Passer au contenu

Avec son énorme casting, ce polar bien noir est Top 1 Netflix et on en a pour notre argent !

Il m’entraîne, Au Bout de la Nuit. Qui ça ? Qui ça ? Le Netflix de l’envie. Un bon petit polar mené par Keanu Reeves et un casting cinq étoiles s’est incrusté dans les meilleurs visionnages de la plateforme, alors forcément, on y jette un œil !

Comme dirait notre collègue, en période de forte canicule, rien de tel que Keanu Reeves pour vous filer un petit coup de chaud supplémentaire. On ne partage pas forcément son opinion, mais il faut reconnaître que cela fait plaisir de revoir le Keanu d’avant John Wick, celui qui tirait d’abord et posait les questions ensuite. Ah, comme John Wick en fait.

Ce qui n’empêche pas Au Bout de la Nuit de retrouver une nouvelle jeunesse sur Netflix puisque le film se glisse à la seconde place du Top 10 films de la plateforme de streaming, voire même en tête du podium si on enlève la catégorie documentaire. En même temps, lorsque l’on voit le nom du réalisateur derrière cette production de 2008, on ne devrait pas être étonnés. David Ayer (Bright, Suicide Squad, Fury) est l’un des chouchous du service SVoD, dans le sens où son nom s’impose régulièrement parmi les programmes favoris, anciens comme nouveaux, des abonnés.

Avec son énorme casting, ce polar bien noir est Top 1 Netflix et on en a pour notre argent !
© 20th Century Fox

C’est bien joli tout ça, mais qu’est-ce que ça vaut ?

Le synopsis d’Au Bout de la Nuit

Tom Ludlow est un flic efficace travaillant pour l’Ad Vice, une unité spécialisée de la police de Los Angeles. Il aime bosser seul, la nuit, tout en flirtant régulièrement avec l’illégalité pour de meilleurs résultats. Un mode de fonctionnement qui lui vaut l’animosité du capitaine de l’IGPN (Hugh Laurie), la police des polices, qui cherche à prouver que le service est corrompu. Heureusement, Ludlow peut compter sur son chef, le capitaine Jack Wander (Forest Whitaker), qui le couvre systématiquement.

Au Bout De La Nuit 4
© 20th Century Fox

Lorsque son ancien coéquipier est assassiné, Ludlow devient le principal suspect. Alors que Wander lui conseille de faire profil bas, il désobéit et mène sa propre enquête. Bien qu’il sente que quelque chose cloche, il se confronte très vite à un mur de secrets infranchissable.

Est-ce que ça vaut le coup ?

Avant de prendre goût à Jason Statham qui tabasse du quidam, David Ayer a construit son début de carrière avec du polar hard boiled avec des flics des deux côtés de la barrière. Scénariste sur Training Day, Dark Blue, S.W.A.T. Unité d’élite ou même Fast & Furious premier du nom, il débute derrière la caméra avec Bad Times, porté par Christian Bale. Au Bout de la Nuit est son deuxième long-métrage en tant que réalisateur et s’inscrit directement dans cette mouvance.

On doit reconnaître qu’on préfère largement le cinéaste dans ce style. Ayer sait comment filmer une ambiance âpre tout en insufflant de la nervosité à ses scènes. Les séquences violentes ne manquent pas de cruauté, voire d’un certain sadisme, créant ainsi une claustrophobie autour du personnage de Ludlow, dont chaque décision semble mener au pire. Au Bout de la Nuit est un film rugueux qui aime mettre à mal un casting pourtant éclatant, au milieu du soufre et du sang.

Au Bout De La Nuit 6
© 20th Century Fox

C’est peut-être là la seconde réussite du film. Avoir une distribution cinq étoiles où se mêlent Keanu Reeves, Forest Whitaker, Hugh Laurie, Common, Naomie Harris, Terry Crews, Amaury Nolasco ou même ce cher (et jeune) Chris Evans. Que des têtes connues, débarrassées de leurs strass hollywoodiens pour plonger dans la crasse morale. Si on peut regretter que certains rôles ne soient clairement pas assez exploités – on est à deux doigts de demander une adaptation en série par Netflix –, tous jouent le jeu à la perfection. Reeves et Whitaker ont beau survoler leurs camarades, les personnages secondaires profitent de chaque séquence pour exister et tous laissent leur marque sur l’atmosphère lugubre du film.

Si vous aimez la série The Shield, Au Bout de la Nuit pourrait passer pour son équivalent cinématographique, bien qu’il puisse sembler un brin prévisible dans le genre, avec des rebondissements qui n’ont rien de réellement originaux. Toutefois, l’opération fonctionne grâce à la plume de l’un des maîtres du polar, James Ellroy, qui s’occupe lui-même d’adapter ici son roman, en compagnie de Kurt Wimmer et Jamie Moss.

Au Bout De La Nuit 3
© 20th Century Fox

L’auteur/scénariste signe un récit cochant chaque code attendu avec un savoir-faire évident. On se prend au jeu et bien que l’on devine le résultat, on se plaît à remonter un fil qui multiplie les obstacles sans perdre notre intérêt par son souci du détail. Les enjeux moraux, les enjeux légaux, Au Bout de la Nuit travaille ses dilemmes et navigue dans les zones grises comme un poisson dans l’eau.

Un long-métrage qui n’a rien de révolutionnaire, mais qui traite chaque aspect de son récit, de son image, de ses personnages, avec soin. On se rend compte que le temps a défilé plus vite que prévu et lorsque le générique tombe enfin, on commence à lister toutes ces questions dont on n’a pas encore eu les réponses. Comme si on avait assisté à un récit au milieu d’un autre bien plus vaste et qui laisse à notre imagination le soin d’explorer. Au bout de la nuit, on verrait bien ce que donne le jour.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode