Critique

[Alors on regarde ?] The Punisher S2 : Jouissance sado-masochiste ou affligeante punition ?

L'avis du Journal du Geek :
Série

Par Julien Paillet le

Alors que l’on a récemment appris l’annulation des séries phares estampillées Marvel sur Netflix, la saison 2 de The Punisher arrive en ce début d’année 2019 sur la plate-forme vidéo. La première cuvée était honorable à défaut d’être franchement mémorable. Que penser de cette nouvelle aventure de l’anti-héros torturé et ultra violent ?

Après avoir vengé sa famille et laissé vivant son ancien ami Billy Russo à la suite d’un face à face final à la brutalité sauvage, Frank Castle, en partie délivré de ses tourments, croise cette fois-ci la route de Amy (Giorgia Whigham, aperçue dans 13 Reasons Why). Cette jeune adolescente est poursuivie par d’étranges tueurs professionnels et il va lui apporter son aide tout en tentant de découvrir à quelle organisation criminelle elle s’est mêlée.

Parallèlement à cette entrée en matière assez classique, Russo, traumatisé et défiguré par son dernier affrontement, tente de se reconstruire à l’aide d’une psychiatre. Mais l’homme, à l’état mental instable et en partie amnésique, ne tarde pas à se mettre sur la trace de son agresseur dans le but de lui faire payer sa barbarie. Tel est le postulat de départ de ce second périple sanglant du justicier portant en lui l’héritage du Charles Bronson d’Un justicier dans la ville.

Il n’y a parfois rien de plus rageant que de voir un univers au potentiel extraordinaire être complètement saboté. Malheureusement, il faut ici peu de temps avant de comprendre que la saison 2 de The Punisher n’atteindra jamais le niveau que l’on était en droit d’attendre d’elle.

Fais-moi mâle

S’ouvrant sur une course poursuite lambda où Frank et Amy résistent aux assauts armés de malfrats, la série paraît afficher dès ses toutes premières images ses plus lourdes imperfections. Dénué de souffle, d’émotion et de la moindre idée visuelle et narrative, ce bref prologue laisse augurer du pire pour la suite. Un sentiment qui va se vérifier tout au long d’une intrigue de 13 épisodes d’une cinquantaine de minutes perclus de défaillances scénaristiques.

Mal rythmé en raison d’une formule mécanique qui enchaîne scènes dialoguées inintéressantes et payoff convenus voire frustrants, le show se montre incapable de véritablement bâtir une structure en crescendo. La sensation, bien réelle, d’assister alors à d’incessantes cassures au sein des enjeux dramatiques du récit vient ainsi rapidement perdre le spectateur. Comme si l’histoire ne parvenait jamais à vraiment prendre son envol en faisant monter progressivement la tension et, par la même occasion, la rage animant ses sombres héros.

Un triste constat dont les racines se situent à de multiples niveaux dramaturgiques. Certaines thématiques sont pourtant passionnantes et parfois puissamment universelles (la nature humaine est vouée à la souffrance plutôt qu’au bonheur) mais elles ne se révèlent jamais dans un tout cohérent. De fait, au lieu de lier correctement son propos et le parcours de ses protagonistes, la série préfère verbaliser en dilettante ses quelques réflexions philosophiques façon intellect du pauvre.

S’ajoute à cela un aspect nanardesque qui arrive, oh miracle, à faire regretter les médiocres versions cinéma de 2004 et 2008. Hormis une relation père-fille aussi stéréotypée que superficielle entre Castle et Amy, l’une des plus grandes désillusions de cette saison réside dans l’absence totale de charisme de ses deux grands méchants. Jigsaw/Billy Russo rappelle, un cran au- dessus dans la folie, le Anakin Skywalker de la prélogie Star Wars dans sa personnalité d’adolescent énervé tout sauf effrayant. Pas aidé par un maquillage raté et dénué d’originalité, l’antagoniste de Castle pâtit de surcroît de l’interprétation surjouée et peu crédible de Ben Barnes (Westworld).

Quant à Josh Stewart dans le rôle d’un bad guy tuant ses victimes en récitant des passages de la Bible, il semble tout droit sorti d’une version anesthésiée de Banshee et d’une série Z à la Steven Seagal. Se voulant tour à tour mystérieux, badass, sadique mais avec un fond plus humain pour le rendre ‘‘complexe’’ parce que ça fait plus intelligent, ce nouveau personnage se vautre allégrement dans le premier degré solennel et trop sérieux pour au moins distraire/amuser.

