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[Dossier] Ces jeux vidéo Retour vers le Futur (souvent mauvais)

Marty McCry

Par killy le

Pouvant jouer le rôle de la fanfic écrite sous le parrainage d’une marque de bière, le jeu part dans tous les sens. Marty, si c’est bien lui, se retrouve face à un bestiaire sans aucune cohérence. Sans doute que le message métaphorique du jeu est une mise en garde contre le risque des modifications dues aux sauts temporels. Ou un étalage lambda de bestioles classiques du genre pour ne pas se prendre la tête. Le pauvre jeune homme doit se coltiner plusieurs environnements vaguement en rapport avec le film, où apparaît – lors d’un décès ou pour changer de niveau – la DeLorean, seule rescapée. Peu jouable, pas bien joli et pas inventif pour deux sous, surtout en sachant que des jeux comme Super Mario Bros. 3 ou MegaMan 2 existaient déjà, Back to the Future II&III est comme ses collègues l’archétype parfait du jeu à licence qui n’était déjà là que pour promouvoir le film du même nom.

Quelques années plus tard, un certain Super Back to the Future II pointera son nez en exclusivité japonaise sur Super Nintendo édité par Toshiba (1993). Mettant en scène un Marty adepte du SuperDeformed, le jeu se déroule uniquement en compagnie de l’hoverboard, dans un jeu de plates-formes sans passion. Pas de surprise, les niveaux traversés n’ont pas grand chose à voir avec le long métrage et font même douter sur son simple visionnage par l’équipe de développement. Il faudra attendre 2010 et le premier épisode de Back to the Future : The Game, jeu d’aventure de Telltale Games, pour enfin avoir l’impression de vivre une aventure dans la lignée de la série de films. Un peu trop simples et pas forcément très développées au niveau narratif, les 5 parties se révèlent au moins fidèles au contexte et tentent de donner une suite à un Back to the Future III qui se terminait de façon un peu
abrupte.

Mais davantage qu’un chapelet de jeux qui ne joue pas en sa faveur, la série d’Universal a initié des habitudes, lancé des codes. En tant que visionnaire sur la future société de consommation et les nouvelles lubies qui la suivront – comme une soumission aux innovations technologiques « récréatives », la présence de maisons connectées, la maladie des suites cinématographiques à outrance auréolées de 3D – la saga s’est imposée comme une sorte de lentille universelle d’un avenir fun et sans danger. Pas guéri de ses problèmes, mais (trop) lumineux par des biais de divertissement. Back to the Future a marqué une génération qui est en passe de devenir celle des trentenaires-quarantenaires, désormais aux commandes dudit divertissement. De par son influence, la série s’est intégrée de plain-pied dans la création actuelle. Les clins d’oeil fleurissent autant que ceux liés à Star Wars, icônes de ces monuments de pop culture. Colin McRae, Forza 4, Halo 4, God of War, Ratchet and Clank, GTA, tous ont un petit élément qui rappelle cet univers. Les influences directes ne sont pas forcément explicites, mais associé à Terminator sorti la même année, Retour Vers le Futur a démocratisé le voyage dans le temps comme manipulation d’une époque.

Le thème est devenu ludique, accessible et grand public. Ce sont ces types de clés de création confiées au public qui aboutissent à des idées, des concepts et la simple envie de donner sa propre version. Un stimuli qui ne cesse de revenir titiller l’imaginaire et qui reste comme une étape. Il suffit de voir l’engouement autour de l’arrivée – fantasmée – prochaine de Doc et Marty à Hill Valley. Finalement le passé revient souvent dans le futur.