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[Dossier] Final Fantasy : pourquoi son univers est-il (presque) éternel ?

Final Fantasy : une bande de mythos

Par killy le

Malgré un bestiaire et un univers propres, Final Fantasy emprunte de nombreux éléments à diverses mythologies. Shiva, Ifrit, Leviathan, inspirations nordiques dans certains noms d’armes ou d’armures, références shintoïstes, la série se nourrit d’un environnement imaginaire universel dans lequel chacun peut piocher en fonction de ses connaissances et de sa culture. Mais la force de Final Fantasy est d’avoir su concevoir un ensemble de personnages, créatures et divinités qui disposent d’une force d’évocation similaire. Un avantage issu d’une volonté de conservation, passant par la compréhension de ce qui compose un jeu de la série. Comme les axiomes des contes médiévaux, chaque épisode réutilise des morceaux d’une source d’imaginaire commun en en modifiant la combinaison.

Hansel et Gretel
Hansel et Gretel

Si des objets ou des créatures amicales sont les plus courants, à l’image des bateaux-volants, des chocobos, des mogs mais aussi un bon paquet d’ennemis – ahriman, behemoth, tomberry, etc – des patronymes passent aussi la barrière des épisodes. C’est notamment le cas de Cid, qui telle une figure héroïque rattachée du Moyen-Age, Arthur ou Robin des Bois, recouvre une identité différente au fil des histoires. Des pierres solides pour un édifice qui se construit à chaque itération dans l’esprit du joueur habitué, soulagé de retrouver des codes qu’il connaît. Ce mélange de mythes issus de l’inconscient collectif et d’un faisceau de légendes propres, permet de créer un ensemble de liens, d’accroches, auxquels un large public peut s’arrimer. Une mythologie moderne similaire à celle mise en place par Disney. Dans un registre bien plus grand public et surtout dirigé vers les enfants, ces productions américaines, tout du moins dans la catégorie long-métrage, utilisent des bases communes. La Petite Sirène, Blanche-Neige, La Belle au Bois-Dormant, sont issus de contes populaires de Grimm et d’Andersen, inscris dans un catalogue bien plus large, incluant des personnages et des univers créés de toutes pièces – Mickey, Donaldville, Fantomiald. Le tout lié avec une autre part importante de la culture mondiale : la littérature classique.

Pérenniser un univers

Le Roi Lion emprunte son récit au Hamlet de Shakespeare, Le Bossu de Notre-Dame est inspiré du roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, et fonctionnent comme le complément parfait de supports déjà existant. Tout profil, souvent visé par Disney, retrouve une zone de confort dans cet éventail d’appels aux souvenirs. Disney et Square Enix tentent chacun de pérenniser leurs univers par cet entretien de l’imaginaire et toutes les déclinaisons qui en découlent. Rien d’étonnant à ce que ces deux acteurs aient décidé ensemble il y a quelques années de fusionner cette science de conteur dans Kingdom Hearts, croisement à succès des licences Disney et Final Fantasy.

Hamlet
Hamlet