Honnêtement, on ne savait pas à quoi s’attendre en assistant à la projection du Réveil de la Momie. Probablement parce que la promotion autour du film a été relativement courte et discrète. Probablement aussi parce que la dernière tentative horrifique autour de ce monstre légendaire avait plutôt mal tourné. Oui, on n’a pas aimé la version de La Momie avec Tom Cruise, malgré les quelques bonnes idées disséminées ici et là.
C’est encore le cas ici : révélé par The Only Child, l’Enfant Unique puis mis sous le feu des projecteurs et de la critique avec Evil Dead Rise, Lee Cronin s’est retrouvé aux manettes, pour son troisième long-métrage, de ce projet consistant à faire renouer le mythe de la momie avec ses origines horrifiques. Le réalisateur irlandais a déjà prouvé qu’il savait créer une ambiance et faire preuve d’inventivité dans l’horreur. Cela tombe bien, il fallait bien son talent, ses idées et une interdiction en salles aux moins de 16 ans pour piquer notre curiosité.
Une nouvelle version horrifique, loin du classique de 1932
Comme vous l’avez déjà sûrement compris, Le Réveil de la Momie n’est absolument pas le titre du prochain film de la saga initiée par Brendan Fraser et Rachel Weisz. Si le spectateur est amené à voyager et à faire le yoyo entre l’Égypte et le Nouveau-Mexique, on n’est clairement ni sur un film d’aventures, ni sur un long-métrage familial et encore moins sur une comédie romantique. Mais de romance, de couple et de famille, il en est bien question dans le film de Lee Cronin. Dans Le Réveil de la Momie, on suit la famille Cannon, déchirée suite à la disparition de leur fille Katie. Huit ans après, cette dernière est retrouvée. Et les retrouvailles sont d’autant plus compliquées que Katie n’a plus rien à voir avec l’enfant innocent que ses parents ont connu. Elle n’a d’ailleurs presque plus rien à voir avec un être humain. Car elle est désormais possédée.
On est ici sur une nouvelle version du classique de 1932. Et par nouvelle version, il s’entend même une autre histoire, tant le film de Lee Cronin n’a rien à voir, finalement, avec celui dont il est censé s’inspirer. Là, Le Réveil de la Momie reprend les codes du cinéma d’horreur d’aujourd’hui et pas celui de l’époque. La première partie du film est puissante et maligne dans son propos. Sans en faire des tonnes, elle nous plonge au coeur de cette famille déchirée, avec un père rongé par la culpabilité, lui qui s’en veut de ne pas avoir su protéger et retrouver sa fille, et une mère qui se reproche ses absences, au point de ne pas voir l’horreur qui s’installe lentement sous ses yeux et dans les murs de sa maison. Tout le monde y passe, de la petite sœur effrayée au grand frère ado rebelle, sans oublier la grand-mère bienveillante, qui tente de maintenir un semblant d’équilibre à tout ça. Rien de bien fou en soi mais la formule, classique, marche. Et bien que l’on devine où Lee Cronin nous emmène, on se laisse volontiers guider.
Natalie Grace et le sadisme de Lee Cronin, autant de raisons d’aller en salle
Le charme opère grâce notamment à la performance des uns et des autres – tout le monde joue bien sa partition, à l’exception d’une personne, on y revient bientôt – mais surtout de Natalie Grace, qui nous fait un remake de l’Exorciste, le tout dans le corps d’une jeune fille momifiée et défigurée par la malédiction qui coule dans ses veines. La prestation de l’actrice vaut le coup à elle seule et porte considérablement le film, qui ne sort jamais du chemin convenu qu’il suit. Outre Natalie Grace, le film nous réserve quelques belles idées en matière de réalisation et de gore. Sans oublier une tension permanente, portée par une musique totalement adaptée. On a beau voir les jumpscares arriver à des kilomètres, on ne peut s’empêcher de sursauter, preuve que la formule marche. L’ennui, c’est qu’elle est inégale.

La faute d’abord aux choix faits autour de ce film. Le Réveil de la Momie dure 2h15… pour un ressenti plus proche des trois heures. On exagère peut-être un peu, oui. Mais le long-métrage de Lee Cronin est beaucoup trop long pour ce qu’il veut raconter. Si on suit la descente aux enfers de la famille Cannon (plutôt réussie), le long-métrage nous propose en parallèle une enquête de police autour des disparitions mystérieuses similaires à celle de Katie en Égypte. Et cette partie-là, qui participe grandement aux longueurs du film, est beaucoup moins réussie. Probablement parce que le personnage désigné à cette enquête, Raki n’est pas très bien écrit et que l’actrice en charge de l’incarner, May Calamawy (Moon Knight), n’est pas très bien dirigée non plus.
Un peu trop long… mais tout de même plaisant à suivre
Dommage, car l’ambiance plus sombre et mystérieuse de cette enquête aurait mérité un meilleur traitement. Honnêtement, celle-ci est très vite expédiée. Comme certaines scènes du film, qui auraient mérité, là aussi, plus de soin et de profondeur. On a apprécié le vol plané d’un personnage et sa mort tout aussi brutale et horrible. On a apprécié le sadisme et l’horreur d’une séance de pédicure qui tourne mal. On a regretté le manque de densité d’une autre scène horrifique, avec pourtant tout plein de victimes potentielles dedans. Et on se demande encore pourquoi le film, qui avait choisi une première forme de conclusion, évidente en soi, se termine finalement de cette façon. Non pas qu’on n’apprécie pas ce choix, mais il y avait peut-être plus de potentiel en concluant autrement. On vous laissera juger ça vous-même.

Mais Le Réveil de la Momie semble surtout suivre un cahier des charges bien défini. Que l’on comprend aisément avec la mention : “par le studio qui vous a présenté Conjuring”. Car, même s’il n’est pas la réalisation, la patte de James Wan – producteur cette fois – se ressent. Parfois le film a des relents d’Annabelle (parfois seulement) et la filiation avec les aventures du couple Warren se voit aussi (mais pas trop). Pas suffisamment pour gâcher l’instant. Mais assez pour enlever un peu de personnalité à ce long-métrage, qui tient néanmoins sa promesse de violence, d’humour noir – oui, oui, y en a – de sadisme et de gore. Et tant mieux : il fallait bien quelque chose pour enterrer définitivement dans l’oubli la version avec Tom Cruise…
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