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Le film numéro 1 sur Netfix se fait démonter par la critique et le public (et c’est mérité)

Lorsqu’on détruit un film entre ces lignes, on a l’habitude de voir fleurir des jolis mots pour nous inviter à changer de métier. Cela tombe bien, concernant le top 1 Netflix du moment, sa mise au pilori n’est pas de notre fait. Quant à savoir si c’est mérité, ça, ça va être de notre fait. Déso pas déso, comme on disait à l’époque.

Quand un violent ouragan s’abat sur la ville, une jeune femme doit survivre face aux prédateurs que l’inondation a ramenés jusqu’à chez elle. Ce plot est tiré d’un film sorti en 2019, le très solide Crawl d’Alexandre Aja. Quand un violent ouragan s’abat sur la ville, une jeune femme doit survivre face aux prédateurs que l’inondation a ramenés jusqu’à chez elle. Ce plot est tiré d’un film sorti le 10 avril dernier sur Netflix, Thrash, ou Nature Prédatrice en français, de Tommy Wirkola.

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On s’amuse à souligner quelques similitudes histoire de nous mettre dans l’ambiance, alors qu’il faut avouer notre mauvaise foi. Après tout, il y a énormément de différences entre les deux œuvres. On a remplacé les alligators par des requins, un huis clos avec Kaya Scodelario par un casting plus élargi et un film efficace par un autre qui se traduirait par « poubelle » si on lui enlevait une lettre.

Le film numéro 1 sur Netfix se fait démonter par la critique et le public (et c'est mérité)
© Netflix

Deux paragraphes, deux balles dans la tête du film. À partir de là, on peut se demander pourquoi l’Orangina rouge est aussi méchant. Parce que. Parce qu’il n’est pas le seul. Pour une fois, Nature Prédatrice semble faire un certain consensus. Sur le site de notation Rotten Tomatoes, il engrange 40 % d’avis positifs de la presse. C’est peu, mais toujours plus que les 25 % d’avis positifs du public. Thrash n’a pas été certifié « Fresh » (en comparaison, Sous la Seine est à 30 % public et 64 % presse). Sur Allociné ? La presse n’a pas été conviée à le noter, là où les spectateurs lui ont accordé deux étoiles sur cinq de moyenne. Sur Metacritic, il arrive péniblement tout juste à la moyenne. On accepte d’être parfois à contre-courant, mais dans le cas présent, Nature Prédatrice se prend le courant de plein fouet.

Pourquoi tant de haine sur Nature Prédatrice ?

On n’a pas poussé le vice jusqu’à aller disséquer l’avis des copains, le consensus parlant de lui-même. De notre côté, la liste des échecs est longue comme un bras de Victor Wembanyama. Et cela commence dès que quelqu’un a donné le feu vert à Tommy Wirkola pour mettre en scène son scénario. Le gars a réalisé Dead Snow, Hansel & Gretel : Witch Hunters, Violent Night ou Spermageddon. N’ayant pour haut fait que d’être un Uwe Boll avec un peu plus de réussite, on peut dire que lorsqu’on lance un film du bonhomme, on cherche les ennuis. Après, on l’avoue, certains de ces titres ont titillé notre zone du plaisir.

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© Netflix

Sur le résultat lui-même, il va y avoir deux écoles. Soit on prend le film au premier degré et dans ce cas-là, on peut se moquer franchement de presque chacune des séquences, tel un accouchement sous-marin suivi d’un plantage de requin qui devrait être enseigné obligatoirement dans les cours prénataux. Soit on le prend au second degré et dans ce cas-là, on ne rigole vraiment pas assez alors que dans Sharknado, au moins, il y avait des tronçonneuses.

On aurait quand même tendance à croire que Wirkola cherche à retrouver l’esprit de ses Dead Snow dans ce goût qu’il a pour l’exagération. À côté de Nature Prédatrice, Sous la Seine est un film d’auteur. Un ouragan frappe une ville côtière ? On te dit clairement qu’il pourrait être de force 6 si cette classification existait. Des requins-bouledogues envahissent les rues et les maisons inondées ? On rajoute un Grand Blanc ! Des gosses sont prisonniers sans arme ? Sandwich de dynamite ! Une femme est enceinte ? Elle accouche sous l’eau et elle poignarde un requin dans la même scène. Oui, on a déjà parlé de cette séquence, mais il faut reconnaître qu’elle cristallise le n’importe quoi du projet.

Le film numéro 1 sur Netfix se fait démonter par la critique et le public (et c'est mérité)
© Netflix

Pas une bonne comédie non plus

En réalité, on aurait pu trouver ce ridicule sympathique s’il semblait assumer, mais c’est là que Nature Prédatrice s’empêche d’épouser complètement son projet. Les répliques tombent à l’eau, le casting joue faux et la réalisation ne parvient jamais à créer ce petit frisson, rendant chaque scène anticlimatique Dès que le long-métrage a l’occasion de s’emballer un peu, il accouche d’un résultat particulièrement mou, surtout dans ses attaques de requins. Déjà que la bestiole est numériquement pas belle à voir, ses coups de dents n’ont aucun impact visuel. Tout juste si on voit le figurant se débattre un peu dans l’eau et nous sortir un petit moignon mignon.

Le film numéro 1 sur Netfix se fait démonter par la critique et le public (et c'est mérité)
© Netflix

C’est peut-être le plus frustrant dans le projet. On peut pardonner une absence de scénario et de tension dès lors qu’on a éliminé les non-personnages dispensables dans les cinq premières minutes (le reste ne risquera rien), mais ne pas être généreux dans la boucherie quand on signe un film de requin, c’est un non absolu et définitif. Au moins, Dangerous Animals se rattrapait par son sadisme et son goût pour le contre-pied. Quelle est la plus-value de Nature Prédatrice ?

Réponse : un point positif caché. Là où Netflix se plaît à signer pour des récits qui doivent répéter plusieurs fois les enjeux, ce long-métrage ne se prête pas au jeu. Est-ce le début d’un soulèvement des talents contre un diktat algorithmique ? La révolution contre la plateforme est-elle en marche ? Va-t-on bientôt entendre la Marseillaise résonner dans les couloirs ? Non, si Nature Prédatrice ne répète pas ses enjeux, c’est parce qu’il en a pas. Oups, fausse joie. Ne perdez pas 80 minutes sur ce Top 1 films, alors que le Top 1 séries du service SVoD vaut le coup d’œil !

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