Dossier

[Dossier] Saga Halloween : le classement des films du pire au meilleur

De la 7e à la 4e place

Cinéma

Par Julien Paillet le

Halloween 2 (2009)


Douze mois après les terrifiantes tueries d’Haddonfield, Laurie Strode, traumatisée mais toujours en vie après avoir subit les agressions de son grand frère Michael Myers, s’apprête à replonger dans le même cauchemar. De son côté, le docteur Loomis refuse de croire que son ancien patient ait survécu. Ce dernier, bien décidé à régler ses comptes avec son histoire familiale, est néanmoins bel et bien de retour.

Suite de la prequel/relecture de Rob Zombie sortie en 2007, et remake du Halloween 2 de Rick Rosenthal, ce dixième épisode de la franchise ne s’appréhende pas comme les autres. Profondément marqué par la personnalité « white trash » de son réalisateur, le film se démarque volontairement du ton de la série pour mieux se le réapproprier. « Sur le premier Halloween, j’avais l’impression de devoir garder un certain esprit Carpenterien. Sur Halloween 2, ce n’était plus nécessaire. Le film est 100% ce que je voulais qu’il soit. Nous avons même parfois le sentiment de ne pas réaliser un Halloween. Nous n’essayons pas de donner aux gens ce qu’ils attendent. Au contraire, même. Je voulais réinventer Michael Myers, un personnage que l’on a déjà vu 2 000 fois via toutes ces suites. » Des intentions louables mais leur exécution, elle, est plus contestable. Mi-raté et mi-réussi dans son audace et sa rage affichée, ce Halloween 2 se doit d’être considéré comme à part dans la franchise. Une sorte d’outsider à l’image de son anti-héros marginal aussi charismatique que complètement fracassé.

Halloween 4 (1988)

Dix ans après le massacre commis dans Halloween et Halloween 2, Michael Myers est dans le coma. Sous haute surveillance dans un hôpital psychiatrique fédéral, il s’évade la nuit de son transfert. Le docteur Loomis, bien décidé à arrêter le psychopathe qu’il connaît depuis plusieurs décennies, se rend à Haddonfield, la ville où tout a commencé. Et où habite désormais Jamie Lloyd, la fille de Laurie Strode et la nièce de Myers. Cette dernière s’apprête, avec sa famille d’adoption, à fêter Halloween et, sans le savoir, à se confronter pour la première fois au terrible tueur.

Cerné par une bande de policiers qui lui tire dessus à coup de magnums et de fusils à pompe, Michael Myers s’effondre en arrière et tombe dans un puits de mine. Le mal vaincu, le spectateur assiste alors à ce qui s’apparente à un épilogue des plus classique. Jamie, visiblement saine et sauve et de retour dans la maison de sa famille d’adoption, écoute les mots rassurants du docteur Loomis avant que celui-ci ne se retire. Le film aurait très bien pu s’arrêter là : écran noir, générique de fin, au revoir et à l’année prochaine. Mais non. Il reste encore une petite minute au métrage pour délivrer le fameux dernier frisson, cette courte scène finale typique des bandes horrifiques censées nous effrayer au moment où l’on pensait que tout était enfin terminé.

Attention le paragraphe suivant spoile le final du film

Un plan subjectif se déroulant à l’intérieur de la maison reprend alors l’ouverture du premier Halloween en épousant le point de vue du tueur masqué et muni d’une paire de ciseaux.

Dans le calme le plus absolu, celui-ci se dirige dans la salle de bain où la mère de famille est en train de faire couler un bain. Apercevant le psychopathe, cette dernière pousse un cri en hors champ. Le docteur Loomis, que l’on pensait parti, se retourne subitement en direction du bruit et aperçoit alors en haut des escaliers une Jamie ensanglantée, un masque de clown sur le visage et une paire de ciseaux à la main. Le choc est total. Michael Myers n’était en fait pas revenu une fois de plus. C’est la jeune fille qui, traumatisée et partageant visiblement les mêmes gènes criminels que le serial killer, vient de commettre l’irréparable. Ainsi se conclut le film, qui sans ce final proche du Psychose d’Alfred Hitchcock n’aurait été qu’une redite honorable d’Halloween et Halloween 2.

Halloween 3 (1982)

Un masque d’Halloween à la main, un homme est transporté à l’hôpital après avoir été poursuivi par d’étranges personnes. Quelque temps plus tard, il se retrouve brutalement assassiné. Le docteur Dan Challis, qui s’occupait du patient maintenant décédé, tente alors de rattraper le meurtrier. Mais ce dernier se suicide dans sa voiture sous les yeux stupéfaits du médecin.

Perturbé et profondément intrigué par l’événement, Challis décide de mener son enquête. Il se rend alors, à l’aide d’Ellie Grimbridge, la fille de l’homme assassiné, dans la ville de Santa Mira où sont fabriqué les masques d’Halloween. Ensembles, ils vont découvrir que le fabricant de ces objets cherche à tuer des millions d’enfants le soir du 31 octobre.

Rejeté à l’époque et encore aujourd’hui très peu apprécié en raison de son absence totale de lien avec la licence dont il porte le nom (à l’exception de la fête d’Halloween), Halloween 3 jouit pourtant d’authentiques qualités. Exit la menace Michael Myers, le danger provient ici de masques transformant la tête des enfants qui les portent en bouillie. Un concept original, consolidé par une atmosphère parano et lugubre. Le résultat ? Une série b oscillant avec le z sauvé par sa réalisation et ses quelques images fortes. De celles-ci on retiendra dès lors un obsédant spot publicitaire à la musique entêtante (Silver Shamrock, les vrais savent) et un masque de citrouille réduisant en charpie le visage d’un jeune garçon. Une scène aussi traumatisante qu’instantanément culte.

Halloween (2007)


À la fois reboot, remake et prequel, le Halloween de Rob Zombie se divise en trois parties. La première se concentre sur l’enfance crépusculaire de Michael Myers qui conduit ce dernier à tuer une partie de sa famille. La seconde se centre sur le quotidien en centre psychiatrique du protagoniste. La troisième, quant à elle, se veut être une sorte de relecture du premier film avec le retour de Myers dans sa ville natale à l’âge adulte, et les meurtres sauvages qui s’ensuivront.

Halloween version 2007 commence par le meilleur. À savoir la description quasi documentaire du quotidien d’un enfant mal dans sa peau qui sombre peu à peu dans les ténèbres pour ne plus jamais en revenir. On voit là le parti pris très réaliste d’un Rob Zombie qui redéfinit à sa façon le personnage de Michael Myers en faisant de cette pure figure du mal — au traitement purement fantastique et conceptuel chez Carpenter — une victime collatérale d’une Amérique désenchantée et torturée. Regrettable alors de constater que la seconde moitié du métrage abandonne l’aspect psychanalytique du protagoniste pour sombrer dans le slasher légèrement trop basique pour convaincre et évoluant en permanence dans l’ombre du modèle original. Ce Halloween n’en reste pas moins un superbe prequel, à défaut d’être un tout aussi bon remake.