Sur Netflix, il n’y a pas que des milliardaires qui couchent avec d’autres milliardaires sous la plume des créateurs de La Casa de Papel. Il y aussi la nouvelle série de Matt Roller, dont on retrouve le nom au générique des séries comme Community, Rick & Morty ou Archer. Soit l’un des papes actuels de l’humour référencé et irrévérencieux. Il ne nous en fallait pas plus pour nous jeter à corps perdu sur Haunted Hotel.

Haunted Hotel est une série d’animation de dix épisodes – et plus, si saison 2 – sur une famille dysfonctionnelle gérant un hôtel rempli de fantômes et autres créatures d’Halloween. Sur le papier, le sujet n’a rien de neuf et laisse penser à des séries comme Ghosts (dans toutes ses versions nationales), Hôtel Transylvanie, Hazbin Hotel… Bref, tout un tas de séries où l’hôtellerie est la seule reconversion possible pour les créatures démoniaques, fantomatiques ou macronistes. Mais on vous a déjà dit que c’était Matt Roller à la baguette ?
L’histoire d’Haunted Hotel
Sheila Freeling est une mère célibataire plutôt terre-à-terre qui se retrouve avec un énorme problème sur les bras. La gestion d’un hôtel intégralement peuplé de fantômes et autres monstres cauchemardesques. Et elle a bien du mal à tenir tout ce petit monde dans les rangs, d’autant que l’établissement peine à rapporter le moindre sou.

Pour l’aider, elle ne peut compter que sur son frère, éternel optimiste pas très doué et accessoirement mort, son fils aîné enthousiaste, mais peu futé, sa fille adepte de magie noire toujours dans les mauvais coups, et le rejeton adoptif, un démon enfermé dans le corps d’un petit garçon du XVIII siècle.
Série familiale qui ne ferait pas de mal à une mouche
Les dix épisodes d’Haunted Hotel passent comme une lettre à la poste. On sent que Roller a l’expérience de son sujet et propose une intrigue par épisode, tout en maintenant ce fil rouge de la famille désunie qui va petit à petit se confier, se reposer les uns sur les autres. Cela donne des moments d’humour, des moments d’émotion, l’un parfois prenant le pas sur l’autre en fonction du récit actuel.
On retrouve une écriture de personnages qui a fonctionné tellement de fois, comme celui de l’enfant à la fois machiavélique et immature (Cartman dans South Park, Stewie chez Les Griffin, d’une certaine manière Roger dans American Dad, etc.), le duo d’adultes qui ne se comprend pas, mais s’aime quand même, l’éternelle victime, etc. Ce n’est pas un défaut puisque cela créer une dynamique qui a fait ses preuves encore et encore. D’autant que l’on peut compter sur un casting vocal extrêmement solide et très à l’aise dans ces rôles, assez habituels dans leurs filmographies respectives, comme Will Forte (The Last Man on Earth) et Eliza Coupe (Happy Endings).

Pour son propre bébé, on sent que Roller ne veut pas reproduire la recette éternellement et, assez étrangement vu la matière qu’il avait à disposition, évite de surcharger son récit de références métas. Haunted Hotel n’est pas Rick & Morty et s’il y a quelques petits clins d’oeil au cinéma horrifique ou aux histoires de fantômes, ils ne remplissent pas l’espace narratif ou visuel. L’auteur signe un show accessible, que tout le monde peut comprendre. Ce qui sous-entend que les blagues ou la dimension fantastique sont réglées pour que petits et grands puissent partager l’expérience, à quelques exceptions plus ciblées. Ce n’est pas Rick & Morty, ce n’est pas non plus Archer.
Et c’est peut-être ça qui cause du tort à Haunted Hotel. Elle n’est pas. Pas assez drôle, parce qu’aucune blague ne laisse un souvenir impérissable et il y a plusieurs bons gags sous exploités. Pas assez émotionnelle, car ses moments plus intimes sont balancés dans la grande majorité au milieu d’autre chose, comme s’il ne fallait pas y attacher d’importance. On cite par exemple l’origin story d’Abaddon, énoncée comme une liste de courses sans sentiment. Pas assez terrifiante pour ne pas se priver d’un public plus jeune, malgré une galerie de monstres assez originaux. Pas assez mature pour qu’on tienne une nouvelle série d’animation pour adulte référence.

Malgré toutes les inspirations citées en début d’article, on rapprocherait Haunted House de The Great North, une série d’animation Disney+ sur laquelle nous sommes tombés un peu par hasard. C’est ce que représente le show, un programme sur lequel on peut tomber un peu par hasard, pas déplaisant, mais incapable de jouer dans la même cour que les géants du genre. Tout y est trop lisse, sans aucune méchanceté, sans esprit de révolte. Une série Netflix qui fait sourire et s’oublie.
Difficile de le dire autrement, Haunted House est sympa. Comme un rencard qui se passe bien, sans que cela provoque cette petite étincelle qui amènera une suite. Une suite à laquelle la série semble malheureusement croire, alors que de notre côté, on fait à nouveau défiler les programmes de l’appli Netflix, en quête d’une nouvelle rencontre plus excitante. C’est pas toi, c’est moi.
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