Critique

Critique : Mission Impossible Rogue Nation – Mission accomplie

Cinéma

Par Pierre le

La licence Mission Impossible existe depuis près de vingt ans. Brian De Palma, John Woo, JJ Abrams et Brad Bird ont donné naissance aux quatre premiers volets. La saga revient avec Christopher McQuarrie aux commandes. Et le bonhomme applique à la lettre une recette qui marche pour un résultat efficace, mais sans surprises.

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Critique garantie sans spoilers

La recette Mission Impossible est simple : Prenez Ethan Hunt, un grand méchant qui veut détruire la paix sur Terre, mettez-y des cascades, un scénario qui amènera le spectateur un peu partout dans le monde et des gagdets de fou. Bien entendu, il faut saupoudrer de scènes d’action impressionnantes et funs à regarder et vous avez un Mission Impossible. Et McQuarrie a tout compris à cette recette.

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Que dire ? Oui, Rogue Nation est bien, fun, prenant, on ne s’y ennuie pas une seconde, mais ça ne va pas chercher bien loin. Mais en même temps, est-ce que ce film a un autre but ? Aucunement.

Hunt encore chassé

Dans cet épisode, Ethan Hunt se retrouve seul, isolé, privé de ses ressources. La Force Mission Impossible a été dissoute et le voilà confronté à une organisation mystérieuse appelée le Syndicat. Dans le même temps, il est poursuivit par le directeur de la CIA, qui rêve de mettre sa tête au-dessus de sa cheminée. Ce synopsis ne vous rappelle rien ? Oui, c’est grosso-modo le même que celui de Protocole Fantôme.

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Et le pire, c’est que pendant le film, nous n’y voyons que du feu. Le film part à cent à l’heure et enchaîne les scènes d’action, le tout entrecoupé par des scènes d’exposition. Tout est fluide, bien huilé, bien maîtrisé, mais sans grande inspiration ni coup de génie.

Tom Cruise est toujours aussi à l’aise dans ses pompes. Jeremy Renner revient lui aussi dans le rôle de l’agent Brandt, tout comme Simon Pegg, qui apporte une nouvelle fois une touche d’humour aux aventures de Hunt. Notons la disparition de Paula Patton au profit de Rebecca Ferguson, personnage beaucoup plus intéressant et qui apporte vraiment quelque chose au scénario. Enfin, il faut saluer le retour de Ving Rhames sur le devant de la scène après une apparition fantomatique dans… Protocole Fantôme.

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Silence… action !

Parlons des scènes d’action, justement. Encore une fois, la licence nous sert de bons gros moments de WTF en barre avec des scènes complètements tarées. Et quand on sait que l’ami Tom a réalisé lui-même la plupart des cascades, le résultat n’en est que plus impressionnant. Vous avez certainement tous vus la cascade de l’avion, qui a fait le tour du web pendant le tournage. Eh bien, il y en a plein des comme ça. À côté, les scènes d’action de Ghost Protocol font petit bras. Mais rassurez-vous, Rogue Nation ne va pas non plus dans le délire complet, comme avec la scène de Moto-Fu (Kung-Fu à moto) de Mission Impossible 2.

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Dans Ghost Protocol, la grosse scène d’action emblématique du film était située au milieu, ce qui enlevait un peu d’intensité à la baston finale. Dans Rogue Nation, c’est pareil. Néanmoins, McQuarrie tente de feinter avec une conclusion moins axée vers l’action, plus vers la psychologie et la manipulation. Et cette façon de faire donne une autre force au film, qui arrive à terminer une histoire intense sans partir dans tous les sens. Bon, il y a quand même un peu de combat, il ne faut pas abuser non plus…

Verdict

Que dire de plus de Rogue Nation à part que c’est un bon Mission Impossible ? Eh bien, pas grand-chose d’autre, en fait. Les adeptes de la saga et du cinéma d’action y trouveront leur compte. Les autres snoberont magnifiquement ce nouveau volet en regardant de haut la première catégorie. McQuarrie assure, Cruise aussi, tout comme le reste du casting et de la production. Bref, Rogue Nation est un bon film d’action, un bon MI, mais ne révolutionnera pas le cinéma. En même temps, il n’en avait aucunement l’intention.