Dossier

La pensée contrôlée au service du bonheur – Article du 27 février 2077

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Par Partenaire le

Extrait du cybermagazine Ondes Magnétiques, N°777, février 2077. Peu de nos lecteurs s’en souviennent, peu étaient déjà nés, mais en 2020, lors de la première grande pandémie du COVID-19, l’une des peurs d’une partie de la population était la mise en place de la 5G. Alors que nous entrons dans l’ère de la 50G, se souvenir d’une telle réticence à la technologie est amusant. Aujourd’hui, nous faisons un point sur les différences entre le monde d’aujourd’hui, en 2077, et celui de l’âge sombre qu’était 2020.

Difficile d’imaginer que 2020 n’est qu’à moins de soixante ans de notre société actuelle, tant tout y était archaïque, approximatif, chaotique.

Aujourd’hui, le contrôle des données et de l’information directement par injection cérébrale a permis de retirer tout doute possible quant aux informations relayées par les 3500 chaines de Quantivision. Puisqu’il n’est plus possible de contester une information, il n’est plus possible pour des esprits malades de développer des théories du complot.

En 2020, certains croyaient par exemple que le vaccin qui allait leur être proposé en 2021 (et qui allait transformer un tiers de la population en zombies) était rempli de nanoparticules qui seraient activées par la 5G ! Une hérésie absurde, surtout quand on sait que le contrôle par nanoparticules n’est arrivé qu’avec la 12G, et avec lui, la régulation de la criminalité.

Jolis quartiers, zéro criminalité

L’un des avantages de ces nanoparticules, c’est d’être 100% compatibles avec les nouvelles prothèses bioniques développées par Teslasoft. Il est donc possible d’en stopper le fonctionnement à distance, permettant aux forces de l’ordre de désactiver des prétendus criminels avant d’intervenir sur une opération. Le taux de victimes a chuté de 98% par rapport à 2020. À cette époque, de nombreuses personnes étaient victimes d’abus de la police et mourraient sous des coups de tonfa ou des étranglements sans vraiment comprendre pourquoi.

Aujourd’hui, puisque tous nos faits et gestes sont sauvegardés dans les cartes NanoSD Quantiques implantées dans nos cerveaux, nous pouvons à tout instant savoir ce qui s’est passé. Plus d’agressions, plus de bavure, plus de criminalité. Un véritable bond vers un monde meilleur. Les mégacorporations qui ont mis au point ces systèmes pour monitorer les envies et habitudes du peuple ont bien fait de mettre cette technologie au service de la justice… ou plutôt de la leur vendre en 2055, pour la modique somme de cent-trente milliards de Neodollars.

L’information par anticipation

L’un des avantages de cette nanotechnologie et du réseau neuronal mondial compatible 50G, c’est bien entendu que désormais, toutes les informations sont accessibles par la simple pensée. Les fastidieux GPS du début du vingt-et-unième siècle — par exemple — ont laissé la place à une navigation par néo-intuition. Il suffit de penser à sa destination, et votre cerveau vous donne le meilleur chemin possible, l’ajustant en temps réel selon les accidents ou autres aléas.

Tout le monde peut désormais cuisiner le fameux cake du chef Zirkony, et tout le monde peut apprendre le japonais en 2 leçons. De la même façon, toute personne ayant des pensées révolutionnaires, et donc jugées dangereuses, peut être immédiatement appréhendée. Un confort non négligeable.

Hackers de bonheur

Malheureusement pour le bonheur global, un groupuscule de neo-criminels, des hackers de réseau neuronal, sévissent depuis quelques temps, tentant régulièrement de rallier toujours plus de pauvres innocents à leur cause.

Ces hackers tentent de faire croire au monde que la liberté de penser est un droit inaliénable et qu’avoir un esprit critique est plus important qu’être en sécurité chez soi et autour. Ainsi, nous avons eu vent de personnes déconnectées ou semi-déconnectées du réseau neuronal mondial, et donc totalement incontrôlables.

Hors du réseau, il n’est plus possible de les identifier ni de les cataloguer. Il s’agit donc de dangereux terroristes, qui semblent souhaiter un retour du monde de la fin du vingtième siècle, avec moins de connexions au réseau, moins de migraines dues aux ondes (alors que l’on sait très bien que ces migraines perpétuelles sont bénéfiques pour l’assouplissement des neurones), et plus de lien humain.

La Milice des mégacorporations, lors d’un raid dans l’une des planques découvertes d’un groupe de ces hackers, aurait retrouvé des objets de collection datant de la fin du vingtième et du début du vingt-et-unième siècle. Des ouvrages intitulés 1984, Le Meilleur des Mondes, Martine à la Ferme… de nombreux films sur support Blu-Ray (des sortes de galettes rondes et plates, qui ne contenaient que 50 Go de données. Oui, vous pouvez rire)… et des consoles de jeux vidéo (un autre vestige ludique du passé), avec notamment un certain Cyberpunk 2077, analysé comme étant le point de départ de la néo-culture du hacking.

Interrogée sur le sujet, la Milice a annoncé que plusieurs de ses officiers enquêtaient en « jouant » à ce jeu depuis plusieurs semaines.

Cet article est une fiction. Il a été sponsorisé par Namco Bandai. Il a été réalisé par une équipe dédiée, indépendante de la rédaction du Journal du Geek.