Critique

[Critique] Cars 3, encore une histoire de transmission

Cinéma

Par Perrine.s le

Flash McQueen, le bolide coureur reprend les tours de piste pour le troisième volet de la saga automobile de Pixar. Plus sombre que ses prédécesseurs, le long-métrage délaisse quelque peu l’humour pour offrir une réflexion plus poussée sur des thèmes matures.

Cars 3 ©2016 Disney•Pixar. All Rights Reserved.

Des moteurs qui vrombissent, l’odeur de la gomme chauffée et l’adrénaline des courses de bolides, c’est par ce cocktail désormais connu que s’ouvre Cars 3, dernier long-métrage de la série. On y retrouve évidemment Flash McQueen (Guillaume Canet) accompagné de toute sa bande dans cette nouvelle épopée. Les aventures qu’il va vivre ici s’inscrivent pleinement dans la lignée du premier Cars.

Après sa brève sortie de route avec Cars 2, Pixar signe une nouvelle aventure qui n’hésite pas à mettre son héros à bout de course. Flash, toujours obnubilé par le succès, rêve de nouveaux trophées qui vont s’avérer moins accessibles qu’il ne l’envisageait. Sa passion pour la victoire sera en effet mise à rude épreuve par des voitures de course d’une nouvelle génération, menées par l’impassible Jackson Storm (Nicolas Duvauchelle).

Notre compétiteur vermeil flamboyant perdra malgré lui de sa superbe face à cet adversaire plus jeune. Il devra alors repenser sa manière de courir, s’il ne veut pas sombrer dans les tréfonds des classements et voir sa carrière se conclure prématurément. Pour l’aider et le soutenir, il peut compter sur son entourage, ainsi que sur de nouvelles rencontres, dont Cruz Ramirez (Alice Pol), une entraîneuse débordante d’enthousiasme et d’énergie, aux techniques occasionnellement surprenantes.

Au fur et à mesure du film, Flash va tenter avec des moyens audacieux d’améliorer ses performances, quitte à jouer les fortes têtes et négliger les conseils bienveillants de Cruz. Cette petite dernière est d’ailleurs une agréable surprise, figure attendrissante de par sa bonne humeur et sa profonde sincérité. Elle symbolise également l’arrivée d’un nouveau personnage féminin, dans un univers qui leur laissait peu de place jusqu’à présent, à l’exception de Sally.

L’ascension des studios Pixar continue

Ce film d’animation est une occasion supplémentaire pour s’émerveiller du travail minutieux de Pixar. Les effets spéciaux sont superbes. On s’émerveille devant les jeux de lumière sur les carrosseries des voitures et le rendu particulièrement réaliste des différentes matières. Pixar poursuit sereinement son avancée technologique sans oublier de distiller çà et là des clins d’œil aux nouvelles technologie (des casques de réalité virtuelle entre autres) mais aussi à ses précédentes œuvres.

« Les jeunes te le feront comprendre »

Un extrait de Cars 3 avait effrayé certains parents avec son côté sombre, donnant l’impression de se tromper de public. Bien que le passage à vide de Flash McQueen soit poussif, le film reste parsemé d’épisodes plus festifs, agissant comme soupapes pour les plus jeunes.

Sans doute comme tout processus de guérison, il demande du temps et le prend à l’écran. Mais avant d’en arriver à la thérapie, encore faut-il savoir à quel moment se remettre en question ? La réponse des scénaristes est sans ambiguïté : quand les adversaires, et plus précisément les jeunes, prendront la place. C’est dans ces moments-là que le film s’adresse (presque) plus aux parents qu’à leurs enfants.

De cette thématique qui découle sur celle de la transmission, les personnes et parfois parents derrière Cars 3 ravira davantage les spectateurs adultes. Ces derniers se reconnaîtront plus facilement dans ces sujet que leurs cadets, pour qui l’âge de la retraite reste encore anecdotique.

Cars 3 livre un mélange contrasté et n’hésite pas à s’attarder sur
l’obstination de Flash McQueen pour aller chercher l’empathie. Au point de nous mettre mal à l’aise, face à ce héros qui met un certain temps avant de réaliser ce qui lui arrive. Le film revient avec simplicité sur des thématiques déjà abordées par le premier Cars. Mis à part le génie visuel de Pixar, on retiendra sans doute la sempiternelle réflexion sur la transmission, qui parlera plus aux parents. La boucle de la saga semble bouclée.

LOU, le court-métrage diffusé avant Cars 3

Cars 3 chauffe les salles à partir du 2 août, précédé par le poignant court-métrage LOU.