Netflix, royaume de la platitude plastique

A l’image de la plupart des productions directement créées par et pour la plateforme vidéo, The Punisher ne brille pas non plus par sa mise en image. Dénuée d’un vrai point de vue d’auteur et/ou de faiseur capable de transcender quelque peu un scénario mal écrit, la réalisation impose ses propres limites à une vitesse grand V. Il n’y a qu’à observer avec dépit la pénurie iconique de l’œuvre. Ce travers parcourait déjà la saison 1 mais il prend ici des proportions quasi-impardonnables.

Il suffit de compter le nombre d’apparitions dérisoires du rôle titre dans son fameux costume orné d’une tête de mort sur le torse. Pire, lorsque celui-ci se dévoile enfin à l’écran, l’opportunité d’apposer un souffle mythologique et épique à l’anti-héros se trouve presque instantanément réduite à néant. Un gâchis digne d’un DTV à la mise en scène interchangeable.

On retiendra, tout de même, quelques scènes d’actions réussies : une courte séquence de combat dans une salle de musculation où les coups se donnent et se rendent à l’aide d’haltères en pleine poire et un gunfight dans une chambre d’hôtel par murs interposés. Mais cela ne suffit pas à sauver un Punisher, banal produit désincarné au lieu du divertissement hard-boiled qu’il aurait pu et dû être.

Notre avis

Fidèle au niveau devenu assez faible des productions Marvel made in Netflix, The Punisher saison 2 échoue à donner véritablement vie à l’un des arcs narratifs les plus emblématiques du comics. Trop longue, souvent creuse, lorsqu’elle ne devient pas totalement grotesque, cette suite ne vaut que pour ses quelques séquences d’action plus ou moins efficaces (et encore...) aux excès gore conservés. Une amère déception donc, mais ne fallait-il pas s’y attendre ?

L'avis du Journal du Geek :

10 réponses à “[Alors on regarde ?] The Punisher S2 : Jouissance sado-masochiste ou affligeante punition ?”

  1. les séries marvel, sur netflix, sont affligeantes et à contre emploi quand on lit les bd. daredevil, jessica jones, luke cage (saison 2) sont d’un ennui mortel. on est loin de l’action qui rime les aventures des héros sur papier. netflix a voulu faire un truc intello avec daredevil: on se fait ***** l’esthétique est belle mais on s’ennuie ferme. qu’ils assument leur côté entertainement comme le fait DC avec Arrow, Flsh, Titans ! Cette dernière série est par ailleurs réussie mêlant action et propos qui font réfléchir.

  2. Qu’est ce qu’il ne faut pas lire comme bétise ! Les productions de la CW ne sont que des teens shows larmoyant, des soaps de bas étages portés par des acteurs en roue libre, le tout avec une réalisation digne d’un nanard. Loin de faire honneur aux comics qu’ils adaptent ils s’enferment dans les pires pathos n’étant qu’un prétexte aux romances cucul la praline. Titan est quand à elle désservie par une intrigue en roue libre avec un fil conducteur peu abouti n’étant qu’un prétexte à l’incursion de ci de là de second couteaux de l’univers Dc sans que ça ne servent le plot. Daredevil demeure de très loin ce qui se fait de mieux dans le genre.

  3. Autant la saison 1 de Daredevil, j’ai adoré. La Saison 1 de Jessica Jones, j’ai bien aimé. Déjà avec Luke Cage, ça commençait à sentir le roussi… méchant au rabais et assez ridicule, qui hors mis citer la bible n’est franchement pas dingue… Iron Fist lui est une purge pure et simple. Les defenders, ben à ***** hein désolé… Mais sous couvert de “grande menace” qu’est la main, au final t’as pas grand chose à te mettre sous la dent. Puis arrive les saisons 2… Dardevil, correct sans plus. Luke Cage, meilleure que la saison 1 à mon sens. Iron Fist, même pas regardé, pas eu le courage, et Punisher saison 1 par contre, j’ai adoré, il me tardait vraiment de voir la 2, et là pour le coup… Bah votre critique m’a un peu calmé, je la regarderais si j’ai vraiment pas mieux à faire ^^

  4. dardevil est le syndrôme de cette branchouille extrême. ils ont surjoué sur le côté instable du personnage créant des problèmes là ou il y en a pas. au final ca donne quelque chose de long et pénible à regarder. il y a bien une part de combat psychologique dans la BD mais à l’écran c’est trop mis en avant : on a l’impression de regarder un film français… Pour titans tu te trompes: ils ont réussi, à mon sens à poser les bases de la série. ils n’ont pas tout miser sur Robin et ont introduit des personnages secondaires très intéressant ! Dans cette série les héros principaux ne le sont pas tant que ça. l’atmosphère pesante et esthétique qu’ils ont réussi à installer mérite le compliment.

    Quant à Arrow et Flash, c’est sur CW donc c’est un traitement volontairement divertissant. Dans ce domaine ils ont réussi.

    Marvel ils surexploitent les super héros et ca devient abominable en série. Les Inhumains est tout simplement abject.

  5. J’ai l’impression que de temps en temps le JDC “retourne sa veste”…
    Voici votre critique de la saison 1 en 2017 :
    “Pour la première fois, le héros a enfin une oeuvre à sa mesure à l’écran. Violente et intelligente, la série de Netflix bouscule les codes mis en place par la première saison de Daredevil et montre que le MCU peut se montrer encore plus sombre et réaliste. Une réussite totale qui apporte une nouvelle facette à un MCU déjà bien exploité.”

    Et maintenant, comme netflix a décidé d’arrêter les séries marvels (bon pour m’a part seule Daredevil et punisher sont bonnes, les autres sont passables), le JDC “chie” aussi sur le punisher maintenant.

    C’est un peu pareil pour daredevil.
     Voici la critique de la saison 3 datant d’octobre 2018 :
    “Habitée par ses fantômes du passé aussi bien dans la forme que dans le fond, cette saison 3 de Daredevil souffre de nombreux handicaps. Toutefois, on ressent une vraie envie d’aller de l’avant et de nous offrir quelque chose de plus ambitieux. Ce n’est pas parfait, mais on a retrouvé ce plaisir un peu perdu au fil du temps face aux productions Marvel / Netflix, ce qui est déjà un exploit.”

    et maintenant :
    “Fidèle au niveau devenu assez faible des productions Marvel made in Netflix”

    J’ai un peu du mal suivre. Il faudrait un minimum de cohérence.

  6. Je suis assez d’accord avec ton avis. J’ai trouvé la saison 3 de Daredevil tres bien et elle n’etait pas du tout redondante avec les premieres saisons contrairement à ce qu’ils ont dit… On croirait presque que les mecs qui font les critiques n’ont pas vues les autres saisons tellement certaines remarques sont dénuées de sens…

  7. Death Wish est sorti aux USA en Juillet 1974, le Punisher lui  est apparu dans Amazing Spider-man avec Ross Andru aux déssins de février 1974, donc le film avec Bronson est antérieur.

    L’inspiration viendrait  de Mack Bolan The Executioner, une série de romans sur un  Vigilante.

    Chris Kyle (donc American Sniper s’inspire) avait orné la tête de mort du Punisher sur les uniformes de ses mercenaires.

  8. J’interviens jamais mais là, il le faut !

    Votre critique manque totalement d’objectivité. Comme dit dans un commentaire précédent, on a l’impression que vous “retournez votre veste” suite aux multiples annonces d’arrêt des séries Marvel sur Netflix.
    Alors certes, certaines sont d’un ridicule affligeant (Iron Fist, Defender) d’autres plutôt ennuyeuses (Luke Cage 2, Jessica Jones 2) MAIS pour la critique de ce Punisher 2, vous êtes totalement, mais alors totalement à côté de la plaque. A tel point qu’on se demande si vous avez vraiment regardé les épisodes (au moins dans de bonnes conditions ! C’est sûr que si vous avez maté la série dans le métro sur un smartphone …).
    Franchement ce Punisher 2 est même meilleur que la première saison qui a su se montrer longuette avec cette ambiance très huit-clos.
    Dans la saison 2 on a des personnages psychopathes, violents à souhait (Frank Castle inclus …) comme l’ambiance “Punisher”.
    On peut tout au plus critiquer le script de la gamine qui est un peu lourd parce qu’on se pose bien 2 ou 3 questions sur elle, enfin je ne vais pas spolier non plus !

    Bref, il est clairement impossible d’avoir encensé autant la saison 1 et descendre de cette façon la saison 2. Y a une incohérence totale dans votre ligne éditoriale du coup.
    Un peu comme Daredevil 3 qui est CLAIREMENT meilleur que la saison 2 avec ses conneries mystiques de “La Main” et “Elvira-rez-par-un-chamy-full-stuff”.

  9. Ouaip , en general je prends votre avis en sens inverse pour avoir une idée de ce que je regarde et a 80% du temps ca loupe pas , du coup pour le 5 etoiles de dragons 3 j’ai un peu peur !

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