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L’homme qui valait 6 milliards – Article du 10 décembre 2077

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Extrait du magazine SCIENCE & ÉCONOMIE – 10 Décembre 2077 Il y a 50 ans aujourd’hui avait lieu le Grand Renouvellement. Cet événement historique, programmé par le Grand Tout (qui ne portait pas encore ce nom), allait changer la face de l’humanité et l’histoire toute entière, en plongeant l’homme, contre son gré mais pour son bien, dans un transhumanisme progressif, une cybernétisation exponentielle. Nous revenons aujourd’hui sur tous ses avantages.

Que de chemin parcouru depuis l’âge sombre du vingtième siècle ! Cette époque terrifiante et barbare où l’homme ne pouvait compter que sur ses capacités physiques innées et la piètre capacité mémorielle et analytique de son cerveau pour survivre. Combien de progrès nous ont permis de nous débarrasser de cette période archaïque de l’humanité qu’a été le premier quart du vingt-et-unième siècle, avec son peuple enragé contre le pouvoir en place ? Manifestations, protestations, pétitions sur Internet…

L’avènement de la pensée unique, contrôlée à distance par bio-serveur et mise à jour en direct a permis d’annihiler tout sentiment jugé dangereux, tel que l’amour, la passion, la curiosité ou la remise en question. Le crime n’existe plus et aujourd’hui la population est savamment contrôlée par Max Hd-R-00.M, IA de protocole de maintien d’équilibre démographique.

L’un des principaux avantages de ce contrôle démographique, c’est bien sûr la fin de la famine dans le monde. Comme nous contrôlons désormais la quantité d’offre et de demande, plus personne ne manque de quoi que ce soit.

Heure de début, heure de fin

Si l’on savait depuis la nuit des temps dater l’heure de début de la vie d’une personne, nous pouvons aujourd’hui en définir la fin. L’obsolescence programmée installée en chaque humain est libératrice, puisque tout le monde connaît dès sa naissance sa date de péremption. Il est infiniment plus agréable de vivre de cette façon, puisque l’on est débarrassé de l’élément chaotique de surprise. Tous les grands événement de la vie d’un humain sont inscrits dans sa bio-puce à sa naissance.

Son niveau d’études, le travail qu’il effectuera, la personne avec qui il vivra et s’accouplera (toujours de façon assistée, bien entendu et selon les protocoles d’Ad-Am définis en 2041 qui a donné lieu à la première « Grande Réduction » qui rendit tout le monde heureux) et le moment précis où son bio-synthétiseur d’afflux sanguin (appareil de régulation sanguine bionique qui a commencé à remplacer les cœurs à partir de 2053), s’arrêtera.

Bien sûr, il est toujours possible, moyennant quelques milliers de Neodollars, d’acheter quelques lignes de code qui viendront changer quelques éléments. Vivre cinq ans de plus, augmenter son QI, améliorer ses prédispositions athlétiques ou son endurance sexuelle. Si vous avez les crédits, tout est possible !

De plus, la Loterie Nationale du Bonheur tire au sort une personne tous les lundis, à qui elle offre un upgrade de son choix ! Tout le monde est heureux, conformément aux Conventions du Bonheur Commun de 2045.

Le synthétique c’est fantastique

L’une des peurs de l’humain à la fin du vingtième siècle était d’être remplacé par des machines. C’est absurde, nous avons juste remplacé tout ce qui ne fonctionnait pas bien chez l’humain par des machines. C’est bien plus efficace ainsi, et plus personne ne se plaint.

Un tiers du cerveau humain a ainsi été remplacé par des disques de stockage d’information, connectés d’abord en Wi-Fi, puis depuis 2069 par le réseau quantique développé par TeslaSoft Corp. Cela permet un meilleur stockage des informations et des souvenirs, et nous pouvons plus facilement remplacer les émotions envahissantes par de la publicité pour certains produits.

Couplé aux améliorations physiques par prothèses et aux organes connectés, nous avons pu augmenter le bonheur de l’humain de base de 245%, sa longévité de 135%, sa force physique de 450% et sa productivité de 360%, sans en réduire la durée d’efficacité.

Si ces prothèses étaient au départ réservées à remplacer des membres perdus ou non-fonctionnels, ils sont désormais installés de série chez les enfants, à qui l’on retire bras et jambes avant qu’ils ne soient en âge de marcher. Les mini-humains marchent désormais à partir de 3 mois et peuvent commencer à porter des charges lourdes à 9 mois. L’infirmité n’existe plus, et les hôpitaux ont fusionné avec les garages, libérant de la place pour créer des parcs et des espaces verts, pour promener ses bio-chiens. Tout le monde est heureux.

En 2074, Okoye Obanga, un petit Congolais de 4 ans remportait le nouveau record du monde de vitesse sur 100 mètres, en seulement 3,42 secondes, soit près de deux secondes de moins que le précédent champion, Ursule Chocolatine, alors âgé de 97 ans. Immédiatement, le cours des actions de TeslaSoft Corp a augmenté de 270%. Tout le monde chez TeslaSoft Corp était heureux.

Métro – Boulot – Métro – Boulot

Mais ces améliorations bioniques ne permettent pas que de battre des records mondiaux. Rappelons-ici quelques-unes des améliorations les plus pratiques et utilisées aujourd’hui :

  • Les yeux bioniques qui enregistrent tout ce qu’ils voient, et permettent à l’utilisateur d’accéder à toutes les archives vidéo à tout moment. Plus besoin de se souvenir de quoi que ce soit, votre disque dur cérébral s’en occupe !
  • Les bras sur vérins hydrauliques, qui permettent de projeter sa voiture à plusieurs mètres de distance, lorsqu’on ne trouve pas de place pour se garer, ou d’en attraper une au vol quand on se trouve être en-dessous. Bien pratique pour ne plus jamais être en retard.
  • Et bien entendu, l’amélioration la plus appréciable, les Nano-trackers, ces petits vaisseaux se déplaçant dans le système sanguin, et qui détruisent toute forme d’intrusion (cellules cancéreuses, virus, substances illicites…), en échange d’un taux de plomb dans le corps tout à fait acceptable !

Tout le monde est heureux !

Dire que pour atteindre un tel niveau de bonheur futuriste en 2020, il fallait jouer à Cyberpunk 2077, un jeu vidéo sorti le 10 décembre 2020 et dépeignant un monde proche du nôtre aujourd’hui, mais où l’on se déplaçait à l’aide d’une manette. On raconte que tous ceux qui y ont joué étaient heureux.

Cet article est une fiction. Il a été sponsorisé par Namco Bandai. Il a été réalisé par une équipe dédiée, indépendante de la rédaction du Journal du Geek.