Critique

[Critique] Dragons 3 : le monde caché : la meilleure trilogie depuis Toy Story ?

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Allan Blanvillain le

Mettons tout de suite les choses au clair : oui, Toy Story compte comme une trilogie tant la fin se montrait parfaite à plus d’un titre et ce, malgré la sortie d’un quatrième épisode cette année. Et puisqu’on y est, Die Hard et Indiana Jones sont aussi des trilogies, voilà. Maintenant on peut parler de Dragons 3 car il le vaut bien.

Initiée en 2010, la saga réalisée et scénarisée de bout en bout par Dean DeBlois est donc arrivée à sa conclusion – enfin, sauf si une pirouette hollywoodienne vient nous balancer une suite sans aucun sens – et quand on jette un regard en arrière, quelle aventure on a vécu ! Dragons 3 est donc cet ultime tour de piste, pardon, de dragon, résultat de l’expérience acquise au fil des années et des films, se présentant ainsi autant comme une synthèse du passé que comme son prolongement logique, naturel.

Harold et Krokmou (puisqu’ils ont le même âge) sont désormais des adultes responsables, l’un de son clan, l’autre de son espèce. Mais quand une nouvelle menace surgit sous les traits d’un ennemi plus malin, plus machiavélique, notre Viking se rend compte qu’avec les responsabilités viennent les conséquences et que rien ne dure éternellement. Désormais, il doit apprendre à penser aux autres avant lui-même.

A ses rêves de gamin se confrontent la réalité et le bien commun. Ce troisième opus reprend ainsi chaque leçon apprise dans les films précédents pour dorénavant en mesurer la portée. À ce titre, ce long-métrage parlera sûrement davantage aux parents qu’aux enfants, même si ces derniers y trouveront facilement leur compte.

Dragons 3 atteint l’âge adulte

Plus mature, Dragons 3 préfère se concentrer sur ce qu’il dit que ce qu’il montre. En ressort un métrage qui cumule moins de scènes épiques que son aîné (très gourmand à ce niveau), malgré, évidemment, quelques passages obligés. Rien de préjudiciable puisqu’il permet de recentrer le récit sur quelque chose de plus intimiste, plus poétique.

Les relations sont au centre de l’histoire, qu’on y parle d’amour ou d’amitié et chaque acte accompli se répercute sur ce qui viendra ensuite. Et si on peut trouver les ballets romantiques de Krokmou un brin répétitifs, on ne peut en ignorer la beauté. Oui, ce troisième opus manque d’une séquence vraiment marquante comme son prédécesseur avait su nous en livrer, mais c’est surtout parce qu’ici, elles constituent l’ensemble du film, toutes étant vectrices d’émotions. Préparez-vous à sortir les mouchoirs, surtout lors d’un dernier quart d’heure compresseur de cœur.

Un changement de paradigme qui permet également aux femmes – ce qui constitue mine de rien une avancée significative – de s’envoler aux côtés de nos héros. Préoccupation d’adultes (si on peut dire), l’amour s’invite régulièrement dans le scénario, entraînant des prises de conscience nécessaires. Astrid n’est plus qu’une guerrière et elle permet à Harold de passer un cap de la même manière que Krokmou deux films plus tôt. Son de cloche similaire du côté des dragons, mais on s’arrêtera là pour ne pas vous enlever tout plaisir de la découverte.

Un monde caché qui mérite d’être découvert

Dragons 3 n’est évidemment pas qu’une aventure narrative et le réalisateur prend un malin plaisir à s’autoriser tout ce que le genre lui permettait. Plus que jamais, c’est dans les airs que le cinéaste s’éclate véritablement car c’est loin du sol que l’on retrouve les séquences les plus éclatantes du long-métrage aussi bien dans l’imagerie que dans la symbolique. Virevoltante, rythmée, la mise en scène sert le récit et se sert en retour.

Un résultat rendu possible par l’animation, évoluant par petites touches à l’image de l’histoire et des personnages. À première vue, mise à part un gain de fluidité, on n’aura pas l’impression de grands changements, mais lorsqu’on observe bien, on se rend compte que tout est dans le détail. Des décors plus riches, des couleurs plus vives, des barbes plus fournies… la saga a pris de l’âge et la technologie aidant, les graphismes se sont bonifiés tout en évitant des écarts visuels trop importants. Que ce soit dans le scénario ou l’animation, tout respire la cohérence car, à la manière des nouvelles responsabilités d’Harold, Dean Deblois privilégie un ensemble.

Parce que la plus grande réussite de Dragons 3 ne se situe pas dans ce troisième film, mais dans cette saga réfléchie où une suite ne s’est jamais contentée d’en être une (ce qui devient rare). Chaque film est une réussite en soi tout comme la réussite d’un ensemble. On a envie de dire qu’on n’est pas devant un troisième métrage, mais devant la troisième partie d’une grande œuvre, majeure, qui fera date dans l’histoire de l’animation au même titre que Toy Story avant elle.

Notre avis

Beau, profond, poétique, il ne manquerait qu'une ou deux petites choses pour permettre à Dragons 3 d'être un chef-d’œuvre d'animation, mais en attendant c'est incontestablement un incontournable et une conclusion parfaite pour une trilogie dont on se souviendra encore très longtemps. Avec cette première grosse claque, autant dire que l'année 2019 commence de la meilleure manière.

L'avis du Journal du Geek :

2 réponses à “[Critique] Dragons 3 : le monde caché : la meilleure trilogie depuis Toy Story ?”

  1. Je sors du cinéma avec ma fille de 7ans. Elle a beaucoup ri, j’ai (désolée) beaucoup pleuré. Nous suivons les aventures d’harold et krokmou depuis leurs débuts et sommes vraiment fan ! Pour ma part cette trilogie est bien au-dessus de toy story. Elle est parfaite, aucune erreur, aucun défaut… Je n’en préfère aucun, je les admire tout les 3…

  2. J’ai adoré les 2 premiers. Mais ce 3e opus ne propose rien d’autre qu’un denouement: ‘finir pour finir’.
    La relation avec la fury eclair est totalement superficielle et amenée sans aucune concideration. Pour se faire ils ont créé un méchant sans background ni relief. 
    Enfin ils ont repri l’idée d’un sanctuaire des dragons que nous avions déjà dans le 2…
    L’animation n’est plus aussi bluffante qu’avant. 
    Bref, quelconque.

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