Dossier

Harry Potter: le classement de tous les films de la saga, du pire au meilleur

Cinéma

Par Julien Paillet le

Diffusée depuis le 1er novembre sur Netflix, l’intégrale de la série cinématographique adaptée des romans cultes de J.K Rowling revient ce mois-ci sur le devant de la scène par le biais du second opus des Animaux Fantastiques (retrouvez notre critique ici), le nouveau film de la franchise spin off d’Harry Potter se déroulant plusieurs dizaines d’années avant la naissance du sorcier à lunettes. Une bonne occasion pour le journal du geek de vous livrer aujourd’hui son classement (forcément subjectif) des meilleurs volets de la saga initiée par Chris Columbus il y a maintenant dix sept ans.

Harry Potter et les reliques de la mort – partie 1- (2010)

Le pouvoir de Voldemort ne cesse de grandir. Le Ministre de la Magie et Poudlard ne sont désormais plus des lieux sûrs. Harry, Hermione et Ron, guidés par le travail débuté par Dumbledore avant sa mort, partent alors à la recherche de puissants objets issus de la magie noire. Les seuls capables de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Commence alors pour les trois amis un périple aussi désespéré que nécessaire.

Avant dernier épisode de la saga, ce septième Harry Potter souffre indéniablement de son découpage en deux parties. Un choix effectué par les studios aussi noble que mercantile. Noble d’abord car le procédé permet d’adapter plus fidèlement le volumineux dernier roman de la série et ses quelque 800 pages. Opportuniste ensuite parce que la méthode autorise bien entendu ses financiers à créer un film supplémentaire, et donc à récolter les bénéfices qui l’accompagnent. A l’arrivée, Harry Potter et les reliques de la mort – partie 1 – propose un spectacle presque incapable de fonctionner indépendamment de sa suite.

Ressemblant plus à un mauvais film indépendant américain à gros budget qu’à l’aboutissement d’une saga épique, ce septième volet s’engonce de fait rapidement dans un rythme mortifère. La noirceur des thématiques abordées (la mort, la guerre à venir, le passage à l’âge adulte,…) paraît dès lors ne répondre qu’à une esthétique superficielle dépourvue d’ un réel travail de mise en scène  capable d’incarner les enjeux dramatiques du scénario. Un joli gâchis, tout jute sauvé par quelques images fortes, l’étreinte sexuelle entre Harry et Hermione lors de la vision cauchemardesque de Ron en tête.

Harry Potter et l’ordre du Phénix (2007)

De retour à Poudlard pour sa cinquième année, Harry découvre qu’une campagne de désinformation menée par le Ministre de la Magie se charge de nier le retour de Voldemort. Parallèlement à cela, une nouvelle professeure, Dolorès Ombrage, fait son apparition au sein de l’école dans le but de maintenir l’ordre coûte que coûte. Elle reçoit bientôt le surnom d’ Inquisitrice de la part des élèves, à cause de ses méthodes injustes et douloureuses. En secret, Harry, Ron et Hermione décident alors de fonder un groupe du nom de ‘‘L’armée de Dumbledore’’. Une communauté dont les membres vont devoir apprendre à se défendre face aux forces du mal et à la guerre imminente contre le Seigneur des Ténèbres.

Harry Potter et l’ordre du Phénix marque un véritable tournant dans la saga. A partir de cet opus, tous les films suivants jusqu’aux Animaux Fantastiques seront réalisés par un seul homme : David Yates. Strictement inconnu du grand public avant de se consacrer pleinement à l’univers des sorciers, l’homme opte avec l’ordre du Phénix pour une esthétique plus sombre et froide que par le passé qui ne cessera de s’accentuer au fil des épisodes. C’est là tout le problème de l’orientation plus ‘‘réaliste’’ choisie par Yates. Là où Alfonso Cuaron insufflait une noirceur inédite dans Le Prisonnier d’Azkaban par le biais d’une forte dramaturgie, de mouvements de caméra inventifs et d’une production design bien pensée, le réalisateur des quatre derniers Harry Potter paraît se limiter à une imagerie grisâtre et stylisée évoquant dès lors davantage la publicité que le cinéma. Un problème de vision, pour un blockbuster moyen.

Harry Potter et le prince de sang mêlé (2009)

Dans ce prélude à l’affrontement final contre Voldemort, Dumbledore et Harry Potter tentent de percer à jour les défenses du sorcier maléfique. Parallèlement à cela, les jeunes étudiants de Poudlard doivent également faire face à leur histoire de coeur. Dans ce contexte, Lavande Brown et Ron se rapprochent l’un de l’autre, tandis qu’Hermione, nouée par la jalousie, essaie de cacher ses sentiments. De son côté, Harry paraît de plus en plus attiré par Ginny Weasley, la sœur de Ron. Mais au milieu de ces problématiques adolescentes, un drame s’apprête à surgir. Un événement terrible qui changera la face de Poudlard et du monde des sorciers à jamais.

Harry et le prince de sang-mêlé aurait pu être une flamboyante tragédie et un magnifique film d’aventure intime. Malheureusement, il n’en est (presque) rien. Le récit préfère se focaliser sur les amourettes de ses protagonistes façon Twilight, au détriment d’arcs narratifs amplement plus intéressants (et de surcroît indispensables à la compréhension des suites!). On regrette alors que la jeunesse de Voldemort, l’un des enjeux les plus passionnants du roman, soit ici relégué au second plan. Un constat qui s’applique tout aussi bien à la quête ici quasiment inexistante des horcruxes, ces objets maléfiques qui permettent au sorcier qui les détient d’y dissimuler une partie de son âme pour s’assurer de son immortalité une fois son corps détruit. Ceux- là mêmes que Harry tentera de réunir dans l’opus suivant pour défaire une bonne fois pour toute Voldemort.

Passé ces amères déceptions que vient compléter un climax dénué d’ampleur, on se dit que 2h30 pour transformer Harry Potter en un interminable épisode des Feux de l’amour, c’était sans doute un peu long.

[nextpage title= »De la 5e à la 4e place »]Harry Potter et les reliques de la mort – partie 2 – (2011)

Dans cette seconde partie des reliques de la mort, les forces du bien se réunissent à Poudlard pour livrer une guerre contre les puissances du mal. Pour Harry Potter, l’heure de vérité a enfin sonné : pour vaincre définitivement Voldemort et protéger ceux qu’il aime, le jeune sorcier devra être prêt à se surpasser, et peut- être même se sacrifier.

Harry Potter et les reliques de la mort – partie 2 – signe, dix ans après le premier épisode sorti au cinéma, l’arrêt de la saga consacrée au combat entre Harry et Celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Après des épisodes antérieurs globalement décevants vis-à-vis de leur potentiel, ce chapitre final rehausse quelque peu le niveau grâce à ses nombreuses séquences d’action aux effets spéciaux techniquement impressionnants. Dommage cependant que l’ensemble peine à impliquer émotionnellement, la faute à un trop grand nombre de personnages et au découpage du roman en deux films. Difficile en effet, sans regarder la partie 1 et 2 d’une traite, de se plonger pleinement dans un récit aussi dense qui évoque de fait trop souvent le découpage d’une série télévisée, cliffhanger de fin d’épisode compris. Associé à une durée de ‘‘seulement’’ 2h10, ce qui paraît bien court au vue du nombre spectaculaire de choses à raconter, ce huitième et provisoirement dernier Harry Potter se contente donc de proposer le minimum requis. Ce qui, tout compte fait, n’est déjà pas si mal.

Harry Potter et la coupe de feu (2005)

Pour sa quatrième rentrée à l’école des sorciers, Harry se retrouve mystérieusement choisi par la coupe de feu pour participer au Tournoi des trois sorciers. Une compétition périlleuse au cours de laquelle il se retrouvera face à face avec Celui dont on ne doit pas prononcer le nom.

Pour beaucoup, Harry Potter et la coupe de feu demeure le meilleur roman de la série écrite par J.K Rowling. Une appréciation qui s’avère nettement moins applicable à son pendant cinématographique. Réalisé par Mike Newell, le cinéaste de Quatre mariages et un enterrement, le métrage souffre d’une mise en scène plate qui peine à donner vie aux séquences cultes du livre. Ainsi, les épreuves du Tournoi des trois sorciers ne réussissent jamais à traduire à l’écran le sentiment de grandiose propre à leur concept. Du combat aérien entre Harry et un dragon à un duel final où Voldemort se révèle enfin, tout manque cruellement d’envergure. Côté écriture, on notera le traitement elliptique  réservé à la coupe du monde de quidditch. Une frustration de taille, pour un film sauvé malgré tout grâce à la toute puissance du matériau littéraire d’origine.

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Harry Potter et la chambre des secrets

Un soir, alors qu’Harry est contraint de rester enfermé dans sa chambre le temps que les Dudley reçoivent des invités, un elfe du nom de Dobby lui rend visite. Ce dernier met en garde le jeune sorcier en lui disant qu’il ne doit surtout pas retourner à Poudlard cette année, car une terrible menace pèse sur l’école. Potter effectue malgré tout sa rentrée, mais des événements étranges ne tardent pas à se produire. Plusieurs élèves sont retrouvés pétrifiés dans les couloirs de l’établissement, sans que personne ne comprenne quelle est la cause de ces crimes. Harry, Hermione et Ron partent alors à l’aventure pour tenter de sauver Poudlard.

Voir Harry Potter et la chambre des secrets, c’est un peu comme revivre une nouvelle fois Harry Potter à l’école des sorciers, mais en mieux. Sorte de version 2.0 du premier film, le métrage réussit l’exploit de proposer un émerveillement de tous les instants tout en ne cessant jamais de se réinventer. Pour ce faire, son réalisateur Chris Columbus use de la méthode appliquée par James Cameron sur Terminator 2 : Le jugement dernier. Ainsi, l’art de la surenchère dans le spectaculaire et la reprise de la même structure narrative que dans l’épisode d’origine donnent lieu dans La chambre des secrets à une maestria rare. Chaque séquence de L’école des sorciers se trouve ainsi presque systématiquement supplantée par sa successeur : la partie de quidditch cède sa place à une scène similaire nettement plus intense et dynamique, le train pour Poudlard se voit remplacé par une voiture volante et la menace qui rôde sur l’établissement passe d’un professeur véreux à un mythique serpent géant. Par ailleurs, Columbus semble avoir pris avec ce second épisode des cours de réalisation. Tout est plus beau, plus maîtrisé et efficace. Un classique.

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban (2004)

Un dangereux sorcier, Sirius Black, s’échappe de la terrible prison d’Azkaban. Son but : retrouver Harry Potter et le tuer. Selon des ouï-dire, l’homme aurait livré, des années avant son incarcération, les parents du jeune sorcier à Voldemort.

En terme de mise en scène pure, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban est objectivement l’opus le mieux réalisé de toute la franchise. Virtuose dans sa technicité et son sens du découpage (plan séquence inclus), le film porte de fait la marque de son géniteur Alfonso Cuaron (Les fils de l’homme, Gravity). Un génie du 7ème art qui apporte à ce troisième volet un propos personnel et cohérent sans pour autant trahir l’œuvre de J.K Rowling. En découle un sublime récit sur le passage à l’adolescence, où la féerie des deux premiers métrages se mêlent à une maturité plus désenchantée. En témoignent les personnages des Détraqueurs, des créatures au superbe look gothique se nourrissant de la joie humaine. Une idée magnifiquement retranscrite dans le film lors de la lugubre séquence du train où l’un d’entre eux pénètre dans le wagon où Harry se trouve pour finalement l’agresser. Avec une spatialisation exceptionnelle de l’action dans un lieu étroit et une atmosphère horrifique hors pair, il n’est pas interdit de qualifier le passage de modèle du genre. Du très haut niveau.

Harry Potter à l’école des sorciers (2001)

Première année pour Harry à Poudlard et première apparition sur grand écran du personnage culte créé par J.K Rowling en 1997. Derrière la caméra, Chris Columbus matérialise un univers fantasmagorique unique en son genre. Et invente les jalons de l’une des plus grandes sagas cinématographiques jamais réalisées avec Star Wars et Le Seigneur des Anneaux. De son introduction où Dumbledore subtilise les lumières des lampadaires d’un petit quartier anglais à l’intrusion d’un troll en pleine école en passant par un match de quidditch virevoltant, Harry Potter à l’école des sorciers enchaîne les morceaux de bravoure enchanteurs sublimés par la partition d’anthologie de John Williams. Le tout au sein d’une histoire multi genre parfaitement homogène mêlant avec brio le fantastique, l’aventure (on pense parfois à Indiana Jones), le film familial, l’horreur, le récit initiatique aux résonances mythologiques et l’heroic fantasy.

Si Columbus n’est pas un aussi grand réalisateur que Steven Spielberg, il n’en reste pas moins un excellent artisan. Se servant de son travail d’écriture passé dans les 80’s sur quelques- unes des meilleures productions du cinéaste de Ready Player One (Le Secret de la Pyramide, Gremlins), et de son expérience de metteur en scène avec Maman, j’ai raté l’avion, l’homme parvient à offrir un blockbuster intemporel. Ainsi, en dépit de ses effets spéciaux vieillissants et de la rigidité de sa mise en images, cette incursion originelle dans le monde des sorciers s’avère être, justement parce qu’elle est la première, la meilleure aventure de la saga. En effet, par la suite, hormis le cas particulier d’Alfonso Cuaron, aucun autre réalisateur ne parviendra à proposer une vision aussi forte et évidente.

Du cinéma à l’état pur, doublé d’une somptueuse ode à l’imaginaire.