Critique

[Critique] Taxi 5: La prochaine fois, on prendra un Uber

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Henri le

Vingt ans après l’opus réalisé par Gérard Pirès, Taxi 5 tente de souffler un vent de fraîcheur sur la saga phocéenne. Mais il a bien du mal à passer la seconde.

Comédie emblématique des années 2000, Taxi a permis à Luc Besson de donner sa vision du buddy movie à la française. Ce film d’action décomplexé porté par le duo Naceri/Dienfenthal aura d’ailleurs été usé jusqu’à la corde, sclérosant au passage la carrière des deux acteurs.

Il aura fallu attendre une douzaine d’années pour qu’Europa Corps et TF1 se décident, en jouant sur la nostalgie, à réactiver la licence. Conscient des mutations opérées par la comédie française depuis tout ce temps, les studios ont choisi Franck Gastambide pour réaliser et jouer le rôle principal de ce nouvel opus.

Copyright John Waxxx © 2017 / T5 PRODUCTION / ARP / TF1 FILMS PRODUCTION / EUROPACORP / Tous droits réservés

Un choix plutôt judicieux vu le succès remporté par Les Kairas et Pattaya, deux films particulièrement rentables assumant leur statut de caricature grossière et inoffensive. En choisissant de faire table rase des épisodes passés, Gastambide aborde l’ADN de la série avec le même humour potache que ses anciens longs-métrages.

Muté à Marseille contre son gré, Sylvain Marot rejoint une équipe de police municipale composée de bras cassés. L’ex-commissaire Gibert devenu depuis maire de la ville (tout arrive) lui confie pour mission d’arrêter un gang d’Italiens, qui braque des bijouteries à bord de Ferrari. Pour les arrêter, il va devoir coopérer avec un chauffeur de VTC qui va lui prêter un ancien taxi blanc bien connu.

Copyright John Waxxx © 2017 / T5 PRODUCTION / ARP / TF1 FILMS PRODUCTION / EUROPACORP / Tous droits réservés

Une fois n’est pas coutume, le réalisateur a décidé de s’entourer de la majorité du casting de son précédent film. Seuls quelques visages comme celui de Bernard Farcy (le commissaire) nous rappellent qu’il s’agit du cinquième épisode d’une saga. Cela parait normal vu que l’ensemble des acteurs était particulièrement jeunes lors de la sortie du film. Abandonnant de manière assez flagrante un scénario déjà insipide, le natif fait le pari de la comédie totale.

Mais contrairement au ridicule sosie de Vin Diesel qu’il incarnait dans Pattaya, il oublie de se mettre en scène. Épaulé par une fatigante galerie de stéréotypes, composée pêle-mêle d’un nain dragueur, d’une obèse nymphomane ou d’un déficient mental, son personnage est le seul à agir normalement. Gastambide en remet d’ailleurs une couche en nous gratifiant de plusieurs scènes scatologiques assez gênantes, même pour les adolescents qui semblent être le public visé.

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Dans ce capharnaüm, on retient néanmoins la prestation de Bentalha, qui est le seul véritable atout du film. Son énergie « debbouzienne » permet de maintenir certains des gags à flot, et inverse par ailleurs le rapport établi dans les autres Taxi, où le rôle du simplet était tenu par Diefenthal. Le film multiplie les cameos (Soprano, Rene Maleville, Bengous mais pas Mohamed Henni) sans véritablement s’en servir. On aurait aimé que « le grand village » marseillais serve à autre chose que de la figuration.

C’est d’autant plus dommageable que les scènes d’action s’avèrent décevantes, alors qu’elles représentaient auparavant un des principaux intérêts de la série. Les courses-poursuites se résument à un ensemble de plans accélérés censé nous faire ressentir la vitesse, mais on a vu beaucoup mieux au sein même de la saga.

La seule collision visible fait pâle figure face au monstrueux carambolage du pont de Bir-Hakeim lors du second opus. L’endettement de la société de production de Luc Besson n’y est peut-être pas pour rien…

Notre avis

Bien qu’il inspire la sympathie, Franck Gastambide a bien du mal à insuffler sa touche potache à une saga qui manquait déjà de souffle. L’humour scato et les clichés ressassés empêchent le film de décoller malgré les facéties amusantes de Malik Bentalha. Le manque d’ambition des scènes de cascade, autrefois emblématique de la série, ne permettent jamais de racheter l’ensemble. La ville de Marseille méritait mieux, les spectateurs aussi.

L'avis du Journal du Geek :

8 réponses à “[Critique] Taxi 5: La prochaine fois, on prendra un Uber”

  1. Petite précision, c’est Gastambide avec Bentahla qui sont allé voir Besson en lui demandant de réaliser ce film, je ne pense pas qu’à la base il avait l’intention de déterrer cette licence.

  2. pour moi le meilleur des 5! Enfin un taxi ou on ne s’ennuie pas !! On a rigolé tout le long! Certes on est pas dans un film d’intellectuel mais qu’est ce que c’est agréable de rigoler de tout et n’importe quoi !! Et contrairement à tous les autres, tous les moments marrants ne sont pas dans la bande annonce ce qui fait qu’on est surpris  par des moments de rigolade tout au long du film et pas seulement 3 ou 4 fois

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