réalisateurs sont de retour après Infinity War et offre un spectacle hors normes. Ils livraient des scènes de combats parfois illisibles dans Civil War mais Joe et Anthony Russo ont cette fois trouvé leur rythme de croisière. Même si Joss Whedon et son premier Avengers avait placé la barre très haut, ils arrivent à offrir un spectacle agréable pour la rétine sans pour autant nous scotcher à nos sièges.

On reste sans voix face à la gestion du cadre par les réalisateurs, certains plans sont tout à fait mémorables et c’est assez rare pour le souligner. Il faut dire qu’ils ont su s’entourer et ont encore une fois fait appel à Trent Opaloch à la photographie. Tant dans sa gestion de la lumière que des couleurs, celui qui a déjà officié sur Civil War, réussit à créer une véritable ambiance, qui ne dénote pas de celle introduite dans Infinity War.

Côté musique Alan Silvestri fait un retour en fanfare, après avoir laissé les rênes à Danny Elfman et Brian Singer dans l’Ère d’Ultron. Outre l’exploitation du thème principal, Silvestri revient aux origines des personnages et exploitent  l’univers musical Marvel avec brio. La musique entre en parfaite résonance avec l’intrigue et explore une nouvelle dimension. Elle ajoute une nouvelle consistance au récit sans pour autant l’éclipser.

La maison des idées n’a pas toujours exploité les effets spéciaux numériques de la meilleure manière, à l’image du jeune Tony Stark dans Civil War, mais cette fois-ci, c’est assez convaincant. Si le décor du Wakanda paraissait fait de papier mâché, certains décors d’Endgame valent le coup d’œil. La plupart du film étant tourné sur fond vert, certaines scènes manquent tout de même de réalisme, mais en fin de compte, l’œil ne s’y attarde pas, trop occupé par la déferlante d’action qui s’abat sur lui. Dans les scènes d’affrontements, les effets spéciaux numériques sont au service de l’action et les Russo ne tombent pas dans la surenchère. L’image est agréable à la rétine sans pour autant révolutionner le genre. Proche de l’esthétique du précédent film, Endgame ravit plus dans son fond que dans sa forme.

Une conclusion tant attendue

L’enjeu est massif. Clôturer une intrigue de 21 films, c’est le but d’Endgame, et les frères Russo le font avec brio. Le long-métrage sert un propos et veut faire passer un message. Tout peut arriver, personne n’est à l’abri. En tombant parfois dans les clichés du genre, le film a pour vocation de repenser complètement le schéma déjà installé. Une phase importante du MCU arrive à son terme et elle ne se fera pas sans larmes. Dans ses moments d’humour, Endgame ravit foncièrement les fans. Le fan service est présent, mais n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe. Les frères Russo jouent sur la corde sensible et leur passion pour l’univers n’est plus à prouver. Il ne reste qu’une inconnue à l’équation Marvel, le futur.

Rien ne sert de rester jusqu’à la fin du générique, puisqu’aucune scène post-générique n’annonce l’avenir du MCU. On reste sur notre faim, nous qui étions habitués à connaître le calendrier des studios des années à l’avance.

Notre avis

Avengers : Endgame a tout pour réussir. Digne héritier d’Infinity War, le film ravira les fans avertis comme les curieux. De l’action, des rires et des larmes, c’est la recette du bonheur pour Marvel. Si le film a ses défauts, on lui pardonne volontier tant il nous divertit et nous emporte. C’est la conclusion que tout le monde attendait… "We're in the Endgame"

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