Si on a décidé de nous poser devant Une Journée incontrôlable (Playdate en version originale, plus simple) sur Prime Video, c’est davantage pour satisfaire une curiosité que par espoir d’une bonne tranche de rigolade. Il faut dire qu’Alan Ritchson, le colosse de Reacher, allant dans le registre comique, on attendait de voir. De l’autre côté, on n’espérait pas grand-chose de son duo avec Kevin James, acteur assez peu populaire par chez nous.
Pour notre défense, il faut également reconnaître que la plateforme de streaming nous sert des programmes d’action-espionnage à dose quasi-hebdomadaire, mais niveau comédie, le service d’Amazon n’est pas des plus fiables. On a autant pu être très agréablement surpris par McWalter, trouver plaisant faute de mieux Heads of State ou s’ennuyer ferme devant Jackpot. Et on n’oubliera jamais que Le Jardinier était sur Prime Video. Jamais. Alors allez savoir à quelle sauce Une Journée incontrôlable s’apprêtait à nous manger…

Brian (Kevin James) vient d’être renvoyé et c’est l’occasion de passer plus de temps avec son beau-fils de dix ans (Benjamin Pajak) avec lequel il ne partage quasiment aucune passion. Au parc, ils rencontrent Jeff (Alan Ritchson), un autre père au foyer, et son fils CJ (Banks Pierce) qui leur proposent de se joindre à eux pour la journée. Brian était loin de s’imaginer qu’ils se retrouveraient bientôt poursuivis par une armée de mercenaires cherchant à les tuer.
1 / Alan Ritchson dansant sur du vieux hip-hop
“Son père était grand et sa mère devait être un bison d’Amérique”. Voilà comment Kevin James tente d’expliquer la carrure imposante d’Alan Ritchson. L’acteur est connu pour un physique de colosse et un penchant pour les rôles énervés, incarnant parfaitement Jack Reacher dans la série éponyme de Prime. Mais comme John Cena nous le prouve continuellement, il ne faut pas juger un acteur sur la taille de son biceps, et on apprécie voir Ritchson sortir de sa zone de confort. Pas que la star n’ait jamais eu de penchant comique, plusieurs de ses personnages avaient ce petit mot pour rire, mais il n’avait encore jamais épousé le genre si frontalement.

Il faut bien constater qu’il s’y montre particulièrement à l’aise et mouille le maillot dans ce rôle de grand dadais humainement constamment à côté de la plaque malgré ses compétences tactiques. Il est quasiment à l’origine de chaque trait d’humour du film, qui peut pourtant compter sur l’expérimenté Kevin James, étonnamment en retrait. Alors on sent bien qu’il n’a pas l’aisance d’un Cena par exemple, néanmoins son plaisir de jeu se ressent à l’écran, comme s’il se sentait libéré du poids de l’enjeu dramatique. Si vous voulez voir Reacher desserrer la mâchoire, c’est par ici que ça se passe.
2 / Par le scénariste de Scrubs, Community, Notre Belle Famille…
Le film a essayé de se vendre sur la présence du réalisateur Luke Greenfield à la caméra, papa de The Girl Next Door ou encore du sympathique Cops : les forces du désordre (pardon pour les titres français). Sauf que si ce dernier emballe efficacement la marchandise, le beau rôle doit être accordé au scénariste Neil Goldman, qui a participé à des projets comme Notre Belle Famille, Les Griffins, Community, Scrubs ou encore Shrinking.

Un habitué du genre dans des productions à la qualité reconnue qui permet à Une Journée incontrôlable de sortir du lot. Sous sa plume, ce qui aurait pu être une comédie d’action grasse voire limitée joue la carte de l’absurde à fond les manettes dans un show burlesque où la bêtise arrive à chaque plan, sans qu’on la devine. D’une référence à Jurassic Park, Die Hard, en passant par une armée gueulant un “Nous sommes les Spartiates !” sorti de nulle part ; d’une tentative de câlin se transformant en baston père-fils jusqu’à une course-poursuite en forme de Carpool karaoké… Il y a beaucoup de raisons de sourire et même de rire devant le long-métrage.
Alors certes, son intrigue est éventée minute deux, mais le film démontre continuellement son sens du rythme et il se passe toujours quelque chose à l’écran. On peut parfois trouver des raisons de lever les yeux au ciel, mais rarement de s’ennuyer.
3 / Des personnages secondaires hilarants
Au-delà de nos deux têtes d’affiche, il y a du beau monde dans Une Journée incontrôlable. On ne vous divulguera rien hormis ceux que l’on peut déjà voir dans la bande-annonce comme Isla Fisher, Alan Tudyk ou Sarah Chalke. Il faut être honnête, aucun n’a vraiment d’importance à l’écran et on pourrait couper leurs scènes sans se sentir en peine.
Néanmoins, il est très drôle de les voir, l’espace d’un instant, se prêter au jeu de ce joyeux bordel. Tudyk en parodie d’Elon Musk, Fisher en mère au foyer se croyant dans un Fast & Furious… Chacun de ces personnages donne l’impression d’être dans un cartoon sans queue ni tête, jusqu’à une mascotte forceur de câlin. Autant d’éléments de grand n’importe quoi qui justifie le titre du film et… notre plaisir aussi, il faut l’avouer.
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