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Critique Last Samurai Standing : la série qui tabasse Squid Game sur Netflix

Tiens, voilà du bourrin et cela tombe bien, c’est tout ce qu’on venait chercher en entamant les six épisodes de Last Samurai Standing. Une série Netflix qui ne ment pas sur la marchandise.

Trois cents samouraïs s’affrontent dans un combat à mort et il ne pourra en rester qu’un. Dès les premières images, Last Samurai Standing faisait une promesse, celle de trancher dans le vif avec un Battle Royale au katana en compagnie de personnages aux allures de héros de shōnen. C’est ici que pour l’auteur de ces lignes, tout s’arrête.

Il serait légitime de lever les yeux au ciel devant le titre de l’article, dénonçant l’exagération de ce dernier. Quant à l’idée de meilleure série tout court, la couronne 2025 a déjà été remise à Adolescence il y a plusieurs mois. Néanmoins, il convient ici de partager un sentiment très loin de la distanciation de la posture critique. Tout avis est subjectif. Le nôtre, le vôtre, et on appelle souvent ici à ce que vous nous partagiez votre propre analyse de l’œuvre dans un élan de convivialité. Dans le cas présent, on va tenter de brosser les qualités et les défauts de la série Netflix avec le plus de recul possible, mais pardonnez-nous par avance si cela s’avère plus compliqué que d’ordinaire.

Critique Last Samurai Standing : la meilleure série Netflix de l'année ?
© Netflix

Pourquoi ? Parce que pour votre serviteur, le pitch de Last Samurai Standing est déjà l’équivalent en soi d’un gamin arrivant dans un magasin de jouets avec la consigne de prendre tout ce dont il a envie. Alors, imaginez si le résultat est à la hauteur de l’attente. Pour le dire autrement, chaque mot qui va suivre ne comporte que très, très peu d’objectivité. C’est Noël avant l’heure et sans la musique de Mariah Carey !

Nous sommes en 1878 et le visage du Japon est en train de se transformer. Les samouraïs ne sont plus acceptés dans cette nouvelle société et beaucoup deviennent des vagabonds, des vauriens. 292 d’entre eux répondent à l’appel d’un tournoi où le gagnant remportera la somme de 100 milliards de yens. Pour tenter sa chance, il faut aller de Kyoto à Tokyo en récoltant les plaques d’autres participants en chemin. Un jeu mortel auquel participe Shujiro Saga, ancien samouraï craint et renommé, poursuivant aujourd’hui un but personnel.

Critique Last Samurai Standing : la meilleure série Netflix de l'année ?
© Netflix

Last Samurai Standing, comme son titre l’indique

S’il y a bien une chose que le paysage sériel ou cinématographique ne manque pas depuis un certain temps, ce sont bien les intrigues à base de compétition mortelle. Le Battle Royale est à la mode, que ce soit en jeu vidéo (Battlefield 6 vient de lancer sa première saison consacrée), sur les plateformes (Squid Game, Alice in Borderland) ou en salles (Marche ou Crève peut être considéré ainsi). Donc, oui, il est difficile de ne pas voir que derrière cette production japonaise inspirée des romans de Shogo Imamura, il flotte comme un petit parfum de marketing qui pourrait faire dire aux lassés du genre « encore ?? ». Oui, encore.

Ce n’est pas parce que l’époque diffère que le show n’entend pas respecter les mêmes codes. On retrouve certains stéréotypes du genre comme un mépris de classe ; des participants vertueux et d’autres belliqueux ; ceux qui vont tenter d’échapper aux règles, par peur ou par stratégie ; et une organisation omniprésente qui semble intouchable et sans faille. On joue et on tente de comprendre le qui et le pourquoi pour trouver une porte de sortie, c’est la base du Battle Royale, on en change juste le nom.

Critique Last Samurai Standing : la meilleure série Netflix de l'année ?
© Netflix

Ce qui n’empêche pas Last Samurai Standing de jouer de sa spécificité, y compris à ce niveau. Mettre en scène des épéistes amène une violence des combats parfaitement retranscrite où le sang coule souvent abondamment. Certaines scènes n’hésitent pas à flirter avec la ligne du gore pour coller à l’esthétique guerrière. On apprécie le travail de l’acteur Jun’ichi Okada, incarnant Shujiro, qui a également participé à la série en tant que chorégraphe en chef des combats. Ces derniers sont particulièrement dynamiques, avec une touche de modernité dans les mouvements, et chaque affrontement va avoir sa particularité.

Il faut également saluer la réalisation qui varie les plaisirs en nous offrant de beaux duels comme des effets de foule, de l’intimiste au théâtre public, et n’hésite pas à se laisser à quelques plans-séquences à l’occasion. Si on peut regretter que certains combattants ne soient pas assez mis en avant ; que quelques échanges de civilités ne prennent pas assez le temps de s’installer pour une tension supplémentaire, du reste, Last Samurai Standing nous offre tout ce que l’on était venu chercher.

Critique Last Samurai Standing : la meilleure série Netflix de l'année ?
© Netflix

On n’échappera pas à ce petit côté manga avec des protagonistes haut en couleur aux looks et aux styles de combat bien identifiés, incarnés par des acteurs parfois en surjeu. Mais est-ce qu’au fond ce n’est pas aussi ce que l’on attendait ? Absolument.

Un Japon sur le fil de la lame

Cependant, il ne faut pas croire que Last Samurai Standing se contente de n’être qu’un récit de bagarre. Outre les quêtes personnelles des participants, le scénario fait une belle place à la société japonaise elle-même et aux mutations qu’elle connaît, notamment par son biais politique.

Critique Last Samurai Standing : la meilleure série Netflix de l'année ?
© Netflix

Oui, il y a une vraie intrigue en fil rouge et l’action ne se déroule pas uniquement du côté des porteurs de sabre. La série entend raconter un pays qui ne sait pas encore comment concilier son passé et son présent, laissant un futur incertain. Quand les banquiers remplacent les guerriers, que faire des seconds, souvent inadaptés ? Et s’il peut être dommage de revenir régulièrement sur les exactions causées par la caste des samouraïs au sommet de sa puissance, sans les montrer, on apprécie cette peinture parfois loin de l’image romantique qu’on leur prête. Certes, on n’est pas au niveau d’écriture de Shogun, mais était-ce vraiment le but recherché ici ?

Les six épisodes qui composent ce premier chapitre (ouf, il devrait y en avoir un deuxième) passent à une vitesse folle et on achève cette fournée avec l’envie d’y revenir vite. Bon, connaissant Netflix, même si rien n’a été officialisé à l’heure où on écrit ces lignes, on sent qu’il s’agit en réalité d’une seule et même saison de douze épisodes coupée en deux. On sent aussi qu’à l’heure de la diffusion, les premières images d’une saison 2 apparaîtront pour une sortie prochaine. Mais c’est peut-être l’enfant en nous qui parle et qu’il veut rester dans le magasin de jouets.

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Notre avis

Au moment de se décider pour la note finale accordée à Last Samurai Standing, faut-il être dans une posture critique reconnaissant les qualités et les défauts de la série ? Ou laisser parler le fan en nous qui vient d'avoir sa dose de sucre par intraveineuse et qui ressemble désormais à un accro en manque ? Oui, le show aurait pu être encore plus bourrin, mais il aurait surtout pu être beaucoup moins bien.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 9 / 10

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