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Sur Netflix, ce thriller mal-aimé connaît le succès et c’est (un peu) mérité

Le catalogue Netflix se nourrit autant de programmes originaux que d’oeuvres nées à une époque où le streaming n’existait pas encore. De quoi permettre, pour certaines, de regagner les grâces d’un public l’ayant boudé à l’époque. Et parfois, c’est presque mérité.

Quand on regarde le top 10 films de Netflix à l’heure où l’on écrit ces lignes, un petit sourire se dessine immédiatement sur le coin des lèvres. À côté des sorties récentes de la plateforme de streaming comme Apex, on se rend compte que c’est dans les vieux pots que le public semble trouver les meilleures confitures. Quasiment tous les films du classement ne sont pas des productions du service SVoD et on y trouve autant de comédies françaises que de gros navets qui sentent le slip sale (le Ben-Hur de 2016, c’est de toi qu’on parle).

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Mais ce n’est pas le chauvinisme de voir un Didier Bourdon et un Franck Dubosc se tenir la bourre qui nous fait sourire. C’est de voir au sein de ce top, deux madeleines de Proust de la série B, de celles que l’on savait pas très digestes à l’époque tout en ayant cette furieuse envie du fast-food sale et bien gras. Avec Vertical Limit et Profession Profiler, c’est toute une partie de notre adolescence mise en avant sur Netflix.

Sur Netflix, ce thriller mal-aimé connaît le succès et c'est (un peu) mérité
© Gaumont Columbia Tristar Films

Et comme Vertical Limit est clairement un film à (re)voir (pas de débat), on a décidé de se pencher à nouveau sur Profession Profiler, réalisé par Renny Harlin, le papa de Cliffhanger. Profession alpinisme.

L’histoire (trop cool) de Profession Profiler

Le scénario de Wayne Kramer et Kevin Brodbin rappellera aux lecteurs assidus les Dix Petits Nègres d’Agatha Christie. Roman dans lequel dix personnes se retrouvaient sur une île et étaient assassinées les unes après les autres, toujours d’une façon différente.

Ici, on embarque des jeunes recrues du FBI et un inspecteur de police pour une ultime épreuve avant de devenir profiler. Leur mission, sous la supervision de Jake Harris, est de localiser un meurtrier au sein d’une ville fantôme. Sauf qu’un véritable serial killer se cache parmi eux et que ce qui n’était qu’un test devient un compte à rebours mortel. Comment parvenir à travailler en équipe lorsque l’un d’eux les élimine un par un ?

Pourquoi on peut s’en passer

Avant même de rentrer plus en profondeur dans le long-métrage, il faut admettre plusieurs choses. La première : on n’y peut rien, l’intrigue de Profession Profiler fonctionnera toujours sur nous comme un appeau. Réunir la crème des analystes psychologiques pour transformer ça en Attrap’Souris sadique dans une sorte de croisement entre le thriller à la Seven et le côté mort violente à la Saw, on trouve l’idée aussi absurde que géniale. La seconde : le titre originale, Mind Hunters, est bien plus efficace. Enfin, ce n’est pas la première fois que l’on revoit le film et pourtant, on l’oublie à chaque fois. Ce qui est rarement un bon argument, certes.

Sur Netflix, ce thriller mal-aimé connaît le succès et c'est (un peu) mérité
© Gaumont Columbia Tristar Films

Il est indéniable qu’entre les mains d’un scénariste et/ou d’un réalisateur plus porté sur la subtilité, Profession Profiler (ce titre…) aurait pu devenir un classique du genre. En l’état, on l’a dit, le récit est surtout une bonne excuse pour voir Harlin s’amuser comme un sale gosse bourré de sucre. Tout est grossier, le montage nous offre parfois des scènes réellement pénibles et incompréhensibles (les échanges de tir dans le dernier acte) et on a un paquet de séquences de sadisme gratuit.

Une fois que l’action se déclenche, la cohérence est planquée dans le placard et toute la dimension psychologique semble écrite par un véritable profiler du haut de ses 7 ans. L’âge de raison, nous dit-on. Et combien d’idées ne tiennent pas leurs promesses ? Il y a un océan de potentiel inexploité par Harlin, à commencer par son décor et son casting en dilettante. Pourtant, il y a du beau monde : Val Kilmer, Christian Slater, LL Cool J

Pourquoi il faut le voir quand même

Parce qu’on aime quand Harlin s’en fout de ce genre de considérations. Le cinéaste a prouvé avec 58 Minutes pour vivre, Cliffhanger, Peur Bleue et bien d’autres qu’il sait emballer un divertissement avec l’idée que c’est le meilleur film du monde. Chaque séquence, même la plus absurde, est pensée et conçue comme si elle devait être le pinacle du long-métrage. Et quand, parfois, l’intention va avec le résultat, alors Profession Profiler a réellement un sacré charme.

Sur Netflix, ce thriller mal-aimé connaît le succès et c'est (un peu) mérité
© Gaumont Columbia Tristar Films

Dans sa manière d’éliminer son casting, dans l’ordre des morts, dans l’imagerie, le film sait nous surprendre et assez régulièrement pour le mieux. Si on oublie constamment l’identité du tueur, c’est peut-être parce que justement Profession Profiler sait balancer tellement de pistes à la fois, avant de les occulter pour basculer vers un côté bien plus action, il nous désoriente au point où l’on finit par se laisser avoir.

Finalement, Profession Profiler ressemble bien au cinéma d’Harlin, et plus précisément à son Peur Bleue : on sait que ce n’est pas génial, mais rien à faire, on s’amuse comme des petits fous. Et alors qu’il compte bon nombre de lacunes, on se dit qu’avec une touche de second degré assumé, le film aurait sans doute meilleure réputation. En attendant, on a vu des œuvres récentes se prendre bien plus au sérieux avec moins de panache à l’arrivée. Alors revoyez Profession : Profiler (et Vertical Limit).

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