Critique

Critique Dope : c’est de la bonne

Cinéma

Par Elodie le

Sensation du festival de Sundance et présenté en clôture de la Quinzaine des réalisateurs au dernier Festival de Cannes, DOPE n’en finit plus de faire parler de lui, aussi bien par l’enthousiasme qu’il suscite, que par ses parrains de luxe : Pharrell Williams, qui a chapeauté la bande originale, et l’acteur Forest Whitaker qui se retrouve à la fois producteur et narrateur du film. Alors DOPE, c’est de la bonne ?

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DOPE c’est d’abord son réalisateur, Rick Famuyima. Ce dernier s’est inspiré d’Inglewood, le quartier de son enfance, pour créer la trame scénaristique de son film en l’agrémentant d’une bonne dose de 2.0.

Le film suit donc les aventures de Malcolm (Shameik Moore), jeune geek vivant avec sa mère à Inglewood, quartier chaud de Los Angeles, et resté coincé dans les années 90’s qu’il considère comme l’âge d’or du hip-hop avec ses deux meilleurs amis, Jib (Tony Revolori, aperçu en groom dans The Grand Budapest Hotel) et Diggy (Kiersey Clemons).

Pour se dépêtrer d’une sale histoire dans laquelle il a été mêlé malgré lui, Malcolm va user du seul outil à sa portée : Internet. La toile et ses méandres seront son seul salut et pourrait bien lui faire changer de statut en faisant de lui un mec cool, un « dope ».

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De geek à dope

Voilà pour la petite histoire. Si vous vous attendez à une histoire sombre sur fond de trafic de drogues et de guerres des gangs, passez votre chemin. Le réalisateur n’a pas la prétention d’autopsier la jeunesse afro-américaine caméra au poing. Ces sujets en toile de fond servent de prétexte à nous faire voir le monde à travers les yeux de Malcolm : effet tragi-comique garanti.

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Malcolm ne veut pas être joueur de football ou vendre de la drogue pour s’acheter une street cred’, il ambitionne de vivre sa vie normalement, jouer dans son groupe de musique avec ses potes, draguer la nana qui lui plait (interprétée par Zoë Kravitz) et surtout réussir ses entretiens pour entrer à Harvard. En cela, DOPE veut s’attaquer aux clichés et préjugés, mais avec avec humour et une bonne dose d’optimisme :

« Pourquoi je veux entrer à Harvard? Si j’étais Blanc, est-ce que vous auriez besoin de me demander ? », questionne ainsi Malcom.

Dope carbure à 100 à l’heure

Si le diable se cache dans les détails, DOPE est diabolique : répliques qui fusent, photographie soignée, références geek savamment distillées, montage survitaminé et bande originale qui se répondent tout au long du film, rien n’est laissé au hasard.

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L’énergie dégagée par ce film doit d’ailleurs beaucoup à son casting réussi et son montage où chaque situation est traitée de manière particulière (retour en arrière, musique parfaitement choisie pour illustrer la séquence, arrêt sur image, etc.). On se laisse bien volontiers happer.

Verdict

Dynamique, impétueux et ironique, DOPE est un petit bijou de film indépendant, servi par un casting sans fausse note : mention spéciale à Shameik Moore, confondant de naturel.

Le film évite l’écueil facile de la critique sociale larmoyante et prend le chemin inverse. DOPE n’en est pas moins dénué de messages : cultiver sa différence, n’entrer dans aucune case permet de voir les choses différemment, de prendre du recul et d’élargir son horizon.

Un teen feel good movie des plus cool !

DOPE sort le 4 novembre.