On pensait pourtant en avoir fini avec eux. Eux, ce sont les Cavaliers, quatre magiciens d’exception réunis sous les ordres de l’Œil, une société secrète qui exploite leurs dons pour l’artifice, le spectacle et la triche pour faire tomber des sociétés et des entrepreneurs véreux. Une noble mission toujours au centre de l’intrigue de la saga Insaisissables.

Après un deuxième épisode qui avait livré toute une fournée de réponses – le passé de Damien Rhodes (Mark Ruffalo), celui qui réunit les Cavaliers dans le premier, le vrai rôle de Thaddeus Bradley (Morgan Freeman) – on avait laissé les quatre Cavaliers face à un escalier en colimaçon formant le symbole de l’Œil. Et, à priori, une ambition commune de percer ce mystère, mais aussi de voler, chacun, de leurs propres ailes.
La jeunesse (un peu trop ?) au pouvoir
Mais Hollywood aime bien faire durer les sagas et surtout leur donner un coup de jeune. Insaisissables n’échappe pas à la règle. En plus du casting originel du premier opus – plus deux petites surprises, assez évidentes à deviner finalement, on retrouve surtout trois nouveaux Cavaliers, recrutés pour leur capacité à imiter les anciens. Ariana Greenblatt (June), Dominic Sessa (Bosco) et Justice Smith (Charlie) incarnent cette nouvelle vague, qui utilise évidemment tous les moyens modernes à leur disposition.
On remarquera d’ailleurs qu’une fois de plus, après Pokémon : Détective Pikachu ou encore Donjons et Dragons, le dernier cité a véritablement la propension à jouer les surdoués manquants cruellement de confiance en lui. En clair, on a un peu l’impression de voir Justice Smith toujours jouer la même chose. Cela tombe bien, car finalement, c’est aussi le credo de ce film, qui ne fait que répéter ce que les deux autres volets nous ont déjà proposé. Mais en moins bien.
Un casting XXL, mais pourquoi faire ?
Au catalogue du déjà-vu, voire du déjà fait, Insaisissables 3 rejoue la carte tentée par Jurassic World: le monde perdu, qui avait mélangé casting passé avec de nouveaux acteurs. Pour le succès critique qu’on lui connaît. Le plaisir est bien là au moment de retrouver Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Isla Fisher et Dave Franco. L’ennui, c’est que leur impact sur le film est finalement minime. Les Cavaliers du passé ne sont que des suiveurs, aux vagues allures de mentor et tous ne partagent pas la même importance dans ce film d’ailleurs.

Daniel Atlas et Henley, dont le film n’a (un peu trop) de cesse de vouloir justifier son absence dans le deuxième et saluer son retour dans celui-ci, sont les mieux lotis. De retour lui aussi, Morgan Freeman vient passer une tête, pendant une bonne vingtaine de minutes, sans vraiment de justification réelle – tout comme la séquence dans laquelle il apparait, qui se résume finalement à un concours d’ego entre la nouvelle et l’ancienne génération de magiciens – , si ce n’est celle de justifier son cachet et de donner une source de motivation en plus aux Cavaliers dans leur quête ultime : dérober le joyau le plus précieux au monde et, par ricochet, exposer une organisation criminelle spécialisée dans la revente d’armes.
Un film qui ne décolle jamais vraiment finalement
La première partie du film, entre retrouvailles et exposition des enjeux, est clairement la meilleure. La deuxième, elle, peine sérieusement à embrayer. Parce que l’écriture des personnages patine, elle aussi. Parce que voir les anciens Cavaliers jouer les faire valoir déçoit. Parce que, finalement, si les effets spéciaux suivent, aucun tour n’est véritablement spectaculaire, pas au niveau du moins des anciens volets. Parce que la réalisation manque de quelque chose, de ce petit brin de folie, de personnalité et d’énergie qu’avaient les autres épisodes, confirmant qu’après avoir massacré Venom et malgré la présence de deux de ces acteurs fétiches de Bienvenue à Zombieland, Ruben Fleischer n’a pas la même magie que Louis Leterrier ou Jon Chu.

Toutefois, on notera quand même certains passages franchement drôles… alors qu’ils ne l’étaient probablement pas à l’origine. Une partie du film se déroule en France et certains acteurs, à l’image de Woody Harrelson, se prêtent au jeu ( avec un “Coucou Poulet” absolument incroyable en pleine course poursuite avec les forces de l’ordre) de la langue de Molière. Surtout, ce qui est drôle, et malheureusement à leurs dépens, c’est la performance des acteurs français engagés dans cette fameuse partie, qui dénotent totalement avec le reste du casting. Bref, voir un policier se faire prendre par un des tours des Cavaliers n’est pas foncièrement drôle, mais ces répliques et son jeu d’acteur le sont. Cocorico.
L’impression de déjà-vu est présente aussi à la fin, avec un final qui mêle un peu de nouveauté, dans sa révélation et beaucoup de redite, dans sa construction. Rosamund Pike, dans son rôle de grande méchante tantôt naïve, tantôt froide et manipulatrice, donne tout ce qu’elle peut et le fait bien, mais elle ne peut masquer les défauts et sauver les apparences d’un film qui continue à entretenir certains mystères, qu’ils n’étaient plus forcément nécessaires de résoudre. À l’arrivée, on ne s’ennuie pas certes en regardant Insaisissables 3, mais on ne peut nier qu’on risque de l’oublier bien vite. Et ce ne sera certainement pas par magie.
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