Critique

[Critique] Ragnarok est un gros coup de pied au Hulk pour la saga Thor

Cinéma

Par Pierre le

La saga Thor a toujours été le talon d’Achille du Marvel Cinematic Universe. Pour ce troisième (et dernier ?) volet de la saga, Marvel Studios a donc décidé de jouer le tout pour le tout en confiant les rênes à Taika Waititi, réalisateur néo-zélandais peu connu du grand public mais qui a déjà fait ses preuves avec plusieurs comédies. Un parcours qui ressemble à celui de James Gunn, réalisateur des deux Gardiens de la Galaxie. Encore une fois, le risque s’est avéré payant.

Thor, Loki et Valkyrie sont de la partie

Planet Thor

Thor Ragnarok prend à contre-pied total les deux premiers volets en adaptant cette fois l’arc Planet Hulk, adoré des fans. L’histoire de Greg Pak publiée en 2006 voit notre géant vert propulsé sur une planète étrange où tel Spartacus, doit se battre dans l’arène pour se libérer de ses chaînes. Cette fois, c’est le Dieu Nordique, chassé d’Asgard par Hella (Cate Blanchett) qui se voit échoué sur la planète Sakaar. Si l’histoire a été lourdement modifiée pour les besoins de l’adaptation, l’ambiance à mi-chemin entre Flash Gordon de Mike Hodges et Gladiator de Ridley Scott est bel et bien présente, tout comme Hulk.

Le Grand-Maître est le personnage le plus réussi du film, malgré un faible temps à l’écran

Thor Ragnarok est certainement l’un des films les plus drôles du MCU, alignant les bons mots comme les coups de tatanne. Waititi nous offre en effet plus une comédie d’action ou un buddy movie qu’un véritable film de science-fiction ou de super-héros. Les personnages, mêmes mineurs, ont tous le droit à leur vanne bien sentie, se moquant parfois sans ménagement des autres films du MCU. Une maîtrise du rythme qui rappelle celle de James Gunn, tout comme l’univers coloré, volontairement factice pour appuyer l’aspect croquignolesque de l’aventure. Ajoutons à cela des personnages bien écrits (sauf la méchante, bête noire des films Marvel) et une bande son très ancrée dans les années 80 et nous avons un film aussi fun que jouissif.

Les scènes s’enchainent aussi rapidement que les vannes dans un film aux moments potentiellement cultes innombrables. La scène de l’arène, déjà aperçue dans la bande-annonce, est par exemple l’une des meilleures de tous les films Marvel confondus. De même, les cameos (un peu forcés, certes) ont de quoi satisfaire les fans les plus exigeants.

Le Thor tue

Cependant, Thor Ragnarok se traîne quelques défauts qui feront grincer des dents de ces spectateurs pointilleux. Si le film arrive à se détacher de l’héritage des premiers films de la série lors des séquences sur Sakaar, il renoue avec ses démons dès qu’il revient en terrain connu. Par exemple, la mayonnaise tourne un peu lors des séquences sur Asgard. Nous sommes bien loin de l’horrible Thor Le Monde des Ténèbres dans ces séquences, mais Waititi a beau se démener, il n’arrive pas à créer l’étincelle dans ces scènes.

La scène de l’arène va incontestablement marquer

De même, il traîne tous les boulets des films Marvel, comme une histoire sur des rails qui ne dévie jamais, un antagoniste mou du genou ou un format épisodique qui ne permet pas de l’apprécier sans avoir vu les autres productions du studio. Enfin, Thor Ragnarok dispose d’un défaut qui n’est pas de son fait : il passe après deux films Gardiens de la Galaxie. Disposant de la même esthétique ainsi que du même humour qui cherche à tordre les codes du MCU, il a forcément moins d’impact que les aventures du raton laveur et cie. Mais cela n’enlève rien à ses qualités humoristiques.

La magie s’envole lors des séquences sur Asgard

Verdict

Arrivant à redonner un coup de boost à la saga un peu marginale du MCU, Ragnarok adapte brillamment l’arc mythique en y ajoutant assez de choses nouvelles pour surprendre et divertir. Plus qu’une adaptation réussie, Ragnarok est un excellent film à l’ambiance bariolée et à l’humour qui fait mouche à chaque fois. Le plus grand regret reste le dernier tiers assez faible en comparaison du reste de l’aventure.