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[Dossier] Les meilleurs films d’horreur asiatiques

Cinéma

Par Henri le

Alors que le film Le Cercle – Rings s’apprête à sortir le 1er février 2017, voici un petit tour d’horizon de quelques chefs-d’oeuvre du cinéma d’horreur asiatique.

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Comme c’est le cas pour la littérature ou la peinture, le cinéma arbore les stigmates des pays qui le produisent. Chaque culture aborde en effet les grands thèmes de la vie de manière bien différente, via un prisme mêlant l’histoire et la sensibilité de chaque nation.

C’est notamment le cas de la production asiatique, qui se démarque par une vision souvent radicalement différente de ce qui se fait en occident. Le genre horrifique constitue d’ailleurs un exemple intéressant. Alors que la production violente, voire gore a bercé des millions de spectateurs dans le monde pendant des années, les deux dernières décennies ont vu l’avènement du film d’angoisse venu du Japon et de Corée.

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S’inspirant des nombreux contes et légendes de « yurei » (fantôme en japonais), ces films ont pris le parti de faire peur autrement. Grâce à une mise en scène épurée, parfois presque poétique, ils arrivent à susciter l’angoisse sans forcément tomber dans des effusions de sang. Preuve que ce que l’on imagine est souvent plus effrayant que ce que l’on voit.

[nextpage title= »Des frissons… »]

Ring (1997)

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Le premier Ring fait aujourd’hui partie des classiques du cinéma japonais. La mise en scène est sobre, mais le récit, subtil mélange de thriller et de paranormal, a très bien vieilli. L’utilisation retenue d’effets spéciaux permet de se focaliser sur l’atmosphère, qui n’a, elle, pas subi les affres du temps.

Le long-métrage introduit la figure de Sadako, une jeune fille monstrueuse qui s’attaque à tous ceux ayant visionné une étrange cassette vidéo. Son apparence est aujourd’hui devenue emblématique du cinéma d’épouvante, au même titre que Freddy ou Ghostface, le tueur en série de la saga Scream. Le film a d’ailleurs connu un vrai succès d’estime en Europe, où le public des années 2000 semblait se lasser de la production plus gore venant d’Amérique. Cet engouement rouvrira la brèche des films de genre asiatiques, qui sont sortis de manière plus régulière dans les années qui ont suivi.

The Strangers (2016)

Les précédents films de Na-Hong Jin (The Chaser, The Murderer) ont toujours su trouver un public varié, mais The Strangers pourrait en perdre quelques-uns en route. S’il prend une bonne demi-heure à se mettre en place, le long-métrage décolle à un niveau rarement atteint dans le cinéma coréen. L’action pure laisse place à un patchwork des genres déstabilisant.

Le tout commence comme une enquête sérieuse pour se transformer en un film surnaturel, où bouillonnent les mythes et légendes des pays asiatiques. Le tout est enrobé dans un soupçon de religion. Une proposition de cinéma visuellement ébouriffante à laquelle on pense longtemps après visionnage. Une expérience mystique, que tous les amateurs de films asiatiques se doivent d’avoir vus.

Kairo (2001)

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Kairo est sans doute le plus grand film de Kiyoshi Kurosawa. Il se démarque lui aussi par la simplicité de son récit tout en capturant l’essence d’une époque. Avant son suicide a priori inexplicable, un informaticien laisse une disquette contenant un virus d’un nouveau genre. Ce dernier a en effet le pouvoir de modifier le comportement des victimes, qui sont de plus en plus nombreuses à disparaitre après avoir vécu d’étranges visions.

Comme la majorité des autres films de cette liste, Kairo privilégie l’atmosphère et les bruitages plutôt que les jumpscares. Les plans sont toujours sombres, parfois encombrés d’objet, et poussent le spectateur à être attentif aux détails. Ici, l’avènement de l’informatique est vu comme une sorte de malédiction, qui écarte les gens plutôt que de les rapprocher. Cet outil si utile au quotidien pourrait-il rendre amorphes les populations… Jusqu’à les transformer en fantôme ? Vous l’aurez compris, Kairo suscite peur et réflexion.

[nextpage title= »…venus d’Extreme-Orient »]

Kwaidan (1964)

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Kwaidan est désormais considéré comme un monument du cinéma japonais des années 60. À travers quatre contes fantastiques, Masaki Kobayashi livre une leçon de mise en scène sur le thème de l’amour, de la mort ou du courage. Les apparitions fantomatiques font toujours écho à l’art ancestral de la culture nippone. Les plans ressemblent à des estampes tandis que les dialogues renvoient directement au théâtre nô. La justesse de la photographie en fait encore aujourd’hui une oeuvre très regardable.

Avec une durée de 2 h 45, le film prend son temps, mais la variété des histoires permet de toujours maintenir l’attention du spectateur. Tour à tour effrayants ou contemplatifs, ces quatre récits tissent également un résumé historique de la société japonaise du XIIe siècle. Ou comment lier angoisse et élégance.

Deux Sœurs (2003)

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Assez peu connu en Europe, Deux Sœurs est considéré comme véritable classique du cinéma coréen. Il faut dire que le film de Kim Jee-Won ne manque pas de qualités. Il marque la montée en puissance du réalisateur, qui continuera de convaincre par la suite avec A bittersweet Life et Le bon, la brute et le cinglé.

Ce drame horrifique revisite de vieilles histoires de fantôme asiatique tout en livrant une réflexion assez dure sur l’environnement familial. Sans jamais savoir si ce qui se passe à l’écran est vrai, le spectateur se retrouve confronté à un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. La photographie est superbe et certaines scènes provoquent une forme de peur primaire, presque enfantine. Un conte poétique et troublant.

Dark Water (2002)

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Hideo Nakata ne s’est pas arrêté après le succès du premier Ring. Quelques années plus tard, il réalise Dark Water et séduit une nouvelle fois le public. Moins axé sur la peur visuelle, ce long-métrage préfère distiller l’angoisse par petites touches, comme un thriller doté d’une atmosphère plus pesante.

On y découvre l’histoire de Yoshimi Matsubara, une mère divorcée qui élève seule sa fille dont elle a la garde. Après avoir déménagée dans un appartement plus grand, elle se rend compte que ce dernier est insalubre et prend l’eau. Alors que les problèmes s’accumulent, ses visions cauchemardesques deviennent de plus en plus réelles.

Nakata explore toujours le fantastique, mais décide de donner une tonalité dramatique au récit. On est touché par l’histoire de cette femme qui veut garder la tête hors de l’eau socialement, alors que cet élément en question rentre physiquement chez elle. Dark Water alterne efficacement les scènes d’angoisse en tentant d’expliquer le jour les événements paranormaux survenus la nuit. On ne sait donc jamais ce qui vrai ou non… jusqu’à un final particulièrement intelligent.

Ju-On (2002)

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D’abord destinée au marché de la vidéo, la franchise Ju-On a connu un succès éclair, ce qui a poussé les producteurs à une sortie en salles. Un engouement similaire à celui de Ring, dont il partage d’ailleurs le même scénariste (Hiroshi Takahashi). Le film aura même droit à un remake américain nommé The Grudge, avec notamment la présence de l’actrice Sarah Michelle Gellar. Mais la version nippone reste de loin la plus effrayante.

Éternelle relecture de la maison hantée, Ju-On se démarque par une vision claustrophobique du logis. Contrairement à Kairo, les pièces sont peu meublées, ce qui rend les apparitions encore plus marquantes. Takashi Shimizu arrive à conserver une tension constante, et ne laisse jamais le spectateur se reposer bien que le film prenne son temps. Petite production oblige, les effets spéciaux sont réduits à leur minimum, mais l’utilisation du maquillage vieillit mieux que les effets numériques et promet encore quelques scènes bien crispantes.