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Critique The Flash : après la chute, la reconnaissance grâce à Netflix ?

Véritable bide au box-office, The Flash s’offre une seconde jeunesse sur Netflix. Il est à la sixième marche du classement de la plateforme américaine. Faut-il le (re)voir ?

Cette critique a été publiée en juin 2023. 

Dire que Barry Allen a pris son temps avant de faire une véritable entrée au cinéma est un doux euphémisme. Dans les années 80, Warner Bros ambitionne de consacrer un métrage à l’homme le plus rapide du monde, mais n’arrivera jamais à concrétiser ce projet. Plus de vingt ans après ce premier essai, et avec de nombreux projets avortés dans ses tiroirs, les studios confient en 2004 l’écriture et la réalisation d’un nouveau film à David S. Goyer (Batman : Begins).

Entre temps, la série des années 90 et les productions animées comme La Ligue des Justiciers ont participé à forger la légende du super-héros au-delà de ses comics. Ryan Reynolds était envisagé pour le rôle principal avant que la machine ne s’arrête brusquement pour différends créatifs. Il faudra attendre 2014 pour la rumeur d’une nouvelle tentative ne circule. Ezra Miller est invité et fera même quelques apparitions dans Batman v Superman puis Suicide Squad. C’est néanmoins le film Justice League : Dawn of Justice qui permettra au public de véritablement se faire une idée de sa prestation.

À l’époque, l’année 2018 est avancée comme date de sortie et ce sont Phil Lord et Chris Miller qui sont à l’écriture. Les deux scénaristes n’ont pas encore présenté le film qui forgera leur réputation de solides artisans super-héroïques, à savoir Spider-Man Across the Spider-Verse. Ils vont finalement quitter le navire quelques mois plus tard. Le ballet des scénaristes et réalisateurs ne prendra fin qu’en mars 2019 lorsque Andy Muschetti et Christina Hodson s’emparent de cette adaptation libre de Flashpoint.

Ezra Miller et Sacha Calle dans The Flash
Crédits : Warner Bros

L’univers cinématographique de DC commence déjà à éprouver quelques difficultés, la réception critique du dernier film de Joss Whedon et Zack Snyder n’est pas des plus élogieuses. Aquaman, malgré le raz de marée qu’il représente à sa sortie, n’a non plus récolté les louanges. Peu importe, DC veut accélérer les choses et offrir à Barry Allen sa première aventure solo.

Une question se pose néanmoins, The Flash compte-t-il parmi les héros impossibles à transporter au cinéma ? Techniquement déjà, sa vélocité demande de sérieux effets numériques. Ensuite, l’arc narratif dont le film entend s’inspirer n’est pas des plus légers. Son voyage dans le multivers et son infinité de possibilités nécessitent un certain talent pour l’écriture.

Un film qui ne sait pas sur quel pied danser

Initié en 2011 sur papier glacé, l’arc Flashpoint avait pour vocation d’offrir un reboot à une majeure partie de l’écurie DC. Sous la plume du génial Geoff Johns et le crayon d’Andy Kurbert, les comic-books ont rebattu les cartes et donné naissance à un tout nouvel univers baptisé New 52 (publié en France sous le nom de collection DC Renaissance, à ne pas confondre avec sa suite baptisée DC Rebirth). Son adaptation débarque aussi à un moment clé pour DC Films qui prépare le début d’une toute nouvelle saga sous la direction de Peter Safran et James Gunn.

À l’heure des films de super-héros sérialisés, The Flash aurait logiquement dû s’imposer comme un bol d’air frais. Il n’a rien à installer pour la suite puisqu’en dehors de Blue Beetle et Aquaman 2, le calendrier du DCEU est désespérément vide. Tant mieux, le récit va enfin pouvoir se pencher simplement sur le parcours de son héros.

Crédits : Warner Bros

Après les événements de Justice League, Barry Allen se contente des basses besognes. Lorsque Batman sème le chaos et sauve Gotham, The Flash doit faire le ménage. Il va néanmoins se découvrir de nouvelles aptitudes. Grâce à sa vélocité, il peut remonter dans le temps et changer le cours des choses. À l’approche du procès de son père, il décide de tout mettre en œuvre pour sauver sa mère décédée des années plus tôt. Le bénéfice est double, il va pouvoir lui empêcher une mort certaine tout en évitant que son paternel ne soit accusé d’homicide. Mais un tel voyage peut avoir de lourdes conséquences et sa réalité va en être bouleversée.

Superman n’existe pas, et lorsque le Général Zod débarque sur Terre, personne n’est capable de sauver notre bonne vieille planète bleue. Ni une, ni deux, Barry Allen va chercher de l’aide auprès de Batman. Lorsqu’il se retrouve face un vieillard, que les fans reconnaitront comme la version de Michael Keaton, il n’a d’autre choix que de former une nouvelle équipe de sauveurs.

La promesse d’une réunion d’anciennes et nouvelles têtes était belle. Néanmoins, alors que le multivers semble être devenu en quelques mois la priorité numéro un de nombreuses licences, The Flash pouvait pâtir d’une concurrence trop rude sur ce volet. Et c’est précisément ce qui est à déplorer à la découverte du film. Le métrage arrive seulement quelques semaines après la claque Spider-Man : Across the Spider-Verse et n’a clairement pas la virtuosité scénaristique du dernier-né de Sony. Le film porté par Ezra Miller avance sans but, il est vain.

The Flash et Batman
Crédits : Warner Bros

La narration n’arrivera jamais à donner corps au parcours de son héros et aux traumatismes qui l’habitent. Le film reste à distance, ne s’attarde pas sur les événements qui ont forgé son héros. Il préfère jouer avec ses références et ses clins d’œils. Cet utilitarisme devient plus prégnant lorsque Michael Keaton apparaît. Si son introduction n’est pas dénuée d’intérêt, les rares bonnes idées du récit sont aussitôt balayées de la main pour donner naissance à un gloubi-boulga indigeste.

Sorte de Retour vers le Futur aliéné, qui aura d’ailleurs droit à une référence assez peu subtile, The Flash s’englue dans un trop-plein narratif. Pourtant, au milieu de ces nombreuses zones d’ombre, quelques éclaircies viennent rattraper le spectateur en plein vol. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de faire se rencontrer deux Barry Allen, l’un forgé par les années et la souffrance, l’autre à l’insolence et l’innocence attendrissante. The Flash aurait sans doute dû se contenter de raconter la rencontre de ces deux êtres alternatifs et le poids de leur passé respectifs, plutôt que d’évoluer autour de ces easter-eggs.

Pied au plancher

Sa narration mise de côté, The Flash n’est pas indigne d’intérêt. Andy Muschietti s’amuse à tordre l’iconographie du protagoniste déjà mis en scène par Zack Snyder. Alors que le premier choisissait de montrer sa puissance à travers la lenteur, le second fait un pas de côté pour illustrer sa vitesse sous différents prismes. La narration embrasse sa dimension comique et la réalisation de Muschietti s’inscrit en parfaite symbiose avec cette idée. La première scène était plutôt prometteuse.

Mais le métrage est rapidement rattrapé par son rythme épileptique et ses effets numériques particulièrement disgracieux. Si le réalisateur n’a pas à rougir de sa mise en scène, les effets visuels polluent sa copie. Les doubles numériques n’ont pas encore atteint un degré de réalisme suffisant pour occuper l’espace pendant plus de deux heures et The Flash nous embarque bien malgré lui vers les méandres de la vallée de l’étrange.

The Flash réalisé par Andy Muschietti
Crédits : Warner Bros

Pourtant, ces effets numériques à première vue assez immondes ont aussi permis de donner naissance à l’une des scènes les plus marquantes du film. Avec une certaine virtuosité, The Flash parvient à illustrer le voyage dans le temps comme rarement auparavant. Cette scène est néanmoins très vite oubliée lorsque se déploie devant les yeux médusés des spectateurs une orgie de VFX dignes d’une série The CW. Si Grant Gustin n’a pas eu l’opportunité de faire un caméo, l’esthétique kitsch de sa série a été mise à l’honneur.

Un casting qui a bon pied, bon œil

Ezra Miller avait déjà plutôt bien réussi à donner corps à Barry Allen dans ses précédentes apparitions. L’acteur·rice continue sur sa lancée et déploie une énergie de tous les instants pour faire vivre son super-héros. Sa double performance est assez remarquable, aussi bien sur le versant comique que dramatique. Iel n’est pourtant pas aidé·e par un scénario qui ne semble que très rarement lui offrir l’occasion de faire une démonstration de ses talents.

Face à lui, Michael Keaton parait beaucoup s’amuser à jouer les héros à la retraite, forcé de renfiler le costume une dernière fois. Reste qu’il a souvent tendance à voler la vedette au reste du casting, Sacha Calle qui fait sa première apparition dans la peau de Kara Zor-El alias Supergirl en particulier. Si sa performance est plutôt convaincante, son personnage est écrasé par l’intrigue et les nombreuses cases du divertissement multiversel que le film tente de cocher.

Il est sans doute l’heure de tourner la page pour DC. Les attentes concernant le reboot de James Gunn sont immenses chez les fans, qui n’ont pas vraiment eu quelque chose d’intéressant à se mettre sous la dent dans la licence principale. Les seules propositions dignes d’intérêt se sont faîtes en marge de la Justice League, comme avec Joker ou The Batman par exemple.

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Notre avis

The Flash file à toute allure vers l’échec. Andy Muschietti fait ce qu’il peut derrière la caméra pour donner vie aux premières aventures solo de Barry Allen. Il parvient parfois à livrer des scènes convaincantes, mais est freiné par un scénario sans consistance,écrasé sous le poids de ses références et easter-eggs. Un cirque inconséquent qui confirme que DC doit se détacher de ses héros - même si Ezra Miller est plutôt bon.ne - pour explorer de nouveaux horizons.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 4 / 10
17 commentaires
  1. Je ne sais pas d’où vous sort le fait que l’attente des fans a propos du reboot est énorme. Les fans ont été dégouté par Warner qui comme a son habitude détruit des saga sans ménagement.

    Les fans voulait une poursuite du Znyderverse et ont clairement fait entendre leur mécontentement lorsque Henry Calvil et toute dont équipe ont été rangé au placard. Et je pense que tout fan ne peu rester de marbre lorsque la Warner décide de produire des films et une nouvelle saison d’une série basé encore basé sur cette univers alors qu’ils annoncent le mettre au placard.

    Pour les fans, il n’y a aucune attente, la franchise DC a toujours été géré n’importe comment et ce n’est pas en nous sortant un Batman dépressif avec la carrure d’une ablette qui par magie prend 40 kg de muscle lorsqu’il enfile son costume que les fans vont croire que ça va changer.

    RIP DC universe

  2. Je rêve ou ya un gus qui vient de cracher sur michael keaton aka le meilleur batman ever parce qu’il n’est pas bodybuildé comme les 9/10eme des super heros tous plus génériques les uns que les autres?
    Et franchement le snyderverse désolé mais il puait du fion hein. Bon cela dit vu les films de gunn je nattend rien de dc, hélas, ses gardiens de ma galaxie ou son suicide squad étaient plus que mauvais. On va attendre que ça sorte sur netflix ou amazon, comme n’importe quel marvel ou dc.

  3. Comme d’habitude je ne suis absolument pas d’accord avec vous. Décidément…

  4. “même si Ezra Miller est plutôt bon.ne”
    en français ça donne quoi?

  5. Je ne comprends pas pourquoi le Flash de l’univers Arrowverse ne joue pas dans le long métrage.

  6. “même si Ezra Miller est plutôt bon.ne”
    correctif : plutôt bon.

    C’est pas difficile pourtant et ça l’est encore moins pour écrire des âneries pareilles…

  7. “même si Ezra Miller est plutôt bon.ne” …

    Dernier article que je lis sur ce site après plus de 10 ans.

  8. Ezra Miller est non binaire. L’utilisation à la fois du masculin et du féminin est donc normal. Il répond au pronom iel.

  9. Non-binaire ça ne veut rien dire. Ce gars est un homme, violent, harceleur et avec pas mal de casseroles à son actif.

    Bizarre de ne pas mentionner tout ça, on dirait qu’on oublie vite l’homme derrière le personnage dans certains cas.

  10. Alan
    on veut pas de tes inventions, respecte la langue française

  11. Vous pourriez arrêter avec ce iel ? Ce n’est pas français.
    L’académie française qui s’occupe de gérer notre belle langue ne le reconnait pas, et le qualifie d’effet de mode.

    Le journal du geek est généralement truffé de fautes d’orthographe ou de grammaire involontaires, mais celle-ci est volontaire. Alors arrêtez svp…

  12. Utilisation d’écriture inclusive pour un gars qui veut faire son intéressant en déclarant qu’il est non-binaire. Adieu JDG, ce fut un plaisir de vous lire durant toutes ces années.

  13. ”Iel n’est pourtant pas aidé·e par”

    ok je me casse c’est fini le journal du geek
    je sais pas dans quelle poubelle vous trouvez vos pigistes mais c’est de pire en pire les articles

    d’ailleurs changer de nom car geek c’est genré…

  14. Je ne voudrais pas déraper de sujet, mais le genre n’est pas une alternative , comme veulent le faire croire quelques bobos Californiens qui ont sortis ça de leur cerveau psychédélique torturé, c’est juste un truc qu’on a dans son ADN, le reste relève de la psychiatrie…
    sinon, à part ça, les avis publics sont assez partagés, et quel plaisir de retour Keaton !!

  15. Faut dire il n’y a rien d’étonnant, c’est la même qui a mis 5 étoiles aux anneaux de pouvoir, donc clairement faut pas s’attendre à des critiques ou articles de qualité quand tu vois le niveau….

  16. Heureux de voir que le monde tourne encore un peu rond et que je ne suis pas le seul choqué de voir l’auteur massacrer la langue française avec ces inepties de langue inclusive qui rende illisible le tout.
    “iel” sérieusement, comme le dit quelqu’un avant moi, merci de noter les casseroles et encore il s’agit d’un euphémisme s’agissant des affaires judiciaires dont on parle, que se trimballe E. Miller.

    bref je dis également adieu au JDG, c’est la dernière fois que je consulte votre site et vu le chemin emprunté, je ne m’en porterai que mieux.

Les commentaires sont fermés.

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