Critique

[Critique] Doctor Strange

Cinéma

Par Pierre le

Marvel continue sur sa cadence infernale de deux films par an. Si en avril, nous avons eu le droit à Civil War, le studio a décidé d’explorer un nouvel aspect de son Marvel Cinematic Universe avec Doctor Strange. Réalisé par Scott Derrickson, le film arrive à surprendre sur la forme mais peine quelque peu sur le fond.

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Du Marvel pur jus

Introduire un personnage dans un film de super héros passe généralement par la case histoire des origines. Et Doctor Strange ne fait pas exception à la règle. Nous y suivons Stephen Strange, plus grand chirurgien de New York (voire du monde) qui, après un grave accident de voiture, part dans l’Himalaya chercher un moyen de se reconstruire.

Doctor Strange ne surprend pas sur le fond. Nous avons là une origin story des plus classiques – mais maîtrisée -, avec l’éternel héros arrogant apprenant à voir plus loin que le bout de son nez et à maîtriser des capacités extraordinaires.

Cumberbatch est parfait dans le rôle de Strange
Cumberbatch est parfait dans le rôle de Strange

Nous retrouvons autrement toutes les qualités intrinsèques d’une production Marvel : un héros attachant, des personnages secondaires qui servent de levier au scénario, un antagoniste un peu moisi (malgré l’interprétation de Mads Mikkelsen qui donne tout ce qu’il a) ainsi que des touches d’humour – mais moins présentes que dans les autres films du studio.

Un rythme mal maîtrisé

Néanmoins, Docteur Strange souffre d’un problème majeur : son rythme mal maîtrisé. En effet, les trois scénaristes (Thomas Dean Donnelly, Joshua Oppenheimer et Jon Spaihts) ont fait le choix de créer une histoire en deux phases distinctes, où la première heure est essentiellement dédiée à la construction du personnage principal et de l’univers. Le film a la lourde tâche de développer un tout nouvel aspect du MCU, et cela prend du temps. Comme Strange, le spectateur apprend les règles de base pour bien comprendre l’intrigue, avant de les voir appliquées dans la deuxième partie du film.

Tiens, un méchant de Marvel un peu bidon. Ça faisait longtemps...
Tiens, un méchant de Marvel tout bidon. Ça faisait longtemps…

La deuxième partie est uniquement centrée sur l’action, elle est plus plaisante et surtout rondement menée. Néanmoins, ce rythme donne l’impression que le film a du mal à démarrer. On prend certes plaisir à suivre l’apprentissage du héros, mais l’intrigue en pâtit, les problèmes arrivant comme un cheveux sur la soupe en plein milieu du film.

La forme gagne sur le fond

Si le film ne sort jamais des clous installés depuis dix ans par Marvel Studios, c’est bien l’enrobage qui surprend. Doctor Strange, c’est le monde mystique, le multivers, la distorsion de la réalité. Et la direction artistique rend hommage aux plus belles pages des comics en y ajoutant sa propre personnalité.

Les scènes d'action sont époustouflantes
Les scènes d’action sont époustouflantes

Les bandes-annonces ont vendu la mèche sur beaucoup de plans. Néanmoins, voir évoluer Strange dans cette dimension miroir qui n’a rien à envier aux meilleures scènes d’Inception est un vrai régal. Les scénaristes jouent avec la physique, le temps et la perception même du monde qui nous entoure. Le tout est servi par une mise en scène oscillant entre le génie et l’illisible, surtout dans les scènes de combat.

L'utilisation de la magie est très visuelle
L’utilisation de la magie est très visuelle

Notons également la présence d’acteurs de haute volée, comme un Cumberbatch toujours aussi charismatique, un Ejiofor intéressant et une Swinton fascinante.

Verdict

Loin d’être le meilleur des Marvel, notamment à cause de sa construction trop scolaire, Doctor Strange arrive quand même à emporter le spectateur par sa mise en scène intelligente qui surprend dans un MCU maintenant bien installé. Si le scénario est loin d’être inoubliable, les scènes d’action, d’une intensité rare, parviennent à scotcher le spectateur qui ne regrettera pas d’avoir payé sa place de cinéma.

Ah, et ne manquez pas les deux scènes post-génériques. NE MANQUEZ JAMAIS LES SCÈNES POST GÉNÉRIQUE